SITI : Différence entre versions

De Resilience Territoire
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La phase d’expérimentation et de déploiement des premières briques du projet sur les 2 territoires d’expérimentation porte sur 12 mois. Il se développera ensuite dans l’espace (nouveau territoires) et dans le temps.
 
La phase d’expérimentation et de déploiement des premières briques du projet sur les 2 territoires d’expérimentation porte sur 12 mois. Il se développera ensuite dans l’espace (nouveau territoires) et dans le temps.
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=== En résumé ===
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==== Valeurs et philisophie du projet ====
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==== Facteurs clés de succès ====
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* Une culture de la coopération inter-organisations éprouvée ;
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* Des méthodologies appropriées ;
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* Une diversité de compétences rassemblées pour la réussite du projet ;
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* Des liens préétablis dans les territoires d’expérimentations laissant envisager un déploiement rapide sur 12 mois et la légitimité de facto de SITI en local ;
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* Une connaissance de la psychologie du changement et une expérience de la pédagogie autour des communs numériques, qui sera partagée pour acculturer les organisations partenaires ;
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* Une expérience de l’argumentation de projets auprès de différentes “audiences” de financeurs et d’utilisateurs ;
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* Une capacité à médiatiser les initiatives territoriales pour élargir ces “audiences” en mêlant qualitatif et quantitatif.
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==== Valeur ajoutée de SITI ====
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== Récit prospectif ==
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2023, interview par Yusage & Co de Yohann, 56 ans, agriculteur pour une agriculture du vivant dans le Pays du Bocage, contributeur et utilisateur de SITI depuis 2 ans
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''Comment tout à commencé ?
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Eh bien on est en 2021 et j’entends parler, par l’association de la résilience alimentaire et des circuits courts du Pays du Bocage avec laquelle je collabore régulièrement, d’un réseau pour la résilience alimentaire qui se développe. Géraldine, la présidente de l’asso essayait de recruter des premiers contributeurs-utilisateurs de ce réseau.
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Au début, je ne savais pas trop à quoi cela pourrait me servir mais je savais que j’avais pas mal de besoins en lien avec ce sujet de la “résilience” quoi que l’on mette derrière. L’activité pour nous les agriculteurs est de plus en plus incertaine avec l’augmentation des périodes de sécheresse, de canicule, d’inondations. On n’y comprend plus rien à ce climat ! La nature est complètement déréglée, l’an dernier j’ai des collègues agri qui ont commencé le fauchage en juillet. On a aussi des nouveaux insectes qui arrivent là, je rentre pas dans le détail mais avec ces températures qui augmentent, on a de plus en plus de ces bestioles et les cultures souffrent. Et encore, ça, c’est une partie du problème, mais ce qui nous inquiète beaucoup c’est l’accès à l’eau.
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Moi je me suis rapprochée de l’Agence de l’Eau et des exploitants les plus proches autour de chez moi pour essayer de voir comment on pouvait avoir plus d’informations et agir ensemble. Et au moment où je parlais de ce projet à Géraldine, elle m’a proposé de rejoindre la dynamique SITI du Pays du Bocage et d’utiliser les blogs, les applications et tout l’éventail de services numériques ce qu’ils offrent pour donner de la visibilité à cette initiative-là. J’ai dit ok et le gars qui gère ça en local m’a ouvert une page pour qu’on puisse avec les autres exploitants poster des images, faire apparaître nos prochains rdv d’asso, renseigner un peu les relevés et les observations qu’on fait sur nos exploitations. Et c’était super facile à utiliser, je suis loin d’être un geek et c’est ultra simple, on a reçu un accès par mail et hop, on peut contribuer à la page. Voyez là j’ai fait un relevé d’humidité du sol ce matin, je peux le renseigner là, et je vois celui des autres membres de l’asso. C’est joli en plus non ? donc en résumé, on a rien eu à payer, c’était encore plus facile qu’un wordpress ou un wix standard qui correspond pas du tout à ce qu’on voulait faire et puis pour lesquels il faut payer, et ça rend hyper bien ce qui n’est pas négligeable, on a eu des retours d’adhérents qui ont avoué que ça les avait motivé à s'engager, ça fait sérieux vous comprenez.
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Et cette page-là du coup elle est accessible par tous les gens du territoire qui voient bien qu’on est dans l’incertitude et qu’il faut s’organiser pour trouver des solutions. Paraît que nos données elles ont servi à un rapport sur le changement climatique sur notre territoire, ACLIMATERRA il s’appelle et c’est fait par des experts du changemetn climatique. C’est super intéressant et nous, via SITI, on pu avoir accès au rapport et le poster sur notre page, on était fiers. Du coup ça fait une espèce de boucle d’information et de recherche intéressante. Puis quand il a fallu financer le projet de réservoir de stockage d’eau partagé avec les autres exploitations autour, les investisseurs étaient super rassurés d’avoir toutes nos infos au même endroit. Via SITI ils ont eu accès aux autres initiatives du territoire mais pas que pour la résilience alimentaire et climatique, je sais par exemple qu’ils ont découvert les démarches d’un groupe de psy qui travaille sur l’éco-anxiété des enfants dans le coin et que ça les intéressait d’investir là-dedans aussi dans le cadre d’un autre groupe de travail international qui s’appelle GIECO .
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Ben si vous tapez siti.paysdubocage.fr, c’est simple, vous allez voir la carte de toutes les initiatives, normalement elles sont taguées par type de projet (est-ce que c’est de l’agri, des infrastructures de transport ou que sais-je). Bon là c’est la carte des projets mais vous pouvez aussi rentrer dans la bibliothèque de connaissances collectées sur le terrain ou sur d’autres sites, c’est une espèce de wiki du bocage si vous voulez, on trouve des infos sur les espèces du territoire, sur les gens qui travaillent sur les questions climatiques et les projets de transition, enfin plein de trucs. Il y a un annuaire aussi et moi je connaissais pas particulièrement les sites où je pouvais me renseigner sur les prévisions climat; les prévisions météo oui, mais sur le climat j’ai pu un peu comprendre vers où on va en local, et notamment via ce centre de recherche-là qui fait parti de SITI et met ses données à dispo. Ben du coup je les ai contactés et depuis la directrice de recherche m’a proposé une expérimentation sur mon exploitation, voir si on peut faire un peu de stockage carbone comme ça s’est développé du côté de Dijon. Moi ça m’intéresse pas mal pour dégager des revenus complémentaires et puis valoriser l’exploitation en vue de la revente si vous voulez. Donc en tout cas, on peut trouver des infos, des gens, on peut faire des espèces de jeux aussi pour se balader autour de chez soi et comprendre tout ce qu’il y a comme projets ou comme faune, flore, c’est marrant. On a regardé ça l’autre jour avec ma petite fille et après on est parti en balade voir ça en vrai.
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Et moi qui connais bien le territoire depuis 40 ans que je bosse ici, je peux vous dire que ça représente bien tout ce qu’on fait dans le coin, d’ailleurs j’en reviens toujours pas.
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En fait ils m’ont expliqué comment ils ont fait techniquement, ils ont fait en sorte que les asso ou les entreprises qui existaient puissent s’échanger des infos et des documents, des vidéos etc…facilement, histoire de diffuser. Il y en avait qui échangeaient déjà pas seulement en local parce qu’on m’a expliqué que certains réseaux pour la transition étaient déjà capable d’échanger de l’info. Mais c’était pas le cas avec les institutionnels ou les collectivités par exemple, même s’ils ont des sites et des dossiers, des rapports etc… Mais en plus tout le monde a pas un site comme ça, typiquement une petite asso naissante comme la nôtre on avait rien du tout en terme de site, on aurait probablement fait des échanges de mails ou une page un peu générale sur un réseau comme facebook. Mais c’est pas trop adapté aux infos qu’on veut partager, genre pas mal de cartes, des chiffres....
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Et comme c’est un truc collectif, on peut utiliser ça gratuitement. Mais vraiment gratuitement, mon fils m’a fait un profil facebook il y a 4 ans sauf que je me coltinais des pubs pour du Round Up tous les quatre matins. Et moi qui exploite en agriculture raisonnée depuis des décennies, vous imaginez ma tête ? j’ai dis ça suffit, j’ai pas vocation à alimenter ça.
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SITI les règles du jeu sont claires, on sait ce qu’on met en commun et on sait que tout le monde peut consulter la page mais il y en a pas qui se font du beurre sur notre dos.
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En plus, le fait de partager des choses en ligne comme ça dans SITI, ça peut nous faire découvrir d’autres acteurs et après on se voit en vrai via Emmanuel, le facilitateur qui organise des événements. On l’a rencontré lors de la première grand messe de SITI sur le territoire, j’appelle ça comme ça parce qu’ils avaient réussi à rassembler un nombre de gens, c’est bien simple tout le monde était là : l’interco, les services décentralisés de l’état, les assos qui sont super actives sur le territoire, il y avait aussi des gens qui ne connaissent pas encore le sujet mais qui étaient rassurés de voir que ça bouge et qu’ils peuvent s’impliquer ici ou là, ça faisait comme un grand forum. Mais on a bossé hein, c’était bien organisé, on a pu dire de quoi on a vraiment besoin, en termes d’informations surtout, et puis ce qu’on devrait faire collectivement pour continuer à travailler dans des conditions correctes, ce qu’on remarque comme dégradation de la qualité de vie en local etc..puis partager nos idées de projet pour qu’on puisse faire face à tous ces changements, et ça il y en avait. Souvent ces idées-là elles existaient déjà chez les uns et les autres mais elles étaient pas partagées, cet événement là il a permis de les mettre en commun mais aussi de voir qu’il y avait des acteurs, mettons une entreprise et une asso, qui avaient abordé le problème de deux angles différents mais complémentaires. Comme ça on gagne du temps en plus et puis on peut aller chercher des financements ensemble au lieu de faire des projets coups d’épée dans l’eau et goutte d’eau dans l’océan on fait des projets océan. Et après, ceux qui avaient déjà des plateformes ou des website, ou je sais pas quoi ils ont pu se connecter au réseau pour donner accès aux autres membres du réseau, aux données qu’il veulent partager et ceux comme nous qui en avait pas ils ont créé une page.
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Ça parait simple dit comme ça mais en fait il parait que pour arriver à ça il faut que les infos elles soient plus ou moins codées d’une certaine façon et ça c’est ce que les gens de SITI font, ils font les formatages qui permettent aux données d’être échangées alors qu’elles viennent de différents endroits en différentes langues informatiques. En vrai c’est un peu des traducteurs ces gens-là.  Et des sacrés traducteurs parce qu’ils ont pas seulement permis aux gens de collaborer ici, il paraît que des SITI il y en a dans pleins d’endroits différents : autour de Compiègne, autour de Lyon etc… ma fille vit à Lyon et elle voulait acheter une maison mais elle était en zone nouvellement inondable, chaque année dans ces coins là les habitants galèrent, ils ont des sinistres tous les ans maintenant – et puis attention hein, c’est de moins en moins remboursé parce qu’évidemment les assurances elles sont un peu paniquées face à tous ces sinistres nouveaux, les régimes évoluent etc... Du coup j’ai dit à ma fille de se connecter au portail du SITI global là où vous pouvez voir tous les réseaux décentralisés et trouver celui dans votre coin. Et elle a trouvé son info en fait, elle a pu accéder à une info un peu facile qui vient du DICRIM mais qui était vulgarisée par un membre de SITI - là on pouvait visualiser ça facilement même sans avoir un doctorat !
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Donc SITI c’est un sacré réseau, d’autant qu’il continue à grandir et qu’évidemment, comme tout commun, plus il y a en commun plus le réseau est utile et utilisé, ça fait une boucle positive. On l’a vu en local, on trouve de plus en plus d’infos et on commence à avoir un peu de retour sur des projets qui ont commencé l’année dernière ici sur le Pays du Bocage. Avec l’été qui vient là et les sécheresses qu’on nous annonce, SITI va pas être de trop pour s’organiser et limiter la casse. Et au-delà de ça, ça nous redonne un moyen d’agir et ici on est super fier d’avoir été le territoire pilote, il y a des délégations entières qui viennent nous visiter depuis, même des gens des ministères et des gens d’autres pays.
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Bientôt, c’est nous qu’iront voir en balade virtuelle comment ils gèrent cette question de l’eau sur des territoires à l’étranger déjà bien plus vulnérables et impactés que nous.
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C’est la magie des réseaux sociaux au service de notre planète à tous !''
 
