Utilisateur:Jeanlaudouar

De Resilience Territoire
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Paris, France
March 8th
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La 27e Région

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Nouvelles Mesures - Transformer nos outils de gestion pour piloter les transitions
'''Nouvelles mesures - Transformer nos outils de gestion pour piloter les transitions''' Comment engager les acteurs territoriaux à réfléchir collectivement à ce qui compte fondamentalement sur leurs territoires, définir ce qu’ils souhaitent préserver, créer les bases de nouvelles formes de gouvernances territoriales autour d’outils de pilotage communs renouvelés et dimensionnés pour les soutenir face à leur responsabilité écologique et sociale ? Nouvelles Mesures est un programme de recherche-action inter-territoriale visant à explorer, construire et tester de nouveaux modèles comptables qui puissent constituer une boussole pour agir et développer des modes d’intervention compatibles avec le Vivant et les limites planétaires. Nouvelles Mesures est une expérimentation qui se déroulera sur 3 territoires. L’ensemble du programme sera documenté dans une logique de communs. Un comité d’orientation composé de chercheurs et experts praticiens ainsi qu’un “groupe miroir” composé d’un second cercle d’acteurs publics mobilisés autour de cette démarche portera un regard analytique et réflexif sur les expérimentations réalisées. Nouvelles Mesures est une démarche collective, portée par La 27e Région, l’association d’élus France Urbaine, et à ce jour six collectivités territoriales partenaires. Un réseau d’acteurs constitué de labos de recherche, de personnalités qualifiées et de praticiens expérimentés vient compléter les compétences déployées et enrichir la capacité d’impact du programme. '''Objectifs de Nouvelles Mesures :''' '''Sensibiliser les acteurs publics et leurs partenaires territoriaux à d’autres approches et modèles de gestion compatibles avec le Vivant, en cohérence avec les enjeux de transition, en leur permettant l’accès à un cadre de réflexion collectif et à l’élaboration d’un langage et référentiels communs'''. Il s’agit de : Comprendre, rendre visible et se relier au fonctionnement des écosystèmes naturels sur lesquels s’appuient nos activités humaines. Faire converger les efforts fournis sur ces questions au sein des collectivités et de leur donner une portée systémique à travers un système d’information comptable qui prenne en compte la responsabilité écologique et sociale des organisations. '''Inventer de nouvelles formes de gouvernance par le prisme de la comptabilité socio-environnementale et d’un système d’informations intégrées'''. Permettre un pilotage collectif des ressources pour assurer en priorité leur préservation et leur usage juste et équilibré par les parties prenantes (organisations publiques, entreprises, usagers/citoyens, les autres vivants). '''Expérimenter ces nouvelles approches comptables sur des objets d’étude concrets pour transformer l’action.''' Il s’agit d’identifier les capitaux naturels et sociaux à préserver, de rassembler ou d’établir les données scientifiques nécessaires à l’évaluation de sa préservation, d’intégrer les coûts de préservation dans la comptabilité des organisations. La comptabilité servant de socle au pilotage des actions. '''Partager en open source et inspirer la transformation du cadre législatif à l’échelle nationale et internationale :''' Il s’agit d’assurer la diffusion des preuves de concept et des expérimentations menées pour essaimer et permettre à d’autres acteurs et d’autres territoires de s’en nourrir. Ces expérimentations pourront servir d’inspiration aux chercheurs mais aussi aux législateurs et négociateurs européens pour penser le droit comptable de demain, à l’heure où la commission européenne se mobilise sur ces questions. '''La 27e Région''' L’association La 27e Région joue depuis 2008 le rôle de « laboratoire d’innovation publique » pour les acteurs publics, et constitue un espace neutre et autonome d’expérimentation et de réflexion, conçu dans une logique d’intérêt général et de production d’un bien commun entre les collectivités territoriales et l’État. La 27e Région conçoit et anime des programmes de recherche-action en France et à l'international visant à transformer le lien entre les acteurs publics, leurs territoires et les habitants. Elle co-construit ces programmes avec des partenaires publics, soit une quarantaine d’adhérents institutionnels en 2020 (Régions, Départements, Métropoles, Villes, établissements publics), une communauté de praticiens de la transformation publique (designers, urbanistes, juristes, chercheurs en science sociale, agents de collectivités) ainsi que d’autres partenaires publics et privés (agences, fondations). Elle produit également des enquêtes collectives, des cycles