Diagnostic Mobilité

De Resilience Territoire


Un outil pour piloter la mise en place d'une mobilité du quotidien durable dans les territoires.

💼 Porté par ATEC ITS, Maël Bordas

Echanger, Poser des questions

Description : Identifier des leviers pour sortir de la dépendance à la voiture des trajets du quotidien.

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Contexte

Dans les territoires ruraux et dans les zones périurbaines des métropoles la société est dépendante de la voiture individuelle pour ses déplacements du quotidien. Il est nécessaire de mettre en place des nouveaux systèmes de déplacements durables et le monde de la mobilité bouge avec notamment 3 tendances de fond :

  • La mobilité se décloisonne peu à peu entre les différents modes en remettant l’utilisateur au centre. Des services à la frontière entre le public et le privé émergent, avec tous les services de mobilité partagée (VLS, covoiturage, autopartage), le secteur privé a besoin de coopérer avec le public, notamment pour accéder à l’espace public en ville. La rareté de cet espace oblige à une gestion fine, et donc des préconisations voire des exigences vis-à-vis des acteurs privés de la mobilité.
  • Les données de mobilité numérisées se font de plus en plus nombreuses et la puissance de calcul et les capacités de stockage ont explosé, permettant des traitements en temps réel mais aussi et surtout en temps différé, à partir des données historicisées.
  • Les échelles territoriales sont diverses mais indispensables. Ce ne sont pas des poupées russes qui s'emboîtent mais des territoires qui correspondent chacun à des problématiques spécifiques : de l’aire urbaine ou d’attraction urbaine qui correspond in fine à un vaste bassin de vie global cohérent en termes de Domicile / Travail, aux territoires communaux pour les déplacements liés à l’économie résidentielle, aux quartiers à apaiser en termes de flux automobiles, aux grands axes à piloter plus finement, aux évènements culturels et sportifs qui nécessitent le temps d’une soirée des mesures spécifiques, à la gestion de crise, de la gestion des zones peu denses à la nécessité d’optimiser les dépenses publiques etc. Cette diversité est aussi source de complexité et nécessite des outils pour mesurer, comprendre, agir, évaluer de manière efficace et efficiente.
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Les données dans la chaîne globale des services de mobilité numérique'.'

Les données de mobilité sont nombreuses mais peu sont accessibles. Il y a bien sûr les données des transports en commun : tracé des lignes, horaires théoriques et constatés, temps réel prévisionnel et constaté, les données de montées aux arrêts, les données billettiques. Nous ne disposons hélas pas encore des données de descente, mais l’on peut penser qu’avec le déploiement du paiement à l’usage (pay as you go), on disposera aussi de données de ce type. Au-delà des seules données de mobilité, ce sont les données territoriales, disponibles auprès de l’INSEE, des agences d’urbanisme, qu’il faut croiser avec les données de mobilité pour produire une meilleure compréhension de la situation, construire des politiques adaptées en conséquence, et les évaluer rigoureusement, les données numériques devant permettre demain de le faire avec une fréquence que nous n’avons jamais connue jusqu’ici.

Ainsi, ce sont des dizaines (dans les métropoles), voire des centaines de millions de données journalières (en Ile de France) que l’on peut stocker et traiter rapidement grâce aux progrès de l’informatique : augmentation et baisse des coûts de stockage et performance des processeurs actuels.

Besoin identifié

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Les 3 acteurs clés de la mobilité des personnes : comment concilier enjeux individuels et collectifs ?

Pour ces acteurs au-delà des grands objectifs rappelés ci-avant les besoins en termes de services et outils nécessitant des données sont :

  • Pour les usagers
    • Disposer d’outils de type GPS multimodal donnant toutes les solutions de mobilités pour aller d’un point A à B, avec le temps réel et la prédiction, des itinéraires et un guidage en temps réel
    • Pouvoir accéder simplement aux différents services (MaaS)
  • Pour les autorités en charge des politiques publiques de mobilité
    • Connaitre la mobilité individuelle via toutes les données des véhicules (FCD et xFCD), des smartphones (FMD et traces GPS), de multiples capteurs, les données des opérateurs de mobilité, des futurs outils de MaaS, qui viennent compléter les données d’enquêtes ENTD, EMD et INSEE recensement, ceci afin de mieux construire et évaluer les stratégies de mobilité, avec des données à jour et fiables. Selon les échelles territoriales et des usages étudiées, ce sont différentes données qu’il faut mobiliser.
  • Pour les opérateurs de mobilité et exploitants de réseaux
    • Analyser la performance de leur offre et de leur réseau,
    • Connaître leurs clients, pour des services optimisés.


Ce projet se concentre sur le besoin des AOMs, en particulier pour réaliser un diagnostic de leurs mobilité sur leurs territoires et construire des stratégies adaptées.