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Version du 18 juin 2021 à 15:16


SITI propose de mettre en œuvre une démarche agile et coopérative, mobilisant des solutions logicielles ouvertes et interopérables, pour co-construire des systèmes d’information en biens communs au service de la résilience des territoires.

Echanger, Poser des questions

Description :

Sommaire

Préambule

Ce dossier expose et explicite les étapes de développement et le fonctionnement envisagé d’un tel réseau pour qu’ils puissent être facilement assimilés par une diversité de publics, même novices, sur les sujets des communs, du numérique et des systèmes d’information décentralisés.

Pour visualiser les schémas (très parlants), nous vous conseillons de les ouvrir à partir de ce lien.

Le symbole * renvoie à un glossaire situé à la fin du dossier.

En quelques mots

Interactions Numérique, Coopération, Résilience dans le cadre de SITI

Le numérique peut-il accompagner la nécessaire transformation de nos modes de vie, d’organisation, de production, d’échange et de consommation ? Comment le mobiliser au mieux afin d’accompagner les acteurs publics, privés et citoyens dans la mise en œuvre de stratégies de résilience à l’échelle des territoires ?

Sur 2 territoires d’expérimentation de typologies variées (rural, urbain), les acteurs de SITI proposent de concevoir et d’expérimenter des systèmes d’information territoriaux en biens communs (nommés SIT dans la suite du document), dans l’objectif d’accompagner le développement de démarches coopératives de résilience territoriale.

Ces SIT pourront être appréhendés à la manière d’un jeu de légos : nous poserons une plaque verte sur chaque territoire. Sur chacune des plaques vertes, différents producteurs de solutions logicielles ouvertes et interopérables* seront invités à positionner des légos (leurs solutions logicielles) et à les interconnecter entre eux.

Sur la base de ces SIT, des facilitateurs territoriaux recrutés par les partenaires locaux du projet, accompagneront les acteurs de chaque territoire dans l’appropriation de ces outils.

Besoins, Solution, Impacts de SITI

Ces outils seront vecteurs de nombreuses potentialités en termes de résilience territoriale. SITI mettra en œuvre une approche agile et coopérative centrée sur les usages. L'expérimentation sur les 2 territoires pilotes sera basée sur la mise en œuvre de méthodes d'expression du besoin, de co-construction des solutions et d'appropriation progressive des SIT par les habitants et acteurs du territoire.

Description longue

Constats, problématiques et hypothèses

« L’accès à une information exhaustive, structurée et de qualité constitue un enjeu majeur pour la mise en oeuvre de stratégies de résilience territoriale »

Constat 1 : Vulnérabilités et Résiliences Territoriales

Aujourd’hui, un ensemble de risques et dégradations liés aux dérèglements climatiques et à nos modes de pensée / de vie / de production affectent la soutenabilité, l’attractivité et la (qualité de) vie dans les territoires. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des aléas climatiques dans le monde et en France (classée comme le 10e pays le plus à risque par l’association German Watch en 2019 au titre des aléas inondation et sécheresse) appelle une réaction rapide et efficace des territoires, pour éviter de voir les coûts matériels, immatériels et en vies humaines augmenter de façon exponentielle. En parallèle, la montée des inégalités sociales et les dynamiques globales de plus en plus complexes fragilisent des territoires aux ressources de plus en plus limitées au regard des enjeux.

Le concept de résilience s’est imposé depuis 2010 auprès des experts de la gestion des risques et du développement soutenable comme une voie à explorer et à traduire opérationnellement face à la diversité des vulnérabilités existantes ou à venir : notamment celles d’ordre sociales, économiques, climatiques, environnementales, sanitaires, psychologiques ou technologiques.

En 2020, la crise sanitaire a porté ce concept de résilience à la connaissance du plus grand nombre, révélant la nature systémique des crises à venir, lesquelles font interagir des enjeux sanitaires, sociaux, économiques, environnementaux.

Cette crise, comme les expérimentations passées de développement de la résilience (et notamment dans le cadre du réseau des 100 Resilient Cities ayant évolué en IRCN), a posé très clairement une question : comment favoriser le passage à l’échelle des stratégies de résilience dans les territoires et dans le temps ?

A date, nombreuses sont les publications scientifiques et les prises de positions théoriques sur les sujets de la résilience. La conception partagée de la résilience sur un territoire doit maintenant passer au stade opérationnel. La résilience doit se construire - et non pas seulement se décréter - puisque ce concept a la particularité de se définir au fur à mesure qu’il se construit. En cela, la résilience est avant tout un processus, un mouvement de transformation et de construction permanent des territoires qui vise à lui conférer les qualités définies par le réseau 100 Resilient Cities (robustesse, flexibilité…)*.

