Régén-ère Azur

De Resilience Territoire


Des méthodes en commun pour initier et évaluer des pratiques et modèles régénératifs via de nouvelles alliances entre acteurs privés et publics sur le Pôle Métropolitain Cap Azur


Description : Le présent projet vise la création de trois communs nécessaires à la mise en œuvre d’une démarche régénérative dans un territoire. Ils seront produits dans le cadre du projet territorial Régén’ère Azur qui vise à engager une vaste démarche de régénération des systèmes socio-écologiques sur le territoire du Pôle Métropolitain Cap Azur.

Les scientifiques sont clairs : nous ne pouvons plus nous contenter de réduire, voire de neutraliser nos impacts sur l’environnement. Le niveau de dégradation de nos écosystèmes est tel qu’il nous faut dès à présent et urgemment engager un vaste travail de réparation, d'aggradation et de régénération de nos écosystèmes en agissant sur les neuf grands processus régulateurs (climat, biodiversité, usage des sols, cycles biogéochimique de l’azote et du phosphore, eau douce, océan, aérosols dans l’atmosphère, ozone stratosphérique et nouvelles entités) qui permettent au système Terre de se maintenir dans des conditions d’équilibre particulièrement propices à la vie telle que nous la connaissons.

Si la régénération doit être écologique, elle doit être tout autant sociale, intellectuelle, expérientielle ou culturelle. La résilience passe immanquablement par le renforcement des solidarités, de la cohésion sociale et des valeurs prosociales, par le développement de capacités adaptatives et d’apprentissage.

C’est par le prisme de la régénération socio-écologique que nous envisageons la résilience territoriale. Il s’agit moins d’être en capacité de faire face à des crises ou à des bouleversements lorsqu’ils surviennent (approche préactive), que de tout mettre en œuvre dès aujourd’hui pour les anticiper, limiter leur probabilité d’advenir dans le futur, limiter leurs impacts et renforcer le tissu social pour accroître les capacités collectives de transformation et d’adaptation (approche proactive).

Le projet de recherche-action Régén’ère Azur est porté par le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse en partenariat avec le centre de recherche-action LUMIÅ et le cabinet de sociologie Change it Use it. Il se déploiera sur le Pôle Métropolitain Cap Azur, avec le soutien déjà acquis de la Communauté de Communes du Pays de Grasse (voir lettre de soutien disponible via lien cliquable ci-après). Il ambitionne d’expérimenter de nouvelles coopérations et alliances stratégiques entre entreprises et collectivités territoriales et de concevoir de nouveaux instruments de développement entrepreneurial et territorial visant la mise en œuvre de pratiques et de modèles régénératifs territorialisés. Ceux-ci s’appuient sur des alliances inédites avec la nature pour restaurer et régénérer les systèmes socio-écologiques à travers la mise en œuvre d’un ensemble de pratiques de design et d’ingénierie écologiques ancrées dans leur contexte local. Ils viennent compléter des démarches d’efficience environnementale et sociale et de neutralisation des impacts négatifs incompressibles pour leur donner une ambition régénérative, source de nombreux bénéfices économiques, écologiques et sociaux, et de résilience territoriale.

Régén'ère Azur portera une attention toute particulière à l’articulation des pratiques régénératives aux modèles économiques des acteurs qui les mettent en œuvre, voire à la construction de modèles économiques régénératifs par design, qui favorisent l’adoption de ces pratiques et l’engagement des acteurs dans des écosystèmes coopératifs territorialisés à visée régénérative.

Ce projet collectif et territorial s’inscrit essentiellement dans le Défi n°3 “Mieux décider ensemble”. Le projet sera l’occasion de créer trois communs méthodologiques que nous entendons rendre disponibles sous licence creative commons. Ces communs permettront :

  • D’analyser des dynamiques d’acteurs présents sur le territoire ;
  • D’animer une démarche de prospective opérationnelle pour faire émerger une vision et une gouvernance communes de l’économie régénérative sur le territoire à l’horizon 2025 ;
  • De disposer d’une base d’indicateurs d’évaluation de l’impact de dynamiques régénératives mises en œuvre

Organisations utilisatrice ou intéressée par utiliser la ressource : Change it Use it, Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse, LUMIA

Contributeurs : Christophesempels, Genejuge, Julierieg, Sylvie.sempels, Coline.DeGeorges, Michel Gschwind

Défi auquel répond la ressource : 3- Mieux décider ensemble

Autre commun proche : Arboclimat V2, Diagnostic 360° de résilience territoriale, FLODIO, Territoire E+C-

Richesse recherchée : Financement, Conseil Expertise, Contributeur - Communauté

Compétences recherchée : Général/Modèles, Général/Approches, Général/Enjeux, Anticipation/Indicateur, Regénération/Innovation

Communauté d'intérêt :

Type de licence ? Creative Commons

Niveau de développement : Idée

Cloud / Fichiers : https://www.lumia-edu.fr/wp-content/uploads/2021/06/Courrier-soutien-Jerome-Viaud-Regenere-Azur.pdf

Régén'Ère-Azur.png

Tags : Résilience, Economie régénérative, Systèmes socio-écologiques, Méthodes, animation, évaluation, sociologie, modèle économique

Catégories : Connaissance

Thème : Général/Modèles, Général/Approches, Général/Enjeux, Facteurs de résilience/Gouvernance, Facteurs de résilience/Culture, Facteurs de résilience/Economie, Facteurs de résilience/Infrastructure, Facteurs de résilience/Instruments, Anticipation/Indicateur, Anticipation/Prospective, Regénération/Innovation