Construire une stratégie de mobilité suppose d’appréhender la mobilité dans ses trois composantes : des localisations, un programme d’activité et des moyens de transports selon la définition proposée par JM Offner de l’agence d’urbanisme de Bordeaux. C’est d’ailleurs la définition de la ville proposée par d’autres urbanistes ingénieurs : des formes urbaines, des interactions sociales, des flux (cf. M Wiel).

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Dans cette perspective comprendre et analyser les mobilités sur un territoire nécessite de croiser différentes sources de données : territoriales, de flux, de motifs de déplacements, sociologiques. Les données INSEE, d’EMD, de trafics sont à mobiliser.

Solution proposée

L’idée est de réaliser un guide méthodologique et un outil en open source pour réaliser un premier niveau de diagnostic territorial standardisé rapide sur la base de données EMD et INSEE ainsi que sur des données de trafics routiers quand elles sont disponibles à partir de la base nationale, et de l’appliquer sur différents territoires. Les données INSEE sont ouvertes, celles des exploitations standard des EMD vont l’être. La méthode a été testée sur Lyon, une première liste d’indicateurs ont été définis même si des ajustements seront à prévoir et le diagnostic élaboré, avec des résultats probants (disponibles sur demande). Lorsque les données EMD ne sont pas disponibles, le diagnostic est établi à partir de données libres (données de population INSEE, données enquête ménage et déplacements nationale, données géographiques OpenStreetMap, données de l'offre de transport transport.data.gouv) qui alimentent une modélisation et fournit une estimation des déplacements.

L’outil est un outil de prédiagnostic, il ne se substitue pas à des démarches plus fouillées d’études et de modélisation. Il permet à un.e chargé.e d’étude dans un territoire de réaliser très rapidement en moins d’une semaine un 1er état des lieux des mobilités, afin de poser les problématiques essentielles pour agir ensuite soit directement soit pour alimenter des cahiers des charges d’études plus poussées.

  • La méthode à déployer pour les grandes aires urbaines pourvues d’une EMD serait à priori celle décrite dans le schéma suivant qui va du diagnostic (étapes 1 à 4) qui serait outillé, jusqu’à la définition d’une politique dans les étapes 5 à 7 : en utilisant des données EDGT et INSEE, on peut identifier un potentiel de report modal et des compléments d’offres à déployer, accessibles via le MaaS. La question du financement est abordée pour chaque territoire avec des propositions. Cette méthode est issue des travaux du comité scientifique de France Mobilité auquel l’ATEC participe avec le CEREMA et l’Université Gustave Eiffel. L’ATEC a été dans ce cadre l’auteur d’une note sur l’utilisation des données pour analyser les mobilités. Pour les territoires moins denses, et non pourvus d’une EMD, ce sont les travaux du CEREMA qui guideront la démarche : données, indicateurs, représentations et qui spécifieront l’outil. Le livrable objet du lot 1 sera élaboré sous l’égide du comité scientifique de France Mobilités.
  • Pour tester la démarche et l’outil on pourrait cibler 2 métropoles, Lyon, Marseille par exemple avec des EDGT récentes, et 2 territoires non dotés d’EMD, les communautés de communes du Grand Autunois Morvan et de Charlieu Belmont ont accepté d'être territoires pilotes.


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Méthode de construction d’une stratégie mobilité à l’échelle d’un bassin de vie pour une grande aire urbaine / J Coldefy ATEC. Pour les territoires non pourvus d’EMD, des données et indicateurs spécifiques sont à élaborer, le CEREMA travaillant sur le sujet.

Le guide et les fonctionnalités feront l’objet d’échanges avec le comité scientifique de France Mobilité, en particulier avec le CEREMA.

L’intérêt d’intégrer le CEREMA dans le dispositif dès le stade des spécifications, outre le conseil sur la conception de l’outil, est d’assurer le portage et la pérennisation de l’outil, le CEREMA ayant une mission de conseil auprès des territoires. C’est un point très important du projet, la plateforme du CEREMA intégrant des guides méthodologiques et des outils de diagnostics territoriaux qui avec ce projet vont s’étoffer. Des premiers contacts ont été entrepris dans ce sens.