Problématisation : Si la résilience comme processus est une dynamique de construction de la résilience comme qualité, ou la capacité d’un territoire à faire face, à anticiper, se relever et se transformer positivement face à un ou des chocs ponctuels ou récurrents, alors se pose avec acuité la question du Quoi faire, du Comment faire et du avec Qui le faire.

Hypothèse de solution 1 : Développer des dynamiques de résilience territoriale suppose de créer des cadres propices à la mise en mouvement des forces vives des territoires. L’accès à l’information (enjeux, solutions, ressources, acteurs notamment), les rencontres, les échanges, les partages d'expériences constituent un socle nécessaire au développement de telles dynamiques. L’objectif ? Conscientiser, mobiliser, “encapaciter”*.

Constat 2 : Coopération Vs Compétition

Le silotage des acteurs, des initiatives et des plateformes présents dans le système actuel de compétition plutôt que de coopération ne permet pas la création de cadres efficients pour l’action et crée au contraire une fragmentation / manque d’unité qui nuit à l’efficacité des initiatives éparses qui sont développées, à la fois sur un même territoire et dans des territoires différents.

Le modèle compétitif existant, ou « business as usual », est particulièrement inadapté à la réalité des organisations humaines (entreprises, territoires) et des écosystèmes vivants (humains et non-humains). Ceux-ci fonctionnent naturellement en réseau, de façon interdépendante : ce qui pèse sur une partie du système (risque, crise, nouvelle connaissance, pollution, nouvelle richesse économique) impacte les autres parties de ce système. L’étude et la compréhension de ces liens et fonctionnements est la science de la systémique. Le fonctionnement en système fermé généré par les modèles compétitifs et individualistes mène au silotage et à la fragmentation de l’information, des initiatives, de la richesse crée et est particulièrement inadaptée au traitement des problématiques systémiques telle que la résilience territoriale, i.e. la résilience du système vivant qu’est le territoire. Le fonctionnement en système ouvert au contraire favorise l’auto-organisation, la diversité, l’apprentissage, soit les 3 qualités d’un système résilient (selon les géographes de système André Dauphiné et Damienne Provitolo).

Problématisation : Comment évoluer d’un modèle sociétal et économique compétitif, qui bride le potentiel d’action en faveur de la résilience, à un nouveau modèle adapté au fonctionnement systémique des territoires et à la nature systémique des risques territoriaux ?

Hypothèse de solution 2 : Développer des « archipels » ou constellations d’acteurs, fonctionnant en réseau sur un même territoire grâce à l’outil numérique notamment. Installer ainsi par le management même des projets et par l’exemple, un modèle sociétal et économique coopératif et redistributif, où chaque partie prenante identifie son intérêt particulier à coopérer « en symbiose » plutôt qu’en rupture, et à s’engager dans des stratégies à impact.

Constat 3 : Fragmentation VS Interopérabilité des systèmes d’information

On sait, d’une part, que l’échange de données et d’informations est le point de départ de la résilience d’un système. D’autre part, la nature systémique des crises à venir et leur rapidité de diffusion appelle la conception d’outils holistiques, capables de traiter la complexité des interactions au sein d’un système, d’activer des réponses locales à partir d’un stimuli global. Pour ce faire, le numérique, par les opportunités qu’il offre de connecter les acteurs, les données et les expertises à différentes échelles géographiques et à court/moyen/long terme, semble être la clé pour, notamment : - accompagner la nécessaire transformation de nos modes de vie, de production, d’échange et de consommation ; - et faire face à la diversité des enjeux de résilience présents et à venir.

Seulement, le web et le numérique tels qu’ils se sont développés jusqu’à présent de façon fermée n’ont pas permis de créer de telles connexions positives. Au contraire, l’opportunité économique de captation et de monétisation des données l’a emporté. Les valeurs de marché des acteurs du numérique traditionnels (GAFAs) et les modèles économiques qui en découlent, ne sont pas à même de garantir le partage, la souveraineté et la sécurité des données, la transparence, la flexibilité des systèmes d’information locaux et plus globalement de garantir une démarche d’intérêt général en alignement avec le travail sur les communs.

Problématisation : Quels outils permettront d’installer cette capacité sur les territoires ? Ces outils seront-ils les mêmes sur l’ensemble des territoires soumis à différentes problématiques de résilience ? Comment concevoir ces outils à partir des besoins des acteurs des territoires ? Comment organiser efficacement leur déploiement et leur fonctionnement ? Comment les mobiliser au mieux afin d’accompagner les acteurs publics, privés et citoyens dans la mise en œuvre de stratégies de résilience à l’échelle des territoires ?

Hypothèse de solution 3 : C’est par le développement de communs numériques interopérables qu’il sera possible d’aboutir à des démarches de résilience territoriales coordonnées, cohérentes et harmonieuses, donc efficaces face aux enjeux systémiques.

Le pourquoi de SITI du point de vue des sciences de l'information

Au sens étymologique, l'in(-)formation est ce qui donne une forme à l'esprit. Que celle-ci change et ce sont nos imaginaires, nos raisonnements, nos comportements qui s’en trouvent modifiés.

Au sens physique et biologique, elle constitue le principe organisateur de la complexité. L’information est le moyen par lequel les organismes se structurent. C’est également à travers elle, que nous pouvons envisager de faire évoluer nos modes de production, nos infrastructures, nos réseaux, nos organisations. Sur le plan mathématique, l'équation par laquelle Claude Shannon définit l'information est la même, en sens inverse, que celle de Boltzmann-Gibbs définissant l'entropie, réalité à ce point surprenante qu’elle fera dire à Michel Serres : « Que l'entropie soit liée à l'information est la plus grande découverte de l'histoire, en théorie de la connaissance et en théorie de la matière.»

L’hypothèse est donc la suivante : Si l’entropie est notre problème, l’information est la solution. C’est en in-formant différemment la diversité de nos systèmes (cognitifs, techniques, culturels, politiques, productifs, économiques ...) que nous parviendrons à les trans-former.

Réponse de SITI et définition du commun à partir des constats et hypothèses

« SITI permettra de connecter la diversité des données et des humains engagés dans la résilience des territoires »

Métabolisme de SITI

Quoi ?

SITI propose de mettre en œuvre une démarche agile et coopérative, mobilisant des solutions logicielles ouvertes et interopérables, pour co-construire des systèmes d’information en biens communs au service de la résilience des territoires.

Une démarche agile et coopérative ...

Les acteurs de SITI proposent d’accompagner humainement et organisationnellement le développement de dynamiques coopératives sur 2 territoires d’expérimentation afin de favoriser leur montée en résilience.

A cette fin, ils proposent de concevoir et d’expérimenter des systèmes d’information territoriaux (nommés SIT dans la suite du document), dont la vocation première sera de permettre un partage optimal des informations utiles à la résilience, condition nécessaire à la mise en mouvement des forces vives des territoires.

Ces SIT seront conçus avec et pour leurs communautés d’utilisateurs : citoyens, associations, entreprises et collectivités des territoires. Ils déboucheront sur la création de communs numériques territoriaux. SITI mettra en œuvre une approche fondée sur les usages, entendue comme la réponse à des besoins territoriaux identifiés en termes de résilience mais aussi à des besoins locaux de liaisons technologiques et humaines.

L'expérimentation sur les 2 territoires pilotes sera structurée par la mise en œuvre de méthodes :

  • D'expression des besoins ;
  • De gestion de projets agiles ;
  • De coopérations multi-acteurs ;
  • D'appropriation progressive des SIT par les habitants et acteurs du territoire visant un double objectif : (1) d’identification des opportunités d’utilisation pertinente des outils ; (2) d’apprentissage technique de l’utilisation des outils numériques).

Des facilitateurs territoriaux recrutés par les partenaires locaux du projet accompagneront les acteurs de chaque territoire dans la co-construction et l’appropriation des SIT.

Ces outils seront vecteurs de nombreuses potentialités en termes de résilience territoriale.

… mobilisant des solutions logicielles ouvertes et interopérables ...

SITI reposera sur des solutions logicielles :

  • Développées sous licences libres ou open-source (MIT / Apache / GPL / AGPL).
  • Basées sur des standards favorisant leur interopérabilité (standards du web sémantique* notamment), et donc leur capacité à communiquer.
SITI : Une plaque verte, des légos et joueurs

Ces SIT pourront être appréhendés à la manière d’un jeu de légos : nous poserons une plaque verte* sur chaque territoire, c’est-à-dire un socle d’interopérabilité entre différentes solutions logicielles. Sur chaque territoire, différents éditeurs logiciels seront invités à positionner des légos (les solutions logicielles) et à les interconnecter entre eux.