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Référent ADEME :

Référent du commun : Genejuge, Sylvie.sempels


Les 5 parties ci dessous sont à remplir obligatoirement pour analyser le commun et vous conseiller

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Montant Aide souhaitée (en Euro) à l'Appel à Communs Résilience : 98000

1.Détails du Financement :

In fine et sur son périmètre global, le projet Régén’ère vise à expérimenter la mise en œuvre d’écosystèmes coopératifs territorialisés et de modèles régénératifs sur le territoire. Le projet de recherche expérimentale est donc prévu sur une durée d’au moins trois ans. Néanmoins, la création des communs sur l’analyse des dynamiques d’acteurs, la création d’une vision et d’une gouvernance partagée sur les modèles régénératifs et le développement d’une base de données d’indicateurs, auront lieu en année 1 en ce qu’ils constituent des prérequis pour les phases suivantes (identification d’innovations de modèles régénératifs à mettre en œuvre et expérimentations).

Au total, la production de ces communs s’élève à un montant de 140 000 euros HT et nous demandons une aide à hauteur de 70% à l’Ademe, savoir 98 000 euros HT.

Un commun sur l’analyse des dynamiques d’acteurs territoriales - 52 000 euros

Mois 1 à 6

75 jours de travail

Il s’agit de développer une méthode clé en main pour analyser les besoins, les forces et les faiblesses des acteurs présents sur le territoire sur le champ de l’économie régénérative, et d’étudier précisément quels sont les acteurs les plus influents et les mieux positionnés. Ce type d’analyse permet d’identifier des alliances et des coopérations opérantes pour la mise en œuvre de dynamiques régénératives. Concrètement, le commun produit sera formalisé sous la forme d’un protocole d’étude et pourra comprendre des guides d’entretien opérants selon les catégories d’acteurs et des outils pour mesurer l’influence des différents acteurs et leur dépendance/indépendance vis-à-vis des autres parties prenantes et pour en rendre compte sous la forme d’infographie. Nous prévoyons de réaliser une cinquantaine d’entretiens qualitatifs, nombre assez conséquent mais qui nous paraît être une véritable clé de réussite dans la mise en œuvre d’une démarche collective à l’échelle d’un territoire. L’analyse des dynamiques d’acteurs (influences et dépendances) se fait sous la forme d’ateliers et de sondages.

Le Club des entrepreneurs du Pays de Grasse sera en charge de la mobilisation des partenaires. Le cabinet de sociologie Change it Use it portera la responsabilité méthodologique du commun. Le cabinet de recherche-action Lumia apportera son concours dans la réalisation de l’étude et des analyses, et en apportant son expertise sur l’économie régénérative.

Un commun sur la méthode d’élaboration d’une vision et d’une gouvernance partagées - 57 000 euros

Mois 6 à 12

85 jours de travail

Sur la base de l’analyse des dynamiques d’acteurs territoriales réalisées dans la première partie du projet (mois 1 à 6), nous mobiliserons les parties prenantes du territoire dans des ateliers de coproduction, pour engager avec eux une montée en connaissances, compétences et engagement pour la mise en œuvre d’une économie régénérative à l’échelle du territoire. Concrètement, nous prévoyons :

  • La réalisation d’un benchmark de gouvernances territoriales coopératives
  • La mobilisation des partenaires au sein de quatre ateliers d’une journée
  • Un travail de définition de la gouvernance territoriale la plus adaptée pour le développement, le suivi et la pérennisation d’une dynamique régénérative, avec le concours d’experts de la gouvernance territoriale et d’experts juridiques.

Développement d’une base d’indicateurs d’évaluation de l’impact de dynamiques régénératives mises en oeuvre - 31 000 euros

Mois 3 à 9

44 jours de travail

Afin d’évaluer l’impact effectif des expérimentations engagées dans les phases suivantes du projet, il est nécessaire de disposer d’indicateurs d’impacts robustes et fiables. Le troisième commun vise à la constitution d’une première base de données d’indicateurs visant cette évaluation. A noter que ces indicateurs pourront également être utilisés dans les phases de co-construction entre acteurs d’une vision commune et d’objectifs partagés puisqu’ils amènent par leur nature même à s’accorder sur les effets et impacts que les acteurs entendent collectivement et individuellement générer sur le territoire et leur périmètre propre.

Concrètement, nous prévoyons pour cette phase :

  • La conduite d’une revue de la littérature pour recenser les indicateurs d’ores et déjà existants
  • Des rencontres et entretiens avec experts techniques porteurs d’une expertise sur l’évaluation des impacts
  • La documentation et la construction des supports de formalisation du commun mis en œuvre

En conclusion, l’enveloppe budgétaire globale est estimée à 140 000 € HT avec le modèle de financement suivant :

  • Montant de l’aide demandée à l’ADEME : 98 000 € HT (soit 70%)

Cofinancement du projet :

  • Conseil Général des Alpes-Maritimes (Green Deal) : 10 000 EUR
  • Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse : 5 000 EUR
  • Fonds de dotation VIVANT : 15 000 EUR

2.Détails Résilience et Territoire :