Structure du livrable

Le projet est structuré en 4 lots :

  • Lot 1 : Ce lot consiste en l’élaboration d’une note méthodologique et pédagogique sur la démarche d’analyse des mobilités et de construction d’une stratégie. Elle comprendra deux parties ou deux livrables : un pour les grandes aires urbaines l’autre pour les territoires moins denses et non dotés d’EMD, qui ont vocation à être valorisés comme livrables des travaux du conseil scientifique France Mobilités. Cela intègre les indicateurs à utiliser pour comprendre le territoire et les problématiques de mobilité, les offres actuellement disponibles afin d’en déduire en conséquence le potentiel de report modal, clef dans la décarbonation des mobilités et dans la lutte contre l’effet de congestion inhérent aux villes. L’écart entre la situation actuelle et souhaitée permet d’identifier les besoins de solutions de mobilités complémentaires en termes de flux ainsi que sur les localisations. Ce n’est qu’aux étapes 5 à 7 que l’on travaille sur les solutions, leur efficacité et leur efficience avec l’introduction d’éléments économiques. Ce lot sera porté par l’ATEC, avec le concours du CEREMA. Il déterminera les indicateurs à déployer dans l’outil, objet des deux autres lots. Ce lot comprend aussi les temps pour définir le fonctionnel des lots 2 et 3 et valider les outils.
  • Lot 2 : L’outil open source qui sera mis en œuvre comprend des fonctionnalités pour les territoires dotés d’une EMD (EMC2 aujourd’hui) qui permet d’avoir des données fines sur un territoire, qui seront croisées avec les données INSEE de recensement sur le D/T ainsi qu’avec les données de trafic routier à partir du point d’accès national et du CEREMA. Il s’agit dans ce lot de visualiser sur une cartographie et globalement les indicateurs qui auront été définis dans le lot1. Dans ce lot, il faudra concevoir une interface spécifique pour permettre de segmenter le territoire, notamment en distinguant la ville centre, la 1ère couronne et le périurbain (échelle de l’aire urbaine). La maille sera celle de la commune, de l’EPCI ou de regroupements de communes que l’utilisateur pourra opérer. Ce lot sera porté par Maël B. L’analyse de la pertinence de l’outil et ses pistes de développement ultérieur seront assurées par l’ATEC et le CEREMA.
  • Lot 3 : La fonctionnalité dans ce lot est relative aux territoires ne disposant pas d’EMD. Les données de demande de déplacements seront obtenues selon un modèle alimenté par des données INSEE (recensement, données locales, MOBPRO), les données ENTD, des données OpenStreetMap (lieux d'intérêt, zones d'habitation, offre de transport) et transport.data.gouv (offre de transport). Les données de demande de déplacements seront alors utilisées pour réaliser le diagnostic sur la base des indicateurs définis dans le lot1. Ce lot sera porté par Maël B. L’analyse de la pertinence de l’outil et ses pistes de développement ultérieur seront assurées par le CEREMA.

L'outil défini dans les lots 2 et 3 sera accessible via une interface web hébergée par le CEREMA.

  • Lot 4 : la note méthodologique et l’outil seront ensuite testés sur 4 territoires : aires urbaines de Lyon et de Marseille ainsi que deux territoires pilotes non dotés d’EMD, les communautés de communes du Grand Autunois Morvan et de Charlieu Belmont . Ce lot est porté à 50% par l’ATEC (tests sur les 2 grandes aires urbaines) et 50% par Maël B (test sur deux communautés de communes). Le CEREMA appuiera l'ATEC sur les zones denses et assurera le choix et le suivi du test avec Maël B sur les territoires moins denses.

L’outil pourrait ainsi fournir automatiquement des indicateurs sous forme de chiffres clés ou de cartographie, comme par exemple :

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Ratio emplois / actifs (source : INSEE, RN, Base Emploi)

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Ecart au revenu médian (source : INSEE)

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Identification des principales OD Domicile-Travail réalisés en voiture particulière entre Lyon et l’Aire Métropolitaine en nombre de kilomètres (source : données EDGT)

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Parts modales kilométriques au sein et entre zones (source : EDGT)

Les indicateurs seraient regroupés dans une interface web comme celle-ci :

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Aperçu du prototype d'interface d’affichage du diagnostic (CC du Haut Val de Sèvres)

Organisations utilisatrice ou intéressée par utiliser la ressource : Frederic Haas

Contributeurs : Mael bds

Défi auquel répond la ressource : A- Mobilités et logistiques

Autre commun proche : Cartographies interactives - Cartoviz, Data Patch, Diagnostic 360° de résilience territoriale, Mobility, Mon quartier à pied, OSM Data, TerriSTORY®

Richesse recherchée : Mentorat, Financement, Expérimentation

Compétences recherchée : Général/Modèles

Communauté d'intérêt :

Type de licence ? Creative Commons

Niveau de développement : Idée

Cloud / Fichiers :

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Tags : mobilité, diagnostic, stratégie, aménagement

Catégories : Logiciel

Thème : Général/Modèles, Vulnérabilités/Energétique, Facteurs de résilience/Infrastructure, Anticipation/Indicateur

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Référent ADEME :

Référent du commun : Mael bds


Les 5 parties ci dessous sont à remplir obligatoirement pour analyser le commun et vous conseiller

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Montant Aide souhaitée (en Euro) à l'Appel à Communs Résilience : 65000

1.Détails du Financement :

Réponse à l'AAC

Planning et budget

Le planning et budget proposés sont les suivants :

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Soit une durée d’un an et un budget total de 120 k€ HT, 40 k€ pour ATEC (lot1 et 50% du lot 4), 80 k€ pour Maël B (lot 2, lot 3 et 50% lot 4).