Comme mentionné plus haut, le processus de déploiement des solutions logicielles sera basé sur une gestion de projet agile, itérative, participative, et sera centré sur la réponse aux besoins des communautés d’utilisateurs.


Les SIT ainsi déployés prendront la forme de constellations ou d’écosystèmes logiciels dotés de nombreuses fonctionnalités.

Nous listons ci-dessous, un “catalogue” – non-exhaustif – de fonctionnalités susceptibles d’être déployées. Celles-ci constituent un champ de possibles qu’il s’agira de prioriser en fonction des besoins et des budgets :

Gestion des données

  • Wiki ou base de connaissance sémantique & coopérative : Alimenter une base de connaissance constituée de données structurées, liées entre elles par le biais de relations signifiantes. Par exemple, tel “Acteur” propose / a besoin de telle “Ressource”
  • Cartographie et géolocalisation : Permettant de situer géographiquement les points d’intérêt du territoire (Enjeux, acteurs, projets, médias, événements …)
  • Annuaire d’acteurs : Disposer d’un annuaire sémantique de la communauté : Des acteurs, des organisations, des projets + leur contexte : leurs amis, leurs responsables, leurs contributeurs etc.
  • Agenda d’événements : Créer et partager des agendas avec possibilité de filtrer par thématique, acteur, projet, date, etc.
  • Matching sur les concepts du modèle de données (ontologie) : Être en capacité d’identifier quels sont les “projets”, les “acteurs”, les “idées” et les “ressources” mobilisables autour de tel ou tel “enjeu” par exemple …
  • Gestion documentaire : Organiser ses documents de manière sémantique, et pouvoir y accéder à travers de multiples relations : Auteur, projet, organisation, thématique, etc.
  • Recherche et recherche avancée (voir Sparnatural) : Pour être en capacité de trouver ce que l’on cherche.

Place de marché

  • Module de d’inscription / réservation / paiement : Pour s’inscrire à des événements, réserver ou payer des services proposés par les acteurs du territoires.

Réseaux sociaux

  • Contrôle d’accès : Gérer le partage différencié des données en fonction de leur nature et de leur sensibilité.
  • Systèmes de chat et de forum : Pour échanger, lancer des sujets de discussion.
  • Fils d’actualités : Pour être en capacité de suivre l’actualité de la résilience sur son territoire : Quels nouveaux projets, quels besoins, quelles opportunités, quels événements et dynamiques autour des enjeux qui me sont chers …

Multimedia

  • Bases de données multimédia : Permettant de gérer des collections de médias constituées de photos, vidéos, sons… Et de proposer des services analogues à Youtube (via peertube) => Streaming et LiveStreaming.
  • Interfaces immersives : Représentations panoramiques en haute résolution du territoire vu du ciel avec possibilité de (dé)zoomer, de sélectionner des éléments du panoramique pour y découvrir des informations contextualisées au lieu et de basculer sur de nouveaux panoramiques à une autre échelle.
  • Interfaces graphes : Représentation des données sous la formes de nuages de points reliés entre eux par des liens signifiants


Interopérabilité

  • Partager des données entre solutions logicielles constitutives du SIT : Sans les dupliquer ni les fragmenter, et inversement. Gérer des données sur une base de données source et répercuter automatiquement ses actualisations sur d’autres plateformes, avec ou sans droits de modification.
  • Agréger des données issues du Linked Open Data* : Utiliser des bases de connaissance telles que Wikipedia pour contextualiser / tagguer les contenus. S’interconnecter avec toute base de données respectant les standards du web sémantique.
  • Agréger des données issues de sources externes non interopérables : Données en provenance des systèmes d’information des collectivités, associations et entreprises du territoire, mais également des producteurs d’open data.

… pour co-construire des systèmes d’information en biens communs au service de la résilience des territoires …

Les SIT reposeront sur des bases de connaissance sémantiques qui permettront de documenter de manière coopérative, un certain nombre de données utiles à la résilience, parmi lesquelles :

  • Les thèmes, enjeux, finalités en lien avec la résilience des territoires…
  • Les idées de solutions et de projets.
  • Les acteurs en présence (Individus, organisations, écosystèmes), leurs compétences, leurs centres d’intérêts & appétences.
  • Les lieux (lieux d’échange, infrastructures, point d’intérêts... )
  • Les activités existantes ou envisagées sur le territoire (projets, événements, chantiers).
  • Les ressources disponibles à l’échelle locale (biens, services, compétences)
  • Les ressources documentaires utiles à la résilience des territoires.

L’usage des technologies et standards du web sémantique nous permettra en outre de lier ces données entre elles par le biais de relations signifiantes. Cela permettra par exemple d’identifier que:

  • Telle personne est impliquée dans telle Activité.
  • Tel Projet a besoin de telle Ressource.
  • Tel Organisation, telle Activité poursuivent telle finalité
  • Tel Enjeu se situe sur tel Lieu
  • Tel Enjeu peut être résolu par telle Idée
  • Telle Vidéo est produite par telle Organisation
Diagramme de l'ontologie PAIR

Au coeur du projet SITI … l’ontologie PAIR (cliquer ici pour lire le modèle)

Ces bases de connaissances seront constituées de données brutes mais néanmoins hautement structurées et facilement (ré)utilisables, ce qui permettra de les manipuler dans une diversité de plateformes et de contextes.

Elles constitueront le support de nombreux services numériques et de dynamiques locales afin d’alimenter la montée en résilience des territoires.

Pour quoi, quels usages et objectifs  ?

La finalité de SITI est de créer le cadre ainsi que les conditions optimales d’émergence de dynamiques coopératives de résilience territoriale.

Il s’agit dans cette perspective de permettre aux acteurs d’un territoire d’agir localement, et de s’interconnecter à l’échelon trans-territorial.

Plusieurs objectifs en découlent
  • Documenter, cartographier de manière coopérative, à travers une approche vivante et incarnée, les points d’intérêts du territoire, les dynamiques à l'œuvre, les enjeux, les potentiels et les besoins des parties prenantes auxquels l'implémentation de SITI pourrait répondre. Il s’agira dans cette perspective de démocratiser les notions de chantiers numériques participatifs ou les démarches de Sciences participatives pour créer de la donnée et alimenter de façon continue les communs.
  • Favoriser le développement de synergies (liaisons, articulations, solidarités, implications, imbrications, interdépendances) entre projets, acteurs, idées et ressources au sein de chaque territoire et entre les territoires.
  • Faciliter la coopération pour l’action entre acteurs, l’amorçage, la structuration et la mise en œuvre de leurs projets par la création d’environnements “stigmergiques”.
  • Donner à voir, communiquer, vulgariser, médiatiser pour rendre la transition attractive, désirable et appropriable par le plus grand nombre et embarquer un maximum d’acteurs à l’échelon local, dans une logique d’encapacitation* des acteurs publics, privés et citoyens des territoires.
  • Développer la participation citoyenne à la résilience territoriale : En valorisant les initiatives et les contributions locales ; En ouvrant des espaces de Recherche-Actions-Contributives* et de sciences participatives*.
Description des cas d’usages possibles par objectifs
Documenter, cartographier

En tant que citoyen,

  • Je peux renseigner mes centres d’intérêt, mes domaines de compétences ainsi que mes volontés d’implication sur le territoire ;
  • Je peux renseigner les ressources que je partage avec mon voisinage : des outils dont je ne me sers que rarement, des cerises que je n’aurai pas la force de ramasser ...
  • Je peux identifier et géolocaliser des enjeux au sein de mon territoire : Par exemple, une piste cyclable obstruée dans mon quartier, ou un bâtiment abandonné qu’il serait opportun de reconvertir ;
  • Je peux proposer une idée de projet ou de mission en lien avec un enjeu identifié ;
  • Je peux me former pour m’impliquer de façon contributive dans la mise en place de cartographies vivantes des acteurs de la résilience et rejoindre une équipe-projet pour participer à mettre en visibilité les forces vives de mon territoire.

En tant qu’association,

  • Je peux renseigner mes enjeux, finalités, projets et actualités, ainsi que mes besoins en lien avec la résilience du territoire ;
  • Je peux avoir accès à des données qui me permettent d’élargir mon champ d’action ;

En tant qu’entreprise,

  • Je peux partager des données que je collecte ou que je produis dans le cadre de mes activités. Celles-ci peuvent être utiles au développement d’économies circulaires et à la réalisation de missions d’intérêt général, au service de la résilience du territoire ;

Exemple : Je suis une entreprise du bâtiment et j’ai des rebuts de chantiers que j’ai du mal à valoriser. Je les inventorie et les porte à la connaissance des acteurs du territoire ;

  • Je peux communiquer de façon qualitative sur mes initiatives qui ont une valeur d’exemple en matière de résilience locale et de prise en compte incarnée de mon rôle d’acteur économique de la transition.