Dans sa globalité, le projet Régén’ère Azur consiste à améliorer la résilience du Pôle Métropolitain Cap Azur en travaillant à régénérer les systèmes socio-écologiques du territoire (petit et grand cycle de l’eau, forêts et espaces verts, biodiversité, atmosphère, …, compétences collectives, capacités de coopération territorialisées, réappropriation des enjeux socio-écologiques du territoires par les acteurs, attractivité du territoire et qualité des bassins de vie et d’emplois, ...). Le projet vise par ailleurs à accompagner des acteurs locaux variés dans une dynamique de transition écologique la plus performante possible, notamment en activant le levier du collectif et du local plutôt qu’en agissant seul par la multiplication de petites démarches ou en recourant à l’économie globale et déterritorialisée pour mener à bien certaines opérations de neutralisation des impacts négatifs environnementaux. Par ce biais, nous visons à développer de nouveaux instruments et de nouvelles pratiques économiques et sociales en faveur de pratiques régénératives développées non pas au travers de prestations conduisant des projets à l’autre bout du monde dans une logique inscrite dans le marché mondialisé, mais plutôt via l’élaboration de conventions entre acteurs négociées localement et déployant leurs effets et leurs retombées localement dans les territoires où elles sont mises en œuvre.

Cet objectif ambitieux suppose de mobiliser les collectivités locales et les entreprises du territoire dans une dynamique commune, et donc d’agir sur les facteurs de motivation collectifs. Une vision partagée est un facteur déterminant dans la réussite d’une stratégie collective en ce qu’elle permet d’affirmer une identité et des valeurs communes. Mais elle ne suffit pas à elle seule. La littérature scientifique a mis en exergue d’autres leviers de performance à même de sublimer une stratégie collective. Ces leviers sont d’ordre :

  • économique avec notamment une conjoncture et une structure de l’offre favorables (LE ROY, 2008),
  • institutionnel dès lors qu’il y a une histoire et des traditions communes, avec à la clef une confiance de longue date établie entre les acteurs et envers les acteurs institutionnels (GUNDOLF et al, 2006),
  • organisationnel avec la présence d’un acteur tiers en charge de réguler et de gouverner la stratégie collective (YAMI, 2006),
  • stratégique, un équilibre étant à trouver entre les intérêts collectifs et les intérêts individuels de chacun, et la capacité de passer de l’un à l’autre (BRESSER et HARL, 1986).

C’est pourquoi notre approche repose sur le rebouclage de toute initiative régénérative vers les modèles économiques des acteurs en présence, enjeu que partagent l’ensemble des acteurs concernés. Les entreprises agiront de manière pérenne si la régénération des écosystèmes vivants s’inscrit dans leur modèle économique et vient le renforcer. Les collectivités locales ont tout intérêt à trouver des ressources et sources de financement nouvelles dans la mise en œuvre d’actions régénératives.

Le projet se fixe comme objectif de faire du Pôle Métropolitain Cap Azur un territoire reconnu d’excellence au niveau national et international en économie régénérative. Ce territoire offre l’avantage de représenter la diversité des espaces naturels, de la mer à la montagne, et permet donc de trouver des modèles régénératifs qui reposent sur des écosystèmes vivants variés. Le Pôle Métropolitain Cap Azur couvrant l’ouest des Alpes-Maritimes. Il regroupe trois communautés d'agglomération : le Pays de Grasse (23 communes dont Grasse, Mouans-Sartoux, la Roquette sur Siagne, …), le Pays de Lérins (5 communes dont Cannes, Mougins, Mandelieu-la-Napoule, …), l’agglomération Sophia-Antipolis (24 communes dont Antibes, Valbonne, Vallauris, …), et la communauté de communes des Alpes d’Azur (34 communes dont Aiglun, Entraunes, Guillaumes, …). En chiffre, Cap Azur, c’est 450 000 habitants, 86 communes, soit 52% du département, 1 956,15 km2 entre mer et montagne, 70 464 entreprises et établissements de tous domaines, soit 45% des établissements du département.

Nous choisissons de travailler sur le Défi n°3, Mieux décider ensemble, car c’est là l’élément moteur d’une stratégie territoriale collective. Si l’on réussit à ce que les acteurs d’un territoire, les collectivités locales et les entreprises de premier chef, aient une vision commune de leur avenir et un intérêt individuel et collectif à y participer, nous pouvons espérer mettre en œuvre les modèles régénératifs de manière efficiente, pérenne et à grande échelle. Mieux décider ensemble est la condition sine qua none de l’adoption d’une stratégie collective en vue de restaurer les écosystèmes vivants, humains et non humains.

Notamment, nous avons à coeur de :

  • faire monter en compétence et en connaissance les différentes parties prenantes, de l’impact de leurs activités sur les écosystèmes naturels et des modalités d’action possibles (pouvoirs publics, collectivités territoriales, entreprises, sphère civile…),
  • favoriser l’émergence d’une vision commune de leur territoire, de leur avenir et plus précisément de la gestion des ressources naturelles,
  • activer les dynamiques politiques, économiques, sociales et cognitives à même de générer le changement et de le pérenniser.

Autre changement de taille : nous souhaitons que les actions mises en œuvre soient profitables pour les acteurs, c’est-à-dire qu’elles génèrent de l’emploi et améliorent l'attractivité du territoire, et qu’elles soient pleinement intégrées dans les modèles économiques des acteurs économiques.