La subvention demandée est de 20k€ pour ATEC (50%), 45k€ pour Maël B (56%).


Justification de l’éligibilité

L'ATEC a un statut associatif et Maël B a un statut d’autoentrepreneur.

Financement post AAC

Le CEREMA portera l'hébergement et la pérennisation du projet.

La suite du projet consistera à développer d'autres indicateurs pour compléter des besoins spécifiques de territoires ou d'autres acteurs de la mobilité. Pour les territoires, il s’agirait d’établir une offre de conseil qui permette à la fois d’accompagner les territoires tout en ajoutant des indicateurs spécifiques pour les besoins de la prestation, indicateurs qui complèteront l’outil. Pour d'autres acteurs, de la même manière il s'agirait d'avoir des prestations pour développer des fonctionnalités sur mesure qui enrichiront l'outil. Ce mécanisme contribuera à la pérennité de l'outil.


Précisions sur la pérennité et le modèle économique :

Suite à la loi d’orientation pour les mobilités, de nombreux territoires ont pris la compétence mobilité et obtenu le statut d'Autorité Organisatrice de la Mobilité. De nombreuses AOM vont alors réaliser un plan de mobilité simplifié (PdMS) pour construire leur politique mobilité. L’enjeu à travers ce document de planification est d’établir un plan d’action cohérent et pertinent sur du long terme pour assurer le droit à la mobilité pour toutes et tous.

Si le diagnostic quantitatif apporté par l’outil est une brique nécessaire pour comprendre la demande de transport, il est nécessaire de la compléter par une analyse qualitative qui demande des moyens humains sur le terrain (concertations citoyennes par exemple). Une fois un diagnostic complet établi, il faut alors élaborer une stratégie pertinente pour répondre aux enjeux identifiés.

Dans ce contexte, les AOM font appel à des prestataires extérieurs pour les accompagner sur ces sujets complexes. Il s’agit principalement de bureaux d’études ou de consultant·es en mobilité. Ces structures qui souhaiteront se munir de l'outil pourront proposer des prestations d’accompagnement et contribueront alors à l’amélioration de l’outil. De manière personnelle, Maël B souhaite accompagner des communutés de communes dans la réalisation de leur PdMS et ainsi continuer à faire vivre l'outil. C’est ce qui est fait par exemple avec l’outil Vers une ville écomobile (ayant eu un soutien financier de l’ADEME) porté par un cabinet de conseil en mobilité, qui propose aujourd’hui une offre de conseil basée sur son outil.

Par ailleurs, il est important d’identifier le rôle de la communauté car elle assure également la pérennité du projet. Celle-ci est en grande partie constituée des conseiller·es en mobilité car ils en sont des utilisateurs et utilisatrices. Par cette qualité, elle peut à la fois profiter de cet outil dans le cadre de ces prestations mais aussi avoir besoin d’ajouter ou modifier des fonctionnalités pour des demandes spécifiques. Alors, elle peut spécifier une partie du coût de prestations d’accompagnement pour le développement de nouveaux usages de l’outil qui profiteront à l’ensemble de la communauté et contribuera ainsi à la pérennité de l’outil.

Cette communauté doit être structurée mais certaines existent déjà comme celle des conseiller·es en mobilité de la Fabrique des Mobilités. Malou Charenton qui l’anime a confirmé l’utilite de l’outil pour les membres de la communauté. Il pourrait ainsi compléter la boîte à outils mise à disposition de ces derniers.

La question des structures administrative et juridique reste à éclaircir, une aide de la part des experts de l’AAC serait la bienvenue pour traiter ce sujet. Le commun Mon quartier à pied constitue également un outil numérique de diagnostic à destination des collectivités et présente sûrement une base intéressante.

2.Détails Résilience et Territoire :

Impact sur la résilience

Le projet veut outiller les collectivités pour faciliter la mise en place d’un système de transport durable et sortir de la dépendance à la voiture individuelle. Par une mobilité durable, on souhaite assurer le droit de se déplacer de manière autonome sur un territoire, et ainsi garantir l’accès aux fonctions essentielles.

Lien et ancrage territorial

La solution développée s’oriente à destination des communautés de communes (1) en milieu rural (2) et à destination des grandes villes et métropoles couvertes par une enquête ménage et déplacement (EMD).