En tant que collectivité,

  • Je peux partager mes données d’intérêt majeur au sujet de la résilience territoriale : Documents d’urbanisme, enjeux identifiés par mes services, décisions du conseil municipal, appels d’offres etc ;
  • Je peux partager mes actualités concernant les prochains chantiers, missions, projets et les prochaines réunions publiques en lien avec la résilience du territoire ;
  • Je bénéficie du travail de cartographie participative de mon territoire, ce qui me permet de construire des politiques publiques plus pertinentes.

En tant que territoire

  • Je peux m’inspirer d’autres territoires en accédant à leur documentation et à leur cartographie. Pour identifier des solutions par rapport à des enjeux partagés par exemple ;
  • Je peux utiliser et alimenter un espace qui m’est dédié pour géolocaliser et valoriser l’ensemble des patrimoines de mon territoire (vivants humains et non humains) et communiquer de façon pédagogique et non verticale auprès des différentes sphères d’acteurs, tout en créant les conditions de leur implication.
Favoriser le développement de synergies

En tant que citoyen,

  • Je peux identifier les acteurs (personnes, associations, entreprises, collectivités) de mon territoire qui partagent mes préoccupations et centres d’intérêts, qui disposent de compétences dont je pourrais avoir besoin, qui s’impliquent sur des projets que j’ai repéré ;
  • J’ai la possibilité de les contacter pour discuter, aller boire un café et plus si affinités ;
  • Je peux bénéficier d’espaces de formations-actions (compréhension des enjeux - intra-extra-territoriaux) et identifier des acteurs ou des démarches de résiliences avec lesquelles je peux me connecter pour me former, apporter ou étendre mes compétences et épanouir mes appétences.

En tant qu’association,

  • Je peux identifier des partenaires potentiels, et entrer en contact avec eux, soit parce que leurs missions concernent mes enjeux ou mes finalités, soit parce que leurs missions sont complémentaires des miennes ;
  • Je peux organiser des cartoparties* pour sourcer les richesses ou les enjeux du territoire ;
  • Je peux mieux communiquer sur mes actions et me connecter à des projets structurant pour le territoire. Je peux sortir de mon isolement (relatif) pour agir dans le sens de mes valeurs ;
  • Je peux faciliter l’inclusion de citoyens volontaires dans mes actions grâce aux outils de gestion de projets coopératifs proposés ======

En tant qu’entreprise,

  • Je peux identifier des fournisseurs locaux, ce qui me permet de relocaliser une partie de mes approvisionnements.

Exemple, la restauration collective peut constituer un débouché pour les agriculteurs locaux.

  • Je peux identifier de nouveaux débouchés pour mes produits ou des services.

Exemple : Les agriculteurs du territoire peuvent constituer une source d’approvisionnement pour les acteurs de la restauration collective.

  • Je peux identifier des opportunités de développement à partir de l’identification des enjeux du territoire.

Exemple : L'opportunité de monter une légumerie afin de favoriser un approvisionnement local des acteurs de la restauration collective du territoire.

En tant que collectivité,

  • Je peux mieux identifier les potentiels de synergies avec les acteurs de mon territoire ou avec les communes voisines et envisager de co-développer des infrastructures en commun que je n’aurais pas pu assumer seule.

En tant que territoire,

  • Je peux organiser un voyage apprenant (via les Chemins de la Transition) avec un collectif d’acteurs (publics, privés, citoyens) intéressés, afin de découvrir les dynamiques et les projets inspirants d’un autre territoire ;
  • Je peux favoriser des stratégies de résilience multi-acteurs dans un principe de management coopératif de projets territoriaux et sur un mode de gouvernance contributif et participatif, sans opposer celui-ci au système de démocratie représentative.
Faciliter la coopération

En tant que citoyen,

  • Je bénéficie d’outils de gestion de projets qui me permettent de lancer des initiatives et de fédérer des acteurs sur mon territoire (voir ci-dessous).

En tant qu’association

  • J’ai accès à des outils me permettant de décrire et de mettre en visibilité mon projet : Raison d’être, gouvernance, actualités (fil d’actus), offres et besoins, documentation …
  • Je peux inventorier les tâches nécessaires à sa réalisation, identifier, mobiliser et assigner des contributeurs et suivre leur statut : A faire, prioritaire, en cours, à valider, réalisé …
  • Je peux créer des groupes de travail et identifier des personnes en fonction de leur rôle (référent, facilitateur, contributeur, soutien etc.).

En tant qu’entreprise

  • Je peux proposer mes services, mes compétences et mes ressources pour contribuer à la résolution d’un enjeu sur le territoire, dans la logique du probono.

En tant que collectivité

  • Je peux proposer des discussions et des sondages et des consultations citoyennes afin de “crowdsourcer” les avis et suggestions des parties prenantes de mon territoire et capitaliser ainsi sur l’intelligence collective locale ;
  • Je peux déployer des démarches de sciences participatives (atlas de la biodiversité communale par exemple) pour mixer les publics et permettre à chacun des contributeurs (néophyte, initié ou expert) de se connecter à des “mondes” (scientifiques, grand public, entreprises, élus, monde associatif, etc…), ou des “univers” (ornithologie, botanique, géologie, entomologie, etc…) souvent totalement méconnus.

En tant que territoire,

  • Je peux répliquer toutes les bonnes idées mises en œuvre sur d’autres territoires …
  • Je peux redistribuer mes expériences de gestion de la biodiversité ou mes innovations pédagogiques et mutualiser avec d’autres territoires.
Donner à voir, communiquer, vulgariser

En tant que citoyen,

  • Je peux créer un blog, partager ma veille, identifier des enjeux, relayer des infos, des actus, des projets ;
  • Je peux participer à des démarches ludiques et sensorielles d’inventaires des patrimoines vivants de mon territoire, et me mettre dans un processus où je peux à la fois valoriser mes compétences, monter en compétences et en appétences, dans le cadre de processus de transition personnelle.

En tant qu’association, entreprise, collectivité

  • Je peux porter mes actions, missions, événements, actualités à la connaissance des acteurs du territoire ;
  • Je peux organiser et relayer des événements (potentiellement des visites) au sein de ma structure ou sur mon territoire.
  • Je peux animer – en tant qu’association locale de médiation, ou organiser en tant que collectivité – des Ateliers pédagogiques et des web-documentaires participatifs, via Bio-Scène et ses partenaires, pour “faire connaître la biodiversité” et déployer des stratégies de Sciences participatives locales.

En tant que territoire

  • Je peux inspirer ou m’inspirer d’autres territoires ;
  • Je peux déployer des parcours ludiques – virtuels et “in natura” – permettant de favoriser une appropriation citoyenne des enjeux de mon territoire et de favoriser le passage à l’action (voir - comprendre - agir).
Développer la participation citoyenne

En tant que citoyen,

  • Je peux renseigner mes centres d’intérêts ainsi que ma localisation sur SITI et m’abonner à un fil d’actualité me notifiant des différents événements et autres informations en lien avec mes préoccupations. Le fait de bénéficier d’informations ciblées me permet de m’impliquer sur mes sujets de prédilection ;
  • J’ai accès à l’annuaire des acteurs de la résilience sur le territoire, et je peux affiner ma recherche par type d’acteur, centre d’intérêt, enjeu, finalité, offre, besoin etc., ce qui me permet trouver aisément à qui m’adresser pour m’impliquer sur les enjeux de mon territoire ;
  • Je peux accéder à l’agenda des missions et des chantiers du territoire et planifier mon weekend ou mes temps libres afin de me rendre utile sur le territoire.
  • Je peux ouvrir une discussion autour d’une idée liée à un enjeu identifié, et si elle semble pertinente, proposer de monter un projet ou une mission en associant les acteurs susceptibles de s’y impliquer ;
  • Je peux me former à la gestion de projets coopératifs territoriaux et m’inclure comme partie-prenante et partie-agissante des enjeux de mon territoire ;

Par cette participation, je peux communiquer auprès de mes proches et mon réseau social pour “Faire-Ecole” et devenir ambassadeur de mon territoire, facilitateur du vivant et diplomate de la coopération.

En tant qu’association

  • Je peux organiser des chantiers participatifs autour des enjeux que j’ai identifiés sur le territoire.

En tant qu’entreprise,

  • Je peux m’impliquer aux côtés d’autres acteurs du territoire sur la résolution d’enjeux de résilience territoriale.