3.Détails Impacts environnementaux :

Nous souhaitons mettre en place de nouvelles modalités de gouvernance et de coopération, instaurer de nouveaux modèles et de nouvelles pratiques permettant, au-delà de leur préservation, la régénération des espaces naturels et des écosystèmes vivants. Par design donc, nous cherchons à générer un impact positif net sur les écosystèmes de notre territoire. La sélection et la priorisation des ressources et processus naturels à renforcer / régénérer est inscrite au cœur même du projet. Les impacts ne sont donc pas pré-déterminables à priori puisque collectivement construits à travers la mise en œuvre même du projet. Néanmoins, nous pouvons d’ores et déjà pointer de manière non exhaustive les enjeux suivants du territoire, susceptibles de donner à voir le type d’impacts qui pourraient être valorisés et recherchés par les acteurs locaux.

  • La ressource « ATMOSPHERE », en lien étroit avec la ressource « CLIMAT »
    • Le territoire des Alpes-Maritimes est considéré comme particulièrement vulnérable au changement climatique, avec une intensification des phénomènes extrêmes (des vagues de chaleur pouvant dès 2040 dépasser 3 semaines consécutives et des pluies extrêmes avec des risques d’inondation corollaire accrus)
    • En matière de qualité de l’air, les Alpes-Maritimes est le premier département de la région Sud concerné par le non-respect des normes européennes en dioxyde d’azote. Les niveaux relevés en particules fines sont par ailleurs nettement supérieurs aux recommandations de l’OMS Le problème est particulièrement prégnant sur l’étroite zone côtière très urbanisée. L’AtmoSud (nouveau nom d’Air Paca) considère que les Alpes-Maritimes sont fortement impactées par la pollution chronique, en particulier sur la zone densément urbanisée Nice-Cannes-Antibes-Grasse, dont une large part est sur le territoire du présent projet
  • La ressource « EAU », autour du grand et du petit cycle de l’eau, soulève les enjeux suivants :
    • Malgré des ressources en eau considérées comme conséquentes, le territoire reste en vigilance sur un plan quantitatif, en raison des très nombreux prélèvements
    • Intensification des phénomènes de sécheresse, renforcés par le réchauffement climatique accentuant les phénomènes extrêmes et appelant à une gestion plus économe et transparente de la ressource
    • Le territoire est soumis à des orages violents, localisés et ponctuels, dont la fréquence est appelée à se renforcer, avec un risque d’inondation très important et renforcé par la topographie territoriale, le haut niveau d’artificialisation et d’imperméabilisation des sols sur le pays côtier et le caractère torrentiel de la plupart des cours d’eau, prenant leur source dans le haut-pays
    • Dans les milieux urbains du moyen-pays et du pays côtier, le réseau hydrographique est impacté par des pollutions domestiques et industrielles et par de fortes contraintes physiques. Ainsi, si les eaux superficielles du département sont globalement en bon ou très bon état, plusieurs bassins versants sur notre périmètre territorial (p.ex. versant de la Siagne ou de la Brague) présentent un état dégradé, essentiellement en raison d’altérations hydromorphologiques (urbanisation, infrastructures de transport et de loisir, hydro-électricité, discontinuité écologique, phénomènes d’érosion, …).
    • La montée prévue de la mer dans le département est estimée entre 40 et 80 cm en fonction des différents scénarios de réchauffement climatique (GREC-Sud). Cela menace de nombreuses infrastructures et équipements du trait de côte, ainsi que la ressource en eau douce, avec des phénomènes d’intrusion marine dans les nappes phréatiques
  • La ressource «SOL» présente une forte discontinuité en termes d’enjeux sur le territoire.
    • Si la zone littorale est très densément urbanisée, avec un taux d’artificialisation des sols important, ce n’est pas le cas du Haut-Pays. Néanmoins, la topographie du territoire soulève d’importants problèmes en termes de ruissellements et d’engorgement des cours d’eau des montagnes vers le littoral, créant des risques d’inondations particulièrement importants sur les communes de bord de mer. Une approche dite d’hydrologie régénérative gagnerait à être conduite de l’amont à l’aval pour augmenter sur les différentes lignes de niveau l’infiltration et ainsi réduire le plus possible la quantité d’eau de ruissellement.
    • Le changement d’affectation des sols est notable dans le département. Ainsi, les surfaces consacrées au maraîchage et à la culture florale ont diminué respectivement de 80% et de 74% entre 1970 et 2010. Les terres labourables ont été divisées par plus de trois et les surfaces plantées en vigne ont quasiment disparu. Au total, si l’on exclut la superficie toujours en herbe (essentiellement des alpages), la superficie agricole utilisée du département a été divisée par 3,7, passant de plus de 9000 à seulement 2505 hectares (source: Samak, 2016 dans Métropolitiques). La revégétalisation et la régénération des différents services écosystémiques des sols est un enjeu crucial.

A titre d’exemple, illustratif à ce stade, voici le type de pratiques et/ou infrastructures qui pourraient être créées pour participer à la régénération de ces ressources sont : des unités de phytoépuration, des jardins nourriciers ou des jardins forêts, des opérations collectives de capture et de stockage de carbone via le développement de puits de carbone anthropiques marins ou terrestres ou de pratiques séquestratrices, des systèmes d’agromines (dépollution des sols par les plantes), des aménagements de type keyline sur les bassins versants ou des infrastructures paysagères de type baissières sur les lignes de niveau (hydrologie régénérative), des filières locales de matières premières biosourcées, …

Il faut également souligner que toute approche régénérative est par nature systémique, car les ressources, les enjeux et les solutions à apporter sont en interdépendance forte. P.ex., la capacité d’infiltration des sols agit sur le grand cycle de l’eau et la prévention des inondations. Cette capacité est renforcée par des sols vivants, soit des sols séquestrateurs nets de carbone et riches en biodiversité. Le changement d’affectation des sols vers leur revégétalisation augmente le potentiel de perméabilité et accentue ces capacités, tout en renforçant p.ex. les ombres portées et l’évapotranspiration des végétaux participant à la réduction des températures, … Les impacts positifs d’une démarche régénérative ont donc tendance à se potentialiser de manière vertueuse.