  1. La mobilité du quotidien s’inscrit à l’échelle d’une collectivité. C’est donc l’échelle de territoire adéquate pour traiter ce sujet. D’autant plus que de nombreuses collectivités ont pris la compétence mobilité (suite à la loi d’orientation des mobilités) et sont désormais AOM (Autorité Organisatrice de la Mobilité).
  2. Le projet souhaite proposer une solution disponible à la fois :

- pour les territoires ruraux car les zones peu denses sont les plus dépendantes à la voiture individuelle et donc les plus vulnérables. Ces zones regroupent 40% de la population pour 70% de la surface du territoire selon les classifications C, E, F par France Stratégie.
- pour les métropoles qui concentrent une grande partie de la population. Les données EMD sont disponibles pour une cinquantaine de métropoles françaises. (cf cartographie CEREMA)

Description de la communauté

Les principales parties prenantes constituant la communauté autour du projet sont :

  • Les membres d'ATEC ITS qui rassemblent collectivités, bureaux d'étude, industriels, opérateurs de services.
  • Les territoires (et particulièrement les chargé.es de mission mobilité) : ce sont les bénéficiaires de l’outil, il s’agit donc qu’ils fassent part de leurs besoins pour co-construire un outil qui soit utile. Ce sont avec eux qu’il y a eu le plus d’échanges jusqu’à présent, on peut notamment citer les collectivités suivantes : Haut Val de Sèvres, Mellois en Poitou, Niort Agglo, Parthenay-Gâtine, GAL Sud Mayenne, Sancerre Sologne, Mauges Communauté, Grand Autunois Morvan, Val d’Amboise. Les expert.es indépendant.es en mobilité sont aussi utilisateur.rices et apportent leur expertise sur le sujet.
  • Les institutions scientifiques : Le guide, l'approche méthodologique de la modélisation et les fonctionnalités feront l’objet d’échanges avec le comité scientifique de France Mobilité, en particulier avec le CEREMA et l’UGE/IFSTTAR.
  • Les projets qui traitent de la mobilité, avec lesquels des synergies peuvent se construire.
    • Ceux de l’AAC : Mon Quartier à Pied (enrichir le diagnostic, partager la visualisation/interface des indicateurs mobilité), Diagnostic360 (intérêt pour enrichir l’évaluation de la résilience sur l’axe mobilité), Mobility (modélisation des déplacements).
    • Mais aussi des projets extérieurs : Vers Une Ville Ecomobile (diagnostic mobilité qualitatif), Mon Compte Mobilite (solution collaborative au service des aides à la mobilité durable), transport.data.gouv (mise en valeur des données ouvertes sur les transports) qui ont témoigné de leur intérêt pour le projet.
  • Des projets de l'AAC constituant des briques techniques : pour la visualisation de données/interface, les projets : Cartographies interactives – Cartoviz, OSM Data, TerriSTORY et pour la gestion des bases de données collaboratives Data Patch.

La communauté n’est pas encore organisée dans le sens où un espace d’échange n’a pas été identifié/structuré. Des mutualisations sont surement possibles avec d’autres communs tels que la Communauté des conseillers en mobilité de la Fabrique des mobilités : il s’agira de trouver des synergies plutôt que de créer des doublons.

3.Détails Impacts environnementaux :

Estimation des Impacts Environnementaux à court et moyen termes

La mobilité d’aujourd’hui a des conséquences directes sur l’environnement et notamment sur les émissions de GES - le secteur des transports est le premier poste d’émissions de GES en France, la voiture particulière représentant 56% des émissions du transport routier (données CITEPA 2018) - et émissions de polluants atmosphériques – notamment les oxydes d’azote (NOx).

Le projet contribue à accompagner les territoires dans l’exécution du volet mobilité de leur plan climat air énergie territorial (PCAET). Les PCAET sont guidés par la stratégie nationale bas carbone qui fixe des objectifs de réduction d’émissions de GES du secteur transport à -19% en 2021, -29% en 2026 et -70% en 2050.

Il est difficile de mesurer quantitativement l’impact du commun mais on peut l’évaluer qualitativement : à court terme, le diagnostic permet de sensibiliser les territoires sur les enjeux liés à la mobilité et d’enclencher des réflexions à ce sujet. A moyen terme, l’outil permet de mettre en place des solutions alternatives à la voiture individuelle, et donc de réduire effectivement les émissions de GES et de polluants atmosphériques.

Publication de certaines données environnementales en open data

Le projet souhaite rendre accessible librement le diagnostic des pratiques de mobilité pour les territoires. Celui-ci inclut des données sur les émissions de GES associées aux pratiques de mobilité et d’autres données pourront être intégrées selon les besoins soulevés par les territoires pilotes.