En tant que collectivité,

  • Je peux lancer des chantiers participatifs ou bien m’associer à des chantiers lancés par d’autres acteurs du territoire ;
  • Je peux soutenir des stratégies de “communication en réseau” pour ne plus centraliser les informations mais servir de tier-facilitateur à leur diffusion - appropriation par le plus grand nombre.

En tant que territoire

  • Je peux expérimenter des modèles de démocratie contributive, en complément d’espaces représentatifs, pour élargir les champs de la participation citoyenne dans un principe de gouvernance partagée.

Qui et avec qui ?

Les acteurs parties prenantes de SITI ont souhaité se regrouper pour répondre ensemble (plutôt que séparément) à l’appel à commun de façon à permettre une affectation optimisée des financements, à renforcer la puissance d’action collective et à raccourcir le temps de développement des projets de résilience face à l’urgence.

La même logique de fusion des efforts guidera les démarches de prise de contact du groupement avec les autres acteurs proposant une réponse à l’appel à commun.

Le consortium est composé d’acteurs disposant d’une diversité d’expertises en lien avec la résilience et la transition territoriales :

  • Management de projets de coopération multi-acteurs (territoriaux et numériques) ;
  • Développement de solutions logicielles ouvertes et interopérables ;
  • Gestion des risques, soutenabilité territoriale et pédagogies actives.


L'écosystème SITI

SITI est un archipel composé d’une multiplicité d’acteurs et de solutions logicielles

Explorez l’archipel SITI => Visualisez le graphe !

Les premiers acteurs impliqués ou approchés (non exhaustif)

  • ANCT - Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (partenaire institutionnel)
  • Archipels en symbiose (stratégie - économie coopérative)
  • Archipel Kyosei (partenaire technique)
  • Assemblée Virtuelle (coordinateur)
  • Solvere (Bioscene) (partenaire métier)
  • Ceebios (partenaire stratégie)
  • Colibris (partenaire stratégie)
  • Coliving El Capitan (partenaire local)
  • Communecter (partenaire technique et métier)
  • Coop des Territoires (partenaire local)
  • Crisalim (partenaire technique)
  • Data Food Consortium & Open Food France (partenaire technique et métier)
  • Famille rurale Briouze (partenaire local)
  • Framasoft (partenaire technique)
  • GIECO - Giec du Comportement (partenaire scientifique)
  • Groupes Colibris Compiégnois & Pays Creillois (partenaire local)
  • Les Chemins de la Transition (partenaire métier)
  • Les Localos (partenaire stratégie)
  • Let'sCo (partenaire technique et métier)
  • PETR Pays du Bocage (collectivité)
  • Startin’Blox (Partenaire technique)
  • Territoire en Commun (partenaire local)
  • Territorio (partenaire technique)
  • Tiers-Lieu - La soupe aux cailloux (partenaire local)
  • Transiscope (partenaire technique et métier)
  • Yusage & Co (partenaire stratégie)

Les premières solutions logicielles mobilisables

  • Bio-Scène : Propose des parcours de trans-formations à travers une expérience immersive et contributive au sein des territoires, ayant pour moyens une approche transmedia et des modèles pédagogiques construits par la contribution et la participation de multiples acteurs territoriaux (sciences participatives et mobilisation citoyenne).
  • Communecter : Plateforme permettant de déployer des réseaux sociaux locaux.
  • Flodio / IPGS / GREZI : Outils de représentation en graphes et capsules visuelles et interactives pour aider à s’approprier les enjeux de résilience des territoires.
  • Lets’Co : Propose de fournir aux organisations et aux territoires des solutions leur permettant de faire agir leur communauté d'habitants, de donateurs ou de bénévoles !
  • Les Chemins de la Transition : Propose des parcours de formation autour des enjeux et des métiers de la transition.
  • Login.lescommuns.org & France Connect : Service d’identification et d’authentification.
  • Mobilizon : Plateforme de partage d'événements et de mobilisation citoyenne.
  • Movilab : Base de connaissance collaborative autour des Tiers-Lieux
  • Open Food Network : Propose une place de marché open-source et décentralisée à destination des consommateurs et producteurs des circuits-courts alimentaires.
  • Peertube : Plateforme de streaming vidéo et de live streaming analogue à Youtube.
  • Semantic Media Wiki & Wikidata : Systèmes de gestion de données sémantiques
  • SemApps / Archipel / Par le peuple : Logiciel et interfaces métiers conçues pour éditer / modifier / parcourir aisément des bases de connaissances communautaires, et déployer des systèmes d'information distribués
  • Sparnatural : Un moteur de recherche sémantique permettant de faire des requêtes complexes de manière simple.
  • Startin’Blox & Hubl : Bibliothèque de composants fonctionnels interconnectables respectant les standards du web sémantique pour déployer des systèmes d'information distribués
  • Transiscope : Cartographie des initiatives de la transition, agrégeant plus de 30 sources de données et environ 30.000 initiatives à l’échelle nationale.

=> Ce qu’ils apportent à SITI : Les fonctionnalités listées plus haut.

=> Pourquoi SITI leur est utile: ces logiciels libres et ces environnements pédagogiques ont été développés dans le but d’être utilisés au service des communs et de la transition, par un maximum d’utilisateurs. SITI permettra le passage à l’échelle de leur utilisation et des synergies techniques coopératives renforcées grâce à l’interopérabilité.

=> Ce que les éditeurs logiciels apportent aux communautés d’utilisateurs : Des données, des capacités d’acquisition de données et de nombreuses fonctionnalités pour éclairer et résoudre les enjeux de résilience des territoires.

=> Pourquoi les communautés d’utilisateurs de SITI leurs sont utiles : donner de la visibilité/attirer des utilisateurs sur les plateformes individuelles, attirer les flux financiers pour développer de nouvelles fonctionnalités, et pour celles les plus à la pointe sur le développement de l’économie redistributive, régénérative et coopérative, participer concrètement au changement de modèle.

=> Facteur de succès : une mise en interopérabilité légère, facile, garantie par le conglomérat et l’absence d’investissement supplémentaire à la mise en lien des plateformes.

Où ?

Territoirres d'expérimentation

Sur Compiègne et dans le Pays du Bocage.

Comment ?

Sur le plan technique

Cas des solutions logicielles ouvertes et interopérables au cœur de SITI
Le socle de SITI

“Les systèmes d’information territoriaux déployés dans la cadre de SITI peuvent être appréhendés à la manière d’un jeu de légos : nous poserons une (même) plaque verte* sur chaque territoire. Sur chaque territoire, différents producteurs de solutions logicielles ouvertes et interopérables* seront invités à y positionner des légos (leurs solutions logicielles) et à les interconnecter entre eux.”

La plaque verte de SITI est un socle d’interopérabilité. Ce socle est immatériel. Il est constitué de protocoles et de standards jouant le rôle des connecteurs (mâle et femelle) que l’on trouve sur les plaques vertes* et les légos.

Ces protocoles et ces standards vont permettre à chacune des parties prenantes et leurs données de se plugger/brancher sur le socle de Siti et mais aussi de s’interconnecter pour dialoguer ensemble, en assurant “l'interopérabilité” des différentes pièces du système.

Ces protocoles et ces standards ont pour noms de code : Web sémantique*, SOcial LInked Data (SOLID)*, ActivityPub*, OpenStreetMap*, Ontologie PAIR*.

Ils permettent :

  • Le formatage des données au standard RDF et au standard OSM ;[CL11]
  • L’usage de vocabulaires communs (également appelés ontologies) ;
  • Le partage de données et de notifications par le biais d’API normalisées ;
  • L’identification, l’authentification et les contrôles d’accès.

Ils sont définis pour la plupart d’entre eux par le World Wide Web consortium (W3C) et l’Internet Engineering Task Force (IETF).

La plaque verte est l’élément qui tient tous les autres ensemble et rend possible le développement d’écosystèmes logiciels, lesquels ont vocation à rendre possible le développement d’écosystèmes humains. Sans elle, pas de rencontres entre les différents éléments et acteurs du jeu de légo.

Cas des systèmes d’information non-interopérables

De très nombreuses données utiles aux démarches de résilience territoriale sont hébergées sur des systèmes d’information non-interopérables.

Dans le cadre du projet SITI, nous mettrons à disposition un “intergiciel” (le bus sémantique) permettant de traduire les données issues de systèmes d’informations sources dans le langage de SITI (le système d’information cible). L’outil préconisé (le même que pour le projet Transiscope) a l’énorme avantage d’être manipulable par des non-techniciens.

Deux formations ouvertes à une quinzaine de personnes chacune, permettront à la communauté de SITI d’interopérer (de façon autonome) de nombreuses sources de données pour les rendre disponibles sur SITI.

