Utilisateur:Georgina andre

De Resilience Territoire
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Portraits climatiques
Ce projet a pour objectif de renforcer la prise en compte des enjeux climatiques (climat local et micro-climat urbain) dans la conception urbaine en s’appuyant sur la question de l’îlot de chaleur urbain (ICU, Oke, 1973), défi D identifié dans l’appel à Commun. Ce projet décentre ainsi la question de l’îlot de chaleur urbain de sa perspective strictement énergétique (comment consommer moins d'énergie en ville (De Munck et al., 2018) ? Comment réduire les émissions de GES ?) pour se concentrer sur l'enjeu du confort en ville dans des contextes d'intensification et régénération urbaines. Ce projet se situe donc à l’articulation entre enjeux climatiques, sociaux et urbains.
En effet, l’objet de cet l'appel à Commun concerne la mise en place d’un dispositif homogène de collecte et d’analyse statistique, spatiale et urbaine de données aux échelles urbaines et intra-urbaines entre trois agglomérations, en vue de sélectionner avec les collectivités partenaires des sites à la fois comparables du point de vue de la typologie internationale des Local Climate Zone (LCZ, Stewart et Oke, 2012) et pertinents pour les enjeux de renouvellement urbain des collectivités.
Le projet propose de se concentrer sur la classe LCZ 8, “Large low-rise” , correspondant aux zones d’activités et commerciales, qui s’avère être porteuse d’enjeux pour les collectivités locales en termes de réduction de l’ICU, de désimperméabilisation des sols, de développement de trames vertes ou bleues et de construction de logements.
A partir de cette approche, le Commun “Portraits Climatiques” propose un cadre méthodologique général, ouvert et partagé entre les acteurs de l'aménagement pour la conception et l'évaluation d'opérations de renouvellement des zones économiques et commerciales visant à atténuer les ICU.
Dans cette perspective, si plusieurs démarches et méthodes existent déjà, particulièrement dans la mesure scientifique de l’enjeu et dans les possibles stratégies d’atténuation (projet MaPUCE par exemple, Bocher et al., 2018), certains champs sont encore à compléter, notamment, du point de vue scientifique : * Conduire une collecte de données à des échelles fines à très fines, méso à topo-climatiques, de la température de l’air en ville fondée sur des situations urbaines réelles et non modélisées a priori pour construire une méthodologie documentée dans une approche critique et située la typologie des LCZ. En effet, les caractéristiques associées à une même classe LCZ peuvent fortement varier dans des contextes urbains où le contexte local (topographie, présence d’un cours d’eau, effet côtier,...) influence fortement le climat urbain, comme dans le cas de la ville de Nice. Des équations permettant d’estimer la valeur maximale d’ICU en tout point de toute ville existent (Gardes et al., 2020). Ces méthodes génériques se doivent d’être éprouvées par des confrontations avec des mesures in situ. Les biais peuvent en effet être importants, par exemple dans des villes côtières comme Nice (Gardes et al., 2020). * Lier les enjeux d'îlot de chaleur urbain à l’échelle de l’agglomération (méso-climat) aux études à l'échelle des quartiers (topo-climat) fondées sur des mesures fines de la température de l’air. La comparabilité des dispositifs de collecte de données à l’échelle de l’agglomération et des sites retenus pour l’analyse garantit la possibilité de suivre dans le temps les effets réels des opérations urbaines sur les ICU dans les espaces choisis mais aussi de dupliquer la démarche dans d'autres contextes urbains.
Ainsi, la constitution de données spécifiques pour la conduite de ce projet concernant l’ICU à l’échelle intra-urbaine (homogénéisation des modes de collecte, des modes d’analyses statistiques, mobilisation des données ouvertes et compléments des manques) participera-t-elle à alimenter le corpus scientifique de données et de cas d’observation d’ICU, et permettra d’outiller les territoires avec des dispositifs de suivi et d’analyse comparables et reproductibles.
Du point de vue des politiques urbaines et du cadre de vie en ville, ce projet permettra de : * formuler des stratégies d’adaptation pour maintenir et améliorer durablement le confort de vie en ville à l’échelle du piéton tout en favorisant le renouvellement urbain, et donc une plus grande intensité urbaine (Steeneveld et al., 2011) ; * dans le cadre de futures opérations de renouvellement urbain, donner la possibilité aux collectivités de piloter et d’évaluer les effets de la mise en œuvre des solutions urbaines, paysagères et architecturales par rapport au climat local et à l’ICU en s'appuyant sur une collecte de données en situation réelle. Or, si de nombreux projets de conception urbaine se saisissent déjà de l’enjeu de la température en ville, les méthodes sont encore fragmentées et peu partagées entre acteurs du marché, compliquant le pilotage et le partage d'expériences pour les collectivités et acteurs de l'aménagement. Face à la fragmentation des savoirs et des recommandations pour un aménagement prenant en compte l’enjeu de l’ICU, ce projet de recherche-action qui partage de manière ouverte les données collectées, le protocole de recherche, les principes urbains, architecturaux et paysagers vise à donner davantage d’outils aux collectivités, et autres acteurs intéressés, pour partager et progresser dans une analyse commune de l’enjeu de l’ICU et des différentes manières dont cet enjeu peut s’articuler avec des stratégies de renouvellement urbain.