Lien avec la communauté Open Data

Le projet est alimenté par des données libres : INSEE, EMD, OpenStreetMap, transport.data.gouv. A partir de celle-ci, il fournit à son tour des données ouvertes sur les pratiques de mobilité d’un territoire défini.

4.Synthèse du projet de Commun :

Expérience des porteurs de commun

ATEC ITS

ATEC ITS France est une association qui réunit 130 membres, des AOM, le ministère des transports, des grandes et petites entreprises investies dans le domaine de la mobilité tant dans les aspects hard que soft, et des ingénieristes. C’est une association unique en France, qui est un écosystème sur la mobilité à la fois horizontal et non corporatiste.

Depuis 4 ans l’association est engagée dans le programme mobilité 3.0 qui a produit des diagnostics mobilité et proposé des solutions pour y remédier, certaines étant d’ordre législatifs et ayant été intégrées dans la LOM, l’ATEC ayant fortement participé aux assises de la mobilité.

Mobilité 3.0 travaille sur des feuilles de route, au sens c’est-à-dire sur une problématique donné un diagnostic et des propositions. L’approche est pluridisciplinaire (analyse des flux, analyse économique yc économie comportementale, analyse urbaine et aménagement) et résolument opérationnelle, avec des actions pouvant être déployée dans les 3 ans, 5 ans maximum.

La méthode est la réalisation d’une version 1 de chaque feuille de route avec un groupe cœur d’une dizaine de personnes en moyenne, puis la mise en place d’un questionnaire ouvert en ligne, et un séminaire, tous deux ouverts, visant à présenter le diagnostic et les propositions et à les mettre au débat afin de les améliorer. Les questionnaires et séminaire rassemblent en général 50 à 100 professionnels à chaque fois.

Plusieurs feuilles de route sont élaborées ou en cours sur 2020 2021 :

  1. Mobilité en zones peu denses : V2 mise en ligne suite au séminaire et au questionnaire
  2. Données routières et données du MaaS : V2 mise en ligne suite au séminaire et au questionnaire
  3. La décarbonation et son financement : V2 mise en ligne suite au séminaire et au questionnaire
  4. Données et mobilité : V1 parue, questionnaire en ligne lancé, séminaire prévu le 1er Juin
  5. Villes et VA : v1 attendue à l’automne 2021
  6. Logistique urbaine : travail en cours de structuration avec France Logistique
  7. MaaS : nous avons mis en place un groupe d’échanges d’expérience entre les AO qui portent des projets MaaS (et elles sont nombreuses).

A ce jour, un travail assez considérable a été réalisé par les membres de l’association, et nous avons comme autre priorité en 2021 de les diffuser et porter à connaissance des structures publiques et des professionnels.

D’autres actions sont menées par l’association, par exemple sur la constitution d’un groupe de travail sur les licences de mise à disposition des données, portées par le GART et l’UTP que nous avons suscité, à partir de l’expérience du Grand Lyon que l’ADEME avait soutenu dans le cadre du projet Optimod’Lyon. Cette licence est publiée sur le site de la fabrique des mobilités, soutenue par l’ADEME.

Par ailleurs, nous participons activement aux travaux du comité scientifique de France Mobilité, focalisé sur l’évaluation, qui est une proposition de l’ATEC. Nous avons en 2020 réalisé l’évaluation des services de cars express et de services de mini-bus associatifs dans les zones peu denses à partir de l’expérience hollandaise. Notre approche est simple, dans une optique d’avoir des éléments compréhensibles pour les décideurs : le service est-il un succès ? quel est sa performance pour l’utilisateur et son cout pour l’AO ? quel est le cout de la t de CO2 économisé ? En 2021 nous avons élaboré un document sur l’usage des données territoriales et de mobilité, dont cette note s’inspire pour aller plus en avant avec un projet de guide méthodologique et un outil opens source.

Maël Bordas

Maël B est diplômé de l'école Centrale Paris avec deux spécialisations : environnement & entrepreneuriat. Cette formation lui permet d'avoir une compréhension avertie des enjeux et d'être en mesure de rassembler les ressources nécessaires à la bonne avancée du projet comme ce fut le cas jusqu’à présent au cours de ce projet en interrogeant des expert.es en mobilité. De plus, l’approche entrepreneuriale qu'il met en œuvre veille à construire un outil qui réponde à un besoin et soit utile. Enfin, ses expériences précédentes ont consolidé son autonomie et sa capacité à acquérir les compétences nécessaires à l’avancée du projet.

Informations liées au Commun et au problème identifié

Le problème identifié est la dépendance à la voiture individuelle. Il est alors nécessaire de mettre en place un système alternatif de mobilités durables, plus résilient. Mais lequel ? Quelles sont les solutions adaptées au territoire ? Quelle stratégie adopter ?