Exemples de sources de données susceptibles d’être agrégées sur les SIT

Plateformes des acteurs des territoires d’expérimentation.

  • Collectivités
  • Associations
  • Entreprises
  • Blogs de particuliers

Plateformes institutionnelles clé :

=> Ce qu’ils apportent à SITI : des données déjà consolidées, issues de différents projets et acteurs pour la résilience et la transition.

=> Pourquoi SITI leur est utile : pour s’interconnecter avec d’autres producteurs de données dans le but de développer des projets et services à impact ; enrichir la prise de décision et le développement de projets de résilience et de transition à partir de données actualisées, diverses, directement sourcées sur les territoires.

=> Facteur de succès : une mise en interopérabilité facile et légère, une appropriation du fonctionnement de SITI, un accompagnement pas à pas, un argumentaire pour expliciter la différence entre données publiques et interopérabilité des bases de données publiques.

Sur le plan socio-organisationnel

Dans le cadre de ce projet, nous avons choisi d'appliquer les méthodes agiles. Contrairement aux méthodes formelles traditionnelles, les méthodes agiles sont davantage un système de valeurs qu'une prescription rigoureuse quant à l'enchaînement d'activités et de livrables intermédiaires.

Ce système de valeurs a été formalisé en 2001 sous la forme du Manifeste Agile et s’articule autour de quatre valeurs fondamentales :

  • Les individus et les interactions plutôt que les processus et les outils,
  • Un logiciel qui fonctionne plutôt qu’une documentation exhaustive,
  • La collaboration entre les parties plutôt que la négociation contractuelle,
  • Répondre au changement plutôt que suivre un plan.

Il s‘agit dans cette perspective de mettre en place une « organisation apprenante » (Schöpfel et al. 2017 11 ), autorisant des adaptations dans la conduite du projet, lequel fonctionne comme un Fab Lab permanent. Ce système s’avère particulièrement bien adapté aux nouveaux projets en innovation numérique associant de fait des compétences métiers diverses, entre recherche, développement informatique, gestion et éditorialisation de corpus, édition.

Le but de cette organisation est donc de permettre pour chaque étape de développement de délivrer des versions successives de leurs livrables au fil de l’eau. Nous évitons ainsi les effets tunnels en garantissant une certaine agilité, afin d’être certains d’avoir des livrables les plus en phase avec la réalité technique, la réalité des données et les attentes des utilisateurs.

Valeur ajoutée et complexité

Les solutions logicielles constitutives du projet SITI constituent dans cette perspective un champ de possibles, qu’il s’agira de mobiliser au regard de 2 variables principales :

  • La valeur ajoutée au regard des besoins exprimés par les communautés d’utilisateurs ;
  • La complexité des demandes techniques et l’importance de leurs coûts.

Sur le plan des usages

Accès aux SIT De la même manière que l’on peut entrer sur le web à partir d’une multiplicité de “portes” (un fil d’actualités sur notre réseau social préféré, un moteur de recherche, un portail, un site ...), l’accès aux SIT pourra se faire à partir d’une diversité de portes d’entrée, qui seront à définir avec les communautés d’utilisateurs dans le cadre de la démarche de co-construction et de design des SIT.

Nous pouvons imaginer plusieurs possibilités complémentaires les unes des autres :

Authentification et accès aux données Comme sur le web, de nombreuses données (ouvertes) seront accessibles sans nécessité de s’authentifier. Comme sur les réseaux sociaux, il sera possible de restreindre l’accès aux données (en lecture et/ou en écriture) afin de les partager avec nos seuls amis ou contributeurs de confiance, par exemple.

Quand ?

Itinéraire de déploiement de SITI

La phase d’expérimentation et de déploiement des premières briques du projet sur les 2 territoires d’expérimentation porte sur 12 mois. Il se développera ensuite dans l’espace (nouveau territoires) et dans le temps.

En résumé

Valeurs et philisophie du projet

Manifeste

Facteurs clés de succès

  • Une culture de la coopération inter-organisations éprouvée ;
  • Des méthodologies appropriées ;
  • Une diversité de compétences rassemblées pour la réussite du projet ;
  • Des liens préétablis dans les territoires d’expérimentations laissant envisager un déploiement rapide sur 12 mois et la légitimité de facto de SITI en local ;
  • Une connaissance de la psychologie du changement et une expérience de la pédagogie autour des communs numériques, qui sera partagée pour acculturer les organisations partenaires ;
  • Une expérience de l’argumentation de projets auprès de différentes “audiences” de financeurs et d’utilisateurs ;
  • Une capacité à médiatiser les initiatives territoriales pour élargir ces “audiences” en mêlant qualitatif et quantitatif.

Valeur ajoutée de SITI

Valeur ajoutée de SITI

Récit prospectif

2023, interview par Yusage & Co de Yohann, 56 ans, agriculteur pour une agriculture du vivant dans le Pays du Bocage, contributeur et utilisateur de SITI depuis 2 ans

Comment tout à commencé ?

Eh bien on est en 2021 et j’entends parler, par l’association de la résilience alimentaire et des circuits courts du Pays du Bocage avec laquelle je collabore régulièrement, d’un réseau pour la résilience alimentaire qui se développe. Géraldine, la présidente de l’asso essayait de recruter des premiers contributeurs-utilisateurs de ce réseau.

Au début, je ne savais pas trop à quoi cela pourrait me servir mais je savais que j’avais pas mal de besoins en lien avec ce sujet de la “résilience” quoi que l’on mette derrière. L’activité pour nous les agriculteurs est de plus en plus incertaine avec l’augmentation des périodes de sécheresse, de canicule, d’inondations. On n’y comprend plus rien à ce climat ! La nature est complètement déréglée, l’an dernier j’ai des collègues agri qui ont commencé le fauchage en juillet. On a aussi des nouveaux insectes qui arrivent là, je rentre pas dans le détail mais avec ces températures qui augmentent, on a de plus en plus de ces bestioles et les cultures souffrent. Et encore, ça, c’est une partie du problème, mais ce qui nous inquiète beaucoup c’est l’accès à l’eau.

Moi je me suis rapprochée de l’Agence de l’Eau et des exploitants les plus proches autour de chez moi pour essayer de voir comment on pouvait avoir plus d’informations et agir ensemble. Et au moment où je parlais de ce projet à Géraldine, elle m’a proposé de rejoindre la dynamique SITI du Pays du Bocage et d’utiliser les blogs, les applications et tout l’éventail de services numériques ce qu’ils offrent pour donner de la visibilité à cette initiative-là. J’ai dit ok et le gars qui gère ça en local m’a ouvert une page pour qu’on puisse avec les autres exploitants poster des images, faire apparaître nos prochains rdv d’asso, renseigner un peu les relevés et les observations qu’on fait sur nos exploitations. Et c’était super facile à utiliser, je suis loin d’être un geek et c’est ultra simple, on a reçu un accès par mail et hop, on peut contribuer à la page. Voyez là j’ai fait un relevé d’humidité du sol ce matin, je peux le renseigner là, et je vois celui des autres membres de l’asso. C’est joli en plus non ? donc en résumé, on a rien eu à payer, c’était encore plus facile qu’un wordpress ou un wix standard qui correspond pas du tout à ce qu’on voulait faire et puis pour lesquels il faut payer, et ça rend hyper bien ce qui n’est pas négligeable, on a eu des retours d’adhérents qui ont avoué que ça les avait motivé à s'engager, ça fait sérieux vous comprenez.

Et cette page-là du coup elle est accessible par tous les gens du territoire qui voient bien qu’on est dans l’incertitude et qu’il faut s’organiser pour trouver des solutions. Paraît que nos données elles ont servi à un rapport sur le changement climatique sur notre territoire, ACLIMATERRA il s’appelle et c’est fait par des experts du changemetn climatique. C’est super intéressant et nous, via SITI, on pu avoir accès au rapport et le poster sur notre page, on était fiers. Du coup ça fait une espèce de boucle d’information et de recherche intéressante. Puis quand il a fallu financer le projet de réservoir de stockage d’eau partagé avec les autres exploitations autour, les investisseurs étaient super rassurés d’avoir toutes nos infos au même endroit. Via SITI ils ont eu accès aux autres initiatives du territoire mais pas que pour la résilience alimentaire et climatique, je sais par exemple qu’ils ont découvert les démarches d’un groupe de psy qui travaille sur l’éco-anxiété des enfants dans le coin et que ça les intéressait d’investir là-dedans aussi dans le cadre d’un autre groupe de travail international qui s’appelle GIECO .