Finalement, au stade de ce projet, aucune donnée ne sera produite. Néanmoins, l’usage ultérieur des communs visant à produire de la donnée - nous pensons en particulier au commun relatif aux indicateurs d’évaluation de l’impact de démarches régénératives - présupposeront la transmission de ces données à des organismes tiers qui garantiront leur accessibilité en format ouvert.

4.Synthèse du projet de Commun :

Expérience du porteur de Commun dans le domaine

Le Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse a une longue tradition de conduite de projets collectifs visant la coopération entre acteurs au profit de retombées positives pour le territoire. Association loi 1901, sa mission est de rassembler les entreprises du territoire autour de projets communs porteurs de sens, au service du dynamisme du territoire, de son attractivité pour un mieux-vivre individuel et collectif. L’innovation sociétale est au cœur des réflexions et actions du Club, la Responsabilité Sociétale des Entreprises fait partie de son ADN. En tant qu’outil de réflexion stratégique, il constitue une force de propositions et d’actions au service du rayonnement économique, écologique et social du territoire.

Le Club réunit près de 100 dirigeants d’entreprises du bassin grassois au sens large, réunis par un sentiment commun d’appartenance à ce territoire, convaincus de la force des approches collectives, de la puissance de réflexions prospectives communes et prêts à mettre leur énergie et leur force en marche. Depuis ses origines, le Club s’organise en ateliers thématiques transversaux d’actions visant à contribuer à la soutenabilité sur le territoire du Pays de Grasse. L’ADN spécifique du Club est l’impulsion, l’accompagnement et la mise en œuvre de projets collectifs innovants pour contribuer au Pays de Grasse en tant que territoire d’innovation sociale.

La force du Club est de rassembler tous ceux qui ont l’esprit d’entreprendre collectivement au service du dynamisme du territoire et de sa cohésion sociale. Sont considérés comme entrepreneurs dans la vision de l’association : toutes les forces vives prêtes à travailler ensemble, qu’elles soient chefs d’entreprises, porteurs de projets, citoyens collectivement structurés sous des formes instituées, salariés, habitants, associations, …

Voici ses domaines d’actions, ainsi que des exemples de projets y afférents :

  • Axe 1 : Agir pour le territoire et son économie durable
    • Création et animation de la marque collective Grasse Expertise
    • Organisation de congrès internationaux (Centifolia, Court Bouillon, …)
    • Création de l’association des Fleurs d’Exception du Pays de Grasse visant à maintenir et valoriser les productions identitaires de plantes à parfums et plantes aromatiques du Pays de Grasse.
    • Création du NRSC (Natural Resources Stewardship Circle) visant à faire coopérer les leaders mondiaux de l’industrie des cosmétiques, des parfums et des arômes, utilisateurs de matières premières naturelles, pour réduire leurs impacts sur la biodiversité et améliorer les conditions de vie des populations locales.
    • Création de l’Observatoire Mondial du Naturel
    • Développement et animation du Plan de Déplacement Inter-entreprises en Pays de Grasse
    • ...
  • Axe 2 : Agir pour l’entreprise et ses salariés
    • Lancement de Grasse au Sport et du championnat sportif inter-entreprises rassemblant des dirigeants et salariés du Pays de Grasse convaincus des bienfaits du sport et du rôle que l’entreprise peut jouer sur la santé et le bien-être des salariés
    • Organisation de conférences et de formations sur des thèmes innovants divers et variés (rEvolution du Manager, cycle Well-Being, Repérer les enjeux de pouvoir pour un management d’excellence, …)
    • Animation de groupes de réflexion pour répondre à la macro-question “Comment vivre autrement dans notre territoire ?”
    • ...
  • Axe 3 : Rassembler et accompagner les Entrepreneurs
    • Animateur de la dynamique French Tech sur le Pays de Grasse
    • Incubation d’une action collective d’accompagnement à la transformation de modèle économique vers l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, ayant aboutit à la création de l’Association Club Cap EF, transformée ensuite en SCIC ImmaTerra.
    • En 2011, lancement d’une action collective sur la démarche RSE dans la filière arôme et parfums
    • ...

Informations liées au Commun et au problème identifié

Les communs créés visent à faciliter la mise en œuvre d’une stratégie collective territoriale dans le cadre de la mise en œuvre d’une dynamique régénérative des écosystèmes socio-écologiques. Ils consistent à permettre de :

  • réaliser une analyse des dynamiques d’acteurs territoriaux sur le champ de l’économie régénérative,
  • créer les conditions à même de générer une vision partagée de l’économie régénérative et de la décliner sur le plan de la gouvernance,
  • Et créer les premiers indicateurs d’évaluation des modèles régénératifs engagés pour mesurer l’impact des décisions prises et les optimiser au fil des années.

La question des indicateurs d’évaluation est indispensable pour rendre compte de l’impact effectif des pratiques et modèles régénératifs engagés sur les systèmes socio-écologiques visés. Ils permettent par ailleurs de nourrir le processus social de co-construction d’une vision et d’objectifs partagés entre acteurs puisqu’ils “forcent” la discussion vers les impacts recherchés et collectivement valorisés.