La démarche proposée est innovante à plusieurs titres: * Elle engage plusieurs acteurs de nature différentes (laboratoires de recherche, agence privée, collectivités etc.) ; * Si les outils de l'urbanisme réglementaire pour limiter les effets d'ICU ont été déjà documentés et diffusés notamment dans le cadre du projet MaPUCE (Masson et al., 2018), ce projet de Commun complète un manque de partage de ressources et de méthodologie dans le champ de la conception urbaine ; * Elle pose au cœur de sa démarche un objectif important des collectivités d’articuler une plus grande intensité urbaine et une ville plus fraîche et plus agréable ; * Elle partage son protocole de recherche et ses résultats dans une logique de Commun via la publication de Portraits Climatiques.
Trois villes au climat contrasté et ayant chacune une équipe de chercheurs en climatologie urbaine ont été retenues pour mener à terme ce projet : Dijon, Nice et Rennes. L’existence de ces équipes permet de capitaliser sur le corpus de données et de dispositifs existants. A Rennes un réseau a vu le jour dès 2003, à Dijon, en 2014 et le réseau de Nice est encore à construire. Nice constitue une agglomération intéressante à ajouter à ce projet par la faible efficacité de méthodes statistiques simples (Gardes et al., 2020) et la dégradation forte de ses enjeux de confort thermique, représentative des villes de l’arc méditerranéen (Martin, 2020).
De plus, ce projet de Commun bénéficie des partenariats robustes entre les laboratoires et les municipalités, qui ont accepté de s’engager dans le projet. Parmi les différentes tâches identifiées avec les municipalités, ces partenariats permettront d’engager un véritable travail de concertation avec les municipalités dans le choix des sites pour conduire des analyses fines de la température de l’air en ville.
Enfin, ce projet réunit ces trois laboratoires, trois collectivités ainsi qu’une agence d’architecture, d'urbanisme et de paysage, Arte Charpentier Architectes, accompagnée de l’expertise de Builders & Partners et Equans (groupe Engie) pour les enjeux techniques liés à l’aménagement et à la gestion du bâtiment, afin de produire un cahier méthodologique de Portraits Climatiques qui permettent à la fois de restituer : * le protocole de recherche en vue de pouvoir le reproduire ; * les résultats du diagnostic croisé et multi-scalaire entre enjeux urbanistiques et climatiques des territoires ; * les principes urbains, paysagers et architecturaux à développer dans les trois projets de renouvellement urbain en vue d’atténuer l'ICU. Plus généralement, ces principes serviront aussi de boîte à outils pour les acteurs de l'aménagement du territoire (collectivité, promoteur, architecte, particulier…).
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georgina andré

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Projet MApUCE
Initié par le CNRM, le but du projet MApUCE consiste à intégrer dans les politiques urbaines et les documents juridiques les plus pertinents des données quantitatives de microclimat urbain, climat et énergie. Le projet s’attachera tout d’abord à obtenir ces données quantitatives, pour n’importe quelle ville de France et ce jusqu’à l’échelle des quartiers, à partir de simulations numériques, puis à définir une méthodologie pour les intégrer dans les documents juridiques et les politiques urbaines. Objectif n°1 : Définir une stratégie de modélisation, à partir de bases de données nationales et à l’échelle de la France, du microclimat urbain, de la consommation d’énergie liée aux bâtiments et du comportement énergétique des habitants et usagers. Objectif n°2 : proposer une méthodologie d‘intégration dans les procédures juridiques et les politiques urbaines de données quantitatives de microclimat urbain, climat et énergie. Ce projet est étroitement lié au défi des îlots de chaleur urbain. Dans la plateforme créée à partir de ce projet (accessible au lien suivant: https://mapuce.orbisgis.org/), les « local climate zone » seront cartographiés sur plusieurs territoires en France. Cette approche des LCZ, combinés avec les questions de stress thermique qui varient en fonction des territoires considérés, permettent d’identifier les zones à enjeux et les leviers possibles que sont les procédures juridiques et les politiques urbaines (SCoT, PLU, OAP, EIE, PCET…).
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georgina andré