Ben si vous tapez siti.paysdubocage.fr, c’est simple, vous allez voir la carte de toutes les initiatives, normalement elles sont taguées par type de projet (est-ce que c’est de l’agri, des infrastructures de transport ou que sais-je). Bon là c’est la carte des projets mais vous pouvez aussi rentrer dans la bibliothèque de connaissances collectées sur le terrain ou sur d’autres sites, c’est une espèce de wiki du bocage si vous voulez, on trouve des infos sur les espèces du territoire, sur les gens qui travaillent sur les questions climatiques et les projets de transition, enfin plein de trucs. Il y a un annuaire aussi et moi je connaissais pas particulièrement les sites où je pouvais me renseigner sur les prévisions climat; les prévisions météo oui, mais sur le climat j’ai pu un peu comprendre vers où on va en local, et notamment via ce centre de recherche-là qui fait parti de SITI et met ses données à dispo. Ben du coup je les ai contactés et depuis la directrice de recherche m’a proposé une expérimentation sur mon exploitation, voir si on peut faire un peu de stockage carbone comme ça s’est développé du côté de Dijon. Moi ça m’intéresse pas mal pour dégager des revenus complémentaires et puis valoriser l’exploitation en vue de la revente si vous voulez. Donc en tout cas, on peut trouver des infos, des gens, on peut faire des espèces de jeux aussi pour se balader autour de chez soi et comprendre tout ce qu’il y a comme projets ou comme faune, flore, c’est marrant. On a regardé ça l’autre jour avec ma petite fille et après on est parti en balade voir ça en vrai.

Et moi qui connais bien le territoire depuis 40 ans que je bosse ici, je peux vous dire que ça représente bien tout ce qu’on fait dans le coin, d’ailleurs j’en reviens toujours pas. En fait ils m’ont expliqué comment ils ont fait techniquement, ils ont fait en sorte que les asso ou les entreprises qui existaient puissent s’échanger des infos et des documents, des vidéos etc…facilement, histoire de diffuser. Il y en avait qui échangeaient déjà pas seulement en local parce qu’on m’a expliqué que certains réseaux pour la transition étaient déjà capable d’échanger de l’info. Mais c’était pas le cas avec les institutionnels ou les collectivités par exemple, même s’ils ont des sites et des dossiers, des rapports etc… Mais en plus tout le monde a pas un site comme ça, typiquement une petite asso naissante comme la nôtre on avait rien du tout en terme de site, on aurait probablement fait des échanges de mails ou une page un peu générale sur un réseau comme facebook. Mais c’est pas trop adapté aux infos qu’on veut partager, genre pas mal de cartes, des chiffres....

Et comme c’est un truc collectif, on peut utiliser ça gratuitement. Mais vraiment gratuitement, mon fils m’a fait un profil facebook il y a 4 ans sauf que je me coltinais des pubs pour du Round Up tous les quatre matins. Et moi qui exploite en agriculture raisonnée depuis des décennies, vous imaginez ma tête ? j’ai dis ça suffit, j’ai pas vocation à alimenter ça. SITI les règles du jeu sont claires, on sait ce qu’on met en commun et on sait que tout le monde peut consulter la page mais il y en a pas qui se font du beurre sur notre dos.

En plus, le fait de partager des choses en ligne comme ça dans SITI, ça peut nous faire découvrir d’autres acteurs et après on se voit en vrai via Emmanuel, le facilitateur qui organise des événements. On l’a rencontré lors de la première grand messe de SITI sur le territoire, j’appelle ça comme ça parce qu’ils avaient réussi à rassembler un nombre de gens, c’est bien simple tout le monde était là : l’interco, les services décentralisés de l’état, les assos qui sont super actives sur le territoire, il y avait aussi des gens qui ne connaissent pas encore le sujet mais qui étaient rassurés de voir que ça bouge et qu’ils peuvent s’impliquer ici ou là, ça faisait comme un grand forum. Mais on a bossé hein, c’était bien organisé, on a pu dire de quoi on a vraiment besoin, en termes d’informations surtout, et puis ce qu’on devrait faire collectivement pour continuer à travailler dans des conditions correctes, ce qu’on remarque comme dégradation de la qualité de vie en local etc..puis partager nos idées de projet pour qu’on puisse faire face à tous ces changements, et ça il y en avait. Souvent ces idées-là elles existaient déjà chez les uns et les autres mais elles étaient pas partagées, cet événement là il a permis de les mettre en commun mais aussi de voir qu’il y avait des acteurs, mettons une entreprise et une asso, qui avaient abordé le problème de deux angles différents mais complémentaires. Comme ça on gagne du temps en plus et puis on peut aller chercher des financements ensemble au lieu de faire des projets coups d’épée dans l’eau et goutte d’eau dans l’océan on fait des projets océan. Et après, ceux qui avaient déjà des plateformes ou des website, ou je sais pas quoi ils ont pu se connecter au réseau pour donner accès aux autres membres du réseau, aux données qu’il veulent partager et ceux comme nous qui en avait pas ils ont créé une page.

Ça parait simple dit comme ça mais en fait il parait que pour arriver à ça il faut que les infos elles soient plus ou moins codées d’une certaine façon et ça c’est ce que les gens de SITI font, ils font les formatages qui permettent aux données d’être échangées alors qu’elles viennent de différents endroits en différentes langues informatiques. En vrai c’est un peu des traducteurs ces gens-là. Et des sacrés traducteurs parce qu’ils ont pas seulement permis aux gens de collaborer ici, il paraît que des SITI il y en a dans pleins d’endroits différents : autour de Compiègne, autour de Lyon etc… ma fille vit à Lyon et elle voulait acheter une maison mais elle était en zone nouvellement inondable, chaque année dans ces coins là les habitants galèrent, ils ont des sinistres tous les ans maintenant – et puis attention hein, c’est de moins en moins remboursé parce qu’évidemment les assurances elles sont un peu paniquées face à tous ces sinistres nouveaux, les régimes évoluent etc... Du coup j’ai dit à ma fille de se connecter au portail du SITI global là où vous pouvez voir tous les réseaux décentralisés et trouver celui dans votre coin. Et elle a trouvé son info en fait, elle a pu accéder à une info un peu facile qui vient du DICRIM mais qui était vulgarisée par un membre de SITI - là on pouvait visualiser ça facilement même sans avoir un doctorat !

Donc SITI c’est un sacré réseau, d’autant qu’il continue à grandir et qu’évidemment, comme tout commun, plus il y a en commun plus le réseau est utile et utilisé, ça fait une boucle positive. On l’a vu en local, on trouve de plus en plus d’infos et on commence à avoir un peu de retour sur des projets qui ont commencé l’année dernière ici sur le Pays du Bocage. Avec l’été qui vient là et les sécheresses qu’on nous annonce, SITI va pas être de trop pour s’organiser et limiter la casse. Et au-delà de ça, ça nous redonne un moyen d’agir et ici on est super fier d’avoir été le territoire pilote, il y a des délégations entières qui viennent nous visiter depuis, même des gens des ministères et des gens d’autres pays.

Bientôt, c’est nous qu’iront voir en balade virtuelle comment ils gèrent cette question de l’eau sur des territoires à l’étranger déjà bien plus vulnérables et impactés que nous.

C’est la magie des réseaux sociaux au service de notre planète à tous !

Organisations utilisatrice ou intéressée par utiliser la ressource : Archipels en Symbiose, Assemblée Virtuelle, CECSY, ChezNous Mareuil, Crisalim, EcoRhizo, Fabrique des transitions de Lyon et ses régions, Flodio, Les Chemins de la Transition, Les Localos, Let'sCo, On Passe à l'Acte Ecosystème, Solucracy, Transiscope, Universite Colibris, Yusage & Co

Contributeurs : Adriens, Fluidlog, Gabri, Guillaume av, Pmacquet

Défi auquel répond la ressource : 1- Connaissances - Ressources

Autre commun proche : Bio-Scène - Réseau coopératif, CRISALIM, Communecter, Dodos - Pays de Fayence, FLODIO, GREZI, IPGS, Movilab.org, Méthode Solucracy, OSCARTES, OSM Data, Open Data ADEME, Open Data Gouv, Open Data for Resilience Initiative OpenDRI, Riposte Créative Territoriale, SemApps

Richesse recherchée : Cas d'usages, Financement, Conseil Expertise, Expérimentation, Contributeur - Communauté

Compétences recherchée : Facteurs de résilience/Gouvernance, Facteurs de résilience/Infrastructure, Anticipation/Veille, Anticipation/Indicateur, Anticipation/Prospective, Regénération/Innovation

Communauté d'intérêt : Filières en Communs, Les Jardinier·e·s du Nous, Riposte alimentaire

Type de licence