Le projet proposé est un outil pour établir un diagnostic mobilité d'un territoire. Il met en avant les informations utiles à la compréhension des enjeux de mobilité. Ces informations proviennent de données libres (INSEE, ENTD, EMD, OSM, transport.data.gouv).

C’est la phase de développement et d’expérimentation de cet outil avec des territoires pilotes qui fait l’objet du financement demandé.

Description des actions, livrables et planning associé

Le livrable proposé est constitué du guide méthodologique (lot 1) et de l'ensemble du code (lot 2 et 3) qui forme l’outil de diagnostic des pratiques de mobilité d’un territoire. Le code sera mis à disposition sur un répertoire avec un accès libre. L’interface web sera hébergée par le CEREMA.


Précisions sur le livrable :

L’objectif du projet est de mettre à disposition des technicien·nes et conseille·res mobilité, un outil accessible via une interface web qui fournit les données quantitatives d’un diagnostic type plan de mobilité simplifié défini par le CEREMA.

De manière concrète, chacun·e pourra alors accéder à l’interface web et suivre les deux étapes ci-dessous pour obtenir les données quantitatives du diagnostic mobilité du périmètre souhaité. Un soin sera apporté pour assurer une prise en main facile de l’outil. Cet outil, par son accès rapide à une information organisée, permet d’accompagner les politiques de mobilité à l’échelle locale, en tant qu’outil opérationnel ou simplement pour sensibiliser sur les enjeux. Acteurs et actrices de la mobilité, élu·es, initiatives citoyennes, les publics sont divers.

Un diagnostic en deux étapes :

  1. Interface de sélection du périmètre : communes d’étude et communes d’influence, définition des bassins de vie à réaliser
  2. Interface d’affichage du diagnostic et des indicateurs associés aperçu de l’interface actuelle du prototype (CC du Haut Val de Sèvres) :
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Précisions sur le calendrier et la qualité de l'interface :

Une grande partie de la valeur ajoutée réside dans la capacité à mettre à disposition les données dont ont besoin les techniciens et techniciennes mobilité des communautés de communes. Il est donc important que l’interface soit adaptée à leurs cas d’usages pour garantir son utilité.

C’est cette raison qui explique la phase d’expérimentation avec des territoires pilotes. Le travail avec ces derniers permettra d’être en contact privilégié avec des chargé·es de mission mobilité et de comprendre finement leurs problématiques. Ces analyses seront complétées grâce à la communauté constituée autour du projet et l'expertise d'ATEC ITS.

L’utilisation de méthodes de développement par itération sur des cycles courts assure rapidité de travail et adéquation du besoin. Incluses dans la formation d’entrepreneuriat à l’école Centrale, Maël B a utilisé ces méthodes lors d’un précédent projet où il a travaillé avec des artisans pour concevoir une interface adaptée à leurs usages (cf https://creer-demain.fr/quelles-aides).

De plus, le projet présenté ici (identification du besoin, réalisation du prototype et de l’interface) est le résultat de six mois de travail à temps partiel (car nécessité d’une activité secondaire rémunératrice). Le calendrier proposé ici est de un an avec des ressources existantes et de nouvelles apportées par l’AAC, ce qui est cohérent au regard du travail à fournir.

Par ailleurs, des améliorations continueront à être apportées passée cette phase, comme expliqué dans la section sur la pérennité du projet.


Taille de la communauté de contributeurs et d'utilisateurs impliquée

La communauté de contributeurs, vouée à s’agrandir, est à ce jour constituée d’environ :

  • 20 chargé.es de mission de communauté de communes/consultant.es indépendant.es qui ont partagé leurs problématiques, un retour sur l’outil ou leur intérêt pour le projet.
  • 5 interlocuteur.rices d’institutions techniques ou opérationnelles (CEREMA, IFSTTAR, ADEME Nouvelle Aquitaine, France Mobilité Nouvelle Aquitaine, AdCF) qui ont partagé leur expertise technique et leurs retours d'expériences, ou témoigné de la pertinence du projet.
  • 5 interlocuteur.rices de projets mobilité présentant des synergies avec celui-ci qui ont montré leur intérêt pour des collaborations.

Les utilisateurs/bénéficiaires de l’outil sont les communautés de communes (CC) et EPCI des métropoles. On dénombre 965 CC en France. Parmi elles, 475 ont demandé la prise de compétence mobilité (suite à la loi d'orientation des mobilités LOM) (chiffre CEREMA au 19 mai). On dénombre une cinquantaine de métropoles où une enquête EMD est disponible.

Estimation du rapport coût / impact du commun dans le domaine de la résilience

Le budget du projet est de 120k€. Le montant demandé dans le cadre de cet appel à commun est de 65k€.