Description des actions, livrables et planning associé en proposant des points de passage (communauté/commun à tel niveau d'ici 3, 6, 9, 12 mois)

Le projet Régén’ère donnera lieu à la création de trois communs spécifiques, à même d’aider les acteurs du Pôle Métropolitain de Cap Azur à mieux décider ensemble (défi n°3) :

  1. Une méthodologie d’analyse des dynamiques d’acteurs présents sur le territoire (analyse des besoins et des interactions notamment pour identifier les leviers de performance d’une stratégie régénérative collective) - commun livré à 6 mois
  2. Une méthodologie d’animation pour mobiliser les acteurs (collectivités locales et entreprises d’un territoire notamment), faire émerger une vision commune de l’économie régénérative sur le territoire et définir une gouvernance commune du modèle - commun livré à 12 mois
  3. Une première base d’indicateurs d’évaluation de l’impact de démarches régénératives mises en oeuvre - commun livré à 9 mois

Taille de la communauté de contributeurs et d'utilisateurs impliquée

A ce jour, nous avons d’ores et déjà obtenu le soutien de la communauté d’agglomération du Pays de Grasse, lors d’une présentation du projet aux 23 maires des communes constitutives de la communauté. Nous bénéficions également du soutien du Vice-Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, par ailleurs en charge de l’environnement qui, s’il est confirmé dans son mandat lors des prochaines élections, nous connectera au service “Environnement” du département. Une présentation est à venir auprès de la communauté d’agglomération Antibes Sophia-Antipolis, de la communauté d’agglomération du Pays de Lérins et de la communauté de communes des Alpes d’Azur. Nous envisageons également de solliciter le Parc Naturel Régional ainsi que l’Office National des Forêts.

Nous souhaitons impliquer 10 à 14 entreprises directement dans le projet, avec en seconde ligne le soutien plus ponctuel de quelques-unes des 107 entreprises du Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse. Nous envisageons par ailleurs de solliciter les réseaux partenaires du Club, comme le Club des Entreprises du Bois de Grasse, le Club des Entreprises de Sophia-Antipolis, le réseau French Tech d’Azur (dont le club est une des 4 associations coordinatrices), Telecom Valley et Cannes is Up. La mobilisation de startups en lien avec le projet pourra se faire via nos contacts auprès d’InnovaGrasse, de Grasse Biotech, du Village by CA et de CréaCannes.

En lien avec l’association Recherche et Avenir, nous sommes en train d’identifier au sein de la communauté académique régionale, et en premier lieu au sein de l’Université Côte d’Azur, les laboratoires et/ou chercheurs.ses qui pourraient se relier au projet, notamment au niveau des contributions plus techniques.

Les utilisateurs qui seront impliqués seront :

  • Les entreprises désireuses de mettre en œuvre des pratiques et/ou modèles économiques régénératifs et qui trouveront dans le projet et les communs développés un soutien méthodologique et technique à leur démarche. A ce jour, le groupe Arfitec a d’ores et déjà mentionné son souhait d’étudier l’opportunité de développer des pratiques et des équipements à visée régénérative autour de de la valorisation des déchets organiques.
  • Un des objectifs du projet global (sur les trois ans) consiste à développer de nouveaux instruments de financement de projets locaux à visée régénérative. Tout porteur de projets régénératifs pourra donc profiter de ces nouveaux instruments pour renforcer et développer leur ampleur et donc leurs impacts.
  • Pour ces deux premières catégories d’acteurs, les bénéfices attendus sont :
    • Gagner en compétitivité en s’appuyant sur la puissance du vivant pour améliorer la prise en charge de processus aujourd’hui gourmand en énergie et/ou en ressources.
    • Gagner en résilience, c’est-à-dire en capacité à faire face à une crise ou à un bouleversement.
    • Se préparer aux futures réglementations liées à la neutralité carbone, et plus largement à la réintégration progressive de l’activité économique dans les limites planétaires avec une vision proactive, motivante pour les équipes plutôt que devant être subies sous la contrainte législative.
    • Adopter en premier les innovations les plus en pointe sur les modèles économiques régénératifs et les nouvelles règles de gouvernance et d’organisation centrées sur le bien-être des parties prenantes (salariés, partenaires…), poussées par la loi PACTE (raisons d’être, entreprises à mission…).
    • Renforcer leurs capacités d’innovation par la mise en pratique de coopération avec des entreprises qui n’appartiennent pas à leur chaîne de valeur et à partir de ressources matérielles et immatérielles disponibles en interne ou au sein d’écosystèmes coopératifs.
    • Recourir à des matières premières biosourcées localement et donc limiter les risques de non-approvisionnement tout en contribuant utilement au développement économique territorial.
    • Développer des projets à visée écologique et sociale et améliorer le bien-être des salariés et l’attractivité et la pérennité de l’entreprise.
    • Pour les entreprises déjà articulées au vivant non humain, acquérir une capacité à engager le changement pour faire évoluer les pratiques vers des pratiques régénératives, les relier au modèle économique et trouver des moyens de financement nouveaux pour les services écologiques rendus, de type rémunération à la séquestration carbone.
    • Pour les entreprises non-articulées au vivant non humain, trouver des pratiques permettant d’atteindre la neutralité carbone en s’adossant à des puits de carbone anthropiques locaux et, plus largement, à des natural based services qui répondent à leurs besoins.
  • Les collectivités territoriales et les parties prenantes des territoires concernés seront des utilisateurs et/ou bénéficiaires directs et indirects du projet global. Les bénéfices attendus sont :
    • Renforcer les leviers de performance économiques, institutionnels, organisationnels et cognitifs à même de faciliter une stratégie collective, dans le but d’absorber les variations de l’environnement au sens large (incertitudes d’avenir, risques, crises).
    • Transformer des contraintes et défis de court, moyen et long terme en opportunités de développement économique local plutôt qu’en dispositifs supra-régionaux ou supra-nationaux laissant la valeur s’échapper de notre territoire.
    • Améliorer l’autonomie et la résilience du territoire en développant de nouvelles alliances entre acteurs au sein du département (Haut-Pays, Moyen Pays, Pays Côtier).
    • Générer de nouvelles formes de création de valeur, en substituant aux chaînes de valeur classiques des logiques d’écosystèmes coopératifs.
    • Valoriser le patrimoine technique, humain, immatériel et naturel du territoire.
    • Soutenir le développement d’acteurs et/ou de filières de pointe qui permettent de régénérer l’environnement (phytoépuration, puits carbone anthropiques, régénération des sols, biodiversité, hydrologie régénérative, …).
    • Créer de l’emploi, renforcer l’attractivité du territoire et faire du Pôle métropolitain un territoire d’excellence en économie régénérative.
    • Contribuer au mieux-vivre sur le territoire, en réduisant les impacts sociaux et économiques en cas de crise ou de bouleversement et en réduisant les pollutions diverses (air, eau, sol…).
  • Tout territoire et/ou collectif d’acteurs souhaitant engager une démarche à visée régénérative trouvera dans les communs produits un support méthodologique permettant d’outiller la partie ô combien critique de mobilisation et d’animation des acteurs. De la même manière, ils trouveront dans la première base d’indicateurs des ressources permettant d’évaluer et donc d’étayer toute démarche régénérative désirant renforcer leurs impacts positifs associés.