de webinaires et une documentation open source portant sur l’ensemble de ses programmes expérimentaux. En 2018, La 27e Région ouvre un programme exploratoire sur les communs et l’action publique, Enacting the commons. Ce projet a été sélectionné dans le cadre du programme Erasmus + de l’Union Européenne, qui a permis, pendant 2 ans, de mener différents voyages d’exploration en Europe sur le sujet des Communs : Comment cette notion vient-elle interroger l’action publique? Quel est le rôle des collectivités, des administrations et des élus dans ce contexte de gouvernance partagée avec les citoyens ? Comment équiper les acteurs publics pour leur permettre de concevoir et mettre en œuvre des politiques et services publics prenant en compte ces notions, dans un cadre renouvelé de gouvernance ? '''Comptabilité & Communs Le programme Nouvelles Mesures propose d’aborder la résilience territoriale par le prisme des outils de gestion, et plus précisément par les systèmes comptables des organisations : les comptabilités multi-capitaux nous apparaissent comme un levier majeur pour engager de véritables changements de cap au sein des organisations. Il propose d’agir à l’endroit même où nos organisations gèrent leurs ressources et définissent leurs orientations stratégiques, en rendant visible ce qui ne l’est pas dans les modèles comptables classiques, et en posant les bases d’un nouveau système d’informations comptable à même de prendre en compte ce qui compte. L’expérimentation et la diffusion de preuves de concept autour de la comptabilité multi-capitaux permet d’amplifier la transition écologique en rendant visible et en quantifiant les impacts de l’activité humaine sur le Vivant, sur la biodiversité, sur les ressources naturelles. Elle invite à un changement de paradigme autour de la notion de “valeur” : dans ce contexte, la valeur (créée/détruite) n’est plus exclusivement financière. Dans l'anthropocène, il apparaît désormais fondamental de se questionner collectivement sur les entités capitales que nous souhaitons préserver pour assurer un futur que nous serons prêts à assumer. Faire rentrer ces entités au cœur des outils de pilotage des organisations et leur donner une place équivalente au capital financier apparaît comme un levier de transformation considérable. L’enjeu est de ne plus avoir la solvabilité financière comme seule boussole pour orienter la décision humaine, mais de lui adjoindre la soutenabilité écologique et humaine. Cette approche implique de sortir d’une conception majoritairement économique des enjeux des transitions écologiques et sociales et d’y intégrer comptablement le lien avec le Vivant. Aborder ces défis par l'entrée de la comptabilité, c’est aussi reconnaître la non-neutralité de cet outil de gestion qui est au cœur du pilotage de nos organisations, de véritablement “compter ce qui compte” en se donnant les moyens d’engager une transition écologique et sociale dimensionnée aux enjeux. Enfin, cette approche ancrée dans un territoire et un écosystème (ressource identifiée, implication des collectivités publiques, des entreprises, des citoyens) et fondée sur de nouvelles modalités de gouvernance, contribue à une meilleure prise en compte collective de l’urgence de la transition. Le modèle de comptabilité CARE par exemple est une méthode qui, à défaut d’apporter toutes les solutions face aux nombreux enjeux de la transition écologique et sociale, fait émerger un ensemble de questions auxquelles les acteurs territoriaux vont devoir répondre : Quelles sont les ressources présentes sur le territoire ? Quelles sont leurs utilisations et par quels acteurs ? Comment fonctionnent ces ressources ? De quelle façon s'opère leur dégradation ou leur destruction ? Quelles sont les actions à mettre en place pour permettre leur maintien et leur bon état ? Quel est le coût de leur préservation ? Quel serait le coût pour éviter ou minorer ces dégradations ? Naît alors un nouveau champ de réflexion stratégique et opérationnel pour les organisations. Cette approche permet de considérer un impératif de responsabilité écologique partagée et systémique, considérant que les ressources identifiées sont des communs et qu’une multiplicité d’acteurs du territoire doivent constater et agir de concert pour définir la meilleure stratégie de préservation et d’usage. Cette approche par les outils comptables doit permettre de faire apparaître au sein des organisations la notion de dette écologique, inscrite dans la durée et pleinement intégrée aux éléments financiers. L’enjeu est bien de s’engager sur une action en soutenabilité forte et où la compensation ne peut rétablir les dégradations déjà opérées et où les différents capitaux ne se substituent pas : il s’agit donc d’accélérer l’ampleur et l’ambition de la transformation de nos activités humaines.
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Jean Laudouar