L'impact concerne le changement des pratiques de mobilité du public visé, qui sont les habitant.es de territoires en zone rurale (classifications C, E, F par France Stratégie), et les habitant.es des territoires couverts par les enquêtes ménages et déplacement, pour une couverture complète du territoire.

Avec une approche pragmatique, la solution proposée permet d'automatiser la mise à disposition d'un diagnostic mobilité d'un territoire. Aujourd'hui ce diagnostic est effectué par un bureau d'études pour un montant de l'ordre de 5k€ pour une communauté de communes de petite taille. Ce diagnostic est le prérequis de toute politique de mobilité. En mars, 475 communautés de communes (CC) ont demandé la prise de compétence mobilité (suite à la loi d'orientation des mobilités LOM) (chiffres CEREMA au 19 mai). Ces CC auront besoin d’un diagnostic mobilité.

Commun et intérêt général

Ce projet souhaite rendre disponible un outil (Open Source) qui permet de sensibiliser des communautés de communes sur les enjeux de mobilité et leur donne des moyens pour passer à l'action. L'outil se tourne principalement vers les territoires ruraux, qui ont moins de ressources à leurs dispositions (solutions existantes, ressources humaines & financières) mais pour lesquels la dépendance à la voiture est d'autant plus forte. Aujourd'hui, le sujet de la mobilité est pris en charge selon la bonne volonté des élu.es et il est freiné devant le coût élevé des prestations proposées par les bureaux d'étude. Ce commun veut ainsi permettre aux territoires ruraux (représentant 40% de la population - France Stratégie) de devenir acteurs d'une mobilité résiliente et de relever les enjeux environnementaux et sociaux associés.

Précisions sur la notion de commun
Structure commun.jpg

La structure de code envisagée pour le moment est ci-dessus.

Cette structure est organisée par blocs indépendants, documentés. Cela permet à la fois : d’utiliser des ressources déjà existantes et de permettre à chacun·e de réutiliser des éléments du code à son tour, afin de facilliter les synergies.

Par exemple, la modélisation des pratiques de déplacement est adaptée de ressources libres notamment le commun Mobility et les travaux de recherche de Sebastian Hörl et Milos Balac Open data synthetic population. D’autres communs seront étudiés pour réaliser l’interface comme le projet libre OpenMobilityIndicators ou pour la gestion des données ajoutées par l’utilisateur·rice comme DataPatch.

Inversement, des réutilisations peuvent être identifiées, par exemple le commun Terristory qui souhaite intégrer davantage d’indicateurs sur la mobilité à ses cartographies pourrait se saisir de l’outil et modifier le bloc calcul d’indicateurs pour extraire les données souhaitées.

5.Autodiagnostic :

  • Le problème est-il défini ? seul ou par plusieurs personnes ?

Le problème a été défini après des échanges avec des chargé.es de mission mobilité et des expert.es mobilité.

  • Y a-t-il d’autres contributeurs prêts à travailler sur ce Commun ?

Les porteurs de projet travaillent sur le projet. Ils rassemblent chacun des parties prenantes qui contribueront à l'évolution du commun.

  • Préciser la compréhension du contexte, la définition considérée de la résilience et l'impact du Commun sur le défi considéré :

Le Commun s'inscrit dans le défi Mobilités car il donne des outils pour organiser un système de mobilité durable au sein d’un territoire. C’est à dire un système de mobilité qui sorte de la dépendance à la voiture individuelle et qui soit pérenne dans le temps, donc capable de s’adapter aux aléas.

  • Est-ce que les contributeurs sont structurés via une association, entreprise pour recevoir des financements ?

L'ATEC est une association et Maël Bordas a un statut d’autoentrepreneur. Ces statuts permettent de recevoir des financements.

  • Est ce que les besoins sont exprimables pour développer le commun ? oui/non

Oui

  • Le projet de commun s’attachera à développer un ancrage territorial (en France ou dans le monde francophone), en lien si possible avec une collectivité

Le projet de commun est à destination des communautés de communes françaises.

  • Le projet de commun sera collaboratif, avec des consortiums non seulement interdisciplinaires, mais ouverts aux acteurs et aux parties prenantes des sphères économiques, associatives ou publiques, lorsque cela sera pertinent

Des parties prenantes de milieux différents ont été identifiées et ont vocation à co-construire le projet pour en assurer sa réussite.

  • Les besoins à ce jour pour passer à l'étape suivante sont  :
    • conseils sur le sujet des communs
    • besoin d’expérimenter en situation “réelle” (usager, infrastructures)
    • des contributeurs et d’autres parties prenantes,
    • accès à des financement


Liste des CR d'atelier en lien avec ce Commun Diagnostic Mobilité: aucun pour le moment