Estimation du Rapport Coût / Impact du Commun dans le domaine de la résilience

La résilience territoriale est par essence une dynamique collective entre acteurs divers et variés, ayant chacun leur rationalité propre. En l’abordant par l’angle de l’économie, des modèles régénératifs et des coopérations entre acteurs n’appartenant pas forcément aux mêmes chaînes de valeur, les dynamiques entre acteurs sont critiques. Car loin de constituer une simple approche d’ingénierie technique, l’économie régénérative appelle à une évolution culturelle forte de réarticulation des acteurs à leur territoire, autour de notions de co-évolution, de symbiose, d’approches adaptatives, … Chaque acteur doit donc évoluer individuellement et collectivement.

Les communs ici développés entendent outiller et structurer la construction et l’animation de ces dynamiques d’acteurs, préalables indispensables à tout projet d’économie régénérative territorial. L’aide financière demandée est à considérer comme un financement d’amorçage de dispositifs amenés à s’autonomiser et à se pérenniser, à fortiori s’ils sont inscrits dans le modèle économique des acteurs, dans leurs pratiques et des infrastructures et équipements. Les retombées économiques, écologiques et sociales d’un tel dispositif sont impossibles à pré-déterminer à l’avance, encore moins à quantifier, puisqu’elles seront par nature co-construites dans et pendant l’exécution du dispositif social mis en œuvre. Le rapport coût-bénéfice ne peut ici que s’apprécier à la lumière de “l’intérêt à faire et des opportunités pressenties à expérimenter un tel dispositif ancré dans un territoire aux multiples enjeux”. Il peut également s’appréhender au travers des multiples impacts positifs recherchés par design par toute approche régénérative.

Commun et Intérêt Général

La régénération des systèmes socio-écologiques portée à l’échelle d’un territoire, significatif de surcroît, relève d’une recherche d’amélioration de l’espace sûr - étant entendu comme l’espace au sein duquel les besoins humains sont pris en charge dans le respect des grandes limites planétaires - et l’espace juste - soit l’espace de prise en charge des besoins humains dont personne ne devrait manquer pour vivre une vie digne. Le cadre théorique et d’actions est étroitement lié à ce cadre systémique popularisé par Kate Raworth à travers sa désormais célèbre théorie du Donuts.

L’espace sûr et l’espace juste sont étroitement corrélés. Les populations les plus vulnérables socialement sont le plus souvent les populations les plus durement impactées par les dégradations de leur environnement et des conditions de vie de leur milieu. En cherchant à engager des démarches de régénération écologique et sociale, nous cherchons à restaurer autant que faire se peut ces grands processus régulateurs du système Terre dans une approche de justice sociale, de renforcement du tissu et de la cohésion sociale. La vision portée et les mises en actions consécutives sont donc au cœur du bien commun et de l’intérêt général.

5.Autodiagnostic :

Le problème est-il défini ? seul ou par plusieurs personnes ?

Le problème se situe au niveau de la mise en œuvre d’une dynamique collective, à l’échelle d’un territoire, pour mettre en œuvre des modèles économiques régénératifs qui agissent positivement sur les systèmes socio-écologiques. Il a été défini conjointement par le Club des Entrepreneurs de Grasse, le centre de recherche action Lumia et le cabinet de sociologie Change it Use it. Il prend appui sur la littérature émergente en économie régénérative, faisant de la question de l’implication et de l’engagement des parties prenantes du territoire un préalable non négociable. Les retours d’expérience montrent par ailleurs que les démarches réussies ont pu mettre en œuvre une animation et une gouvernance entre acteurs de qualité, là où le premier facteur d’échec est précisément l’absence ou l’insuffisance de soins apporté à ces dimensions.

Y a-t-il d’autres contributeurs prêts à travailler sur ce Commun ?

Le centre de recherche action Lumia, le cabinet de sociologie Change it Use it et le fonds de dotation VIVANT sont d’ores et déjà mobilisés. La construction des partenariats avec des acteurs publics, privés et académiques est en cours, comme détaillé ci-avant.

Préciser la compréhension du contexte, la définition considérée de la résilience et l'impact du Commun sur le défi considéré

Nous entendons la résilience comme la capacité à maintenir la santé et les fonctions d’un système donné dans un état de turbulence et de perturbations plus ou moins importantes, pouvant induire des changements non linéaires issus d'interdépendances complexes entre les différents sous-systèmes. La résilience socio-écologique renvoie par extension à la capacité d’un système à se réorganiser dans un environnement changeant, dans la même visée de préservation des fonctions et structures clés du système.

Notre moyen d’agir sur la résilience est la régénération socio-écologique. Elle vise à renforcer la capacité des systèmes à faire face à ces aléas en les régénérant, en les diversifiant et en créant des connexions et des alliances nouvelles entre les sous-systèmes humains et non-humains pour améliorer autant que possible leurs états et leurs capacités à délivrer leurs fonctions. Sur un plan social, elle vise à créer les conditions propices à une possible réorganisation, via le développement d’alliances nouvelles et territorialement ancrées, permettant une meilleure maîtrise des processus en jeu (comme p.ex. la compréhension fine des enjeux et de l’état de la situation dans le contexte spécifique du territoire, la capacité à s’accorder collectivement pour préserver, et au-delà régénérer ce à quoi on tient individuellement et collectivement, la capacité à développer des coopérations inédites entre acteurs n’appartenant pas forcément aux mêmes chaînes de valeur et n’ayant donc pas de vocation “naturelle” à coopérer dans leur référentiel classique …).

Nous inscrivons par ailleurs notre travail dans le cadre plus global des limites planétaires. Celles-ci renvoient aux neuf grands processus régulateurs permettant au système Terre de se maintenir dans des conditions d’équilibre particulièrement propices à la vie telle que nous la connaissons. Les neufs limites sous-tendant ces processus - le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, le changement d’occupation des sols, la consommation d’eau douce, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, l’acidification des océans, l’émission d’aérosols dans l’atmosphère, la destruction de l’ozone stratosphérique et l’introduction de nouvelles entités - doivent rester sous des seuils d’alerte définis par la science, au risque de compromettre cette situation d’équilibre et d’induire des modifications brutales et difficilement prévisibles de notre environnement. A l’échelle globale, quatre limites ont malheureusement d’ores et déjà franchi le seuil d’alerte sur les sept aujourd’hui mesurées : l’érosion de la biodiversité, le changement climatique, le changement d’occupation des sols et les perturbations des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore.

En France, la situation est pire encore, comme le révèle un rapport gouvernemental de 2019. Ce sont 6 des 9 limites qui ont été franchies au-delà de leur seuil critique dans l’hexagone. Il importe de comprendre que ces limites interagissent chacune au sein d’un système complexe fait de multiples rétroactions par essence largement imprévisibles. Ces seuils ne sont pas des tipping points, mais bien des niveaux au-delà desquels le risque de changement d’état d’un système augmente. Plus un nombre croissant de limites se rapprochent ou dépassent leur seuil critique, plus le risque de déstabilisation brutal du système Terre et des systèmes socio-écologiques grandit. Et avec elles des implications sociales non négligeables. Nous entrons donc dans une période à risque croissant et non linéaire. Régénérer en priorité les milieux et fonctions de ces processus sous-tension sont donc des leviers directs d’augmentation de la résilience, les processus sociaux en jeu pour ce faire venant en renfort aux besoins de réorganisation des systèmes requis par tout projet d’amélioration de la résilience.

Comme expliqué ci-avant, nos trois communs portent sur un facteur de réussite critique de tout projet régénératif : la constitution et l’animation d’une communauté d’acteurs engagés au service d’une vision partagée et prêts à requestionner leurs pratiques et/ou modèles pour contribuer à la démarche régénérative visée.

Est-ce que les contributeurs sont structurés via une association, entreprise pour recevoir des financements ?

Le Club des entrepreneurs de Grasse est une association. Le centre de recherche-action Lumia et le cabinet de sociologie Change it Use it sont des entreprises, sous-traitantes du Club sur ce projet.

Est ce que les besoins sont exprimables pour développer le commun ? oui/non

Oui, les besoins sont correctement identifiés et la contribution des communs à les prendre en charge est spécifiée. (voir parties ci-dessus).

Le projet de commun s’attachera à développer un ancrage territorial (en France ou dans le monde francophone), en lien si possible avec une collectivité

Oui avec le Pôle Métropolitain Cap Azur et le soutien d’ores et déjà acquis de la Communauté de Communes du Pays de Grasse (voir lettre de soutien).

Le projet de commun sera collaboratif, avec des consortiums non seulement interdisciplinaires, mais ouverts aux acteurs et aux parties prenantes des sphères économiques, associatives ou publiques, lorsque cela sera pertinent

Oui, le projet mobilise des acteurs privés, publics et académiques (voir parties ci-dessus).


Liste des CR d'atelier en lien avec ce Commun Régén-ère Azur: aucun pour le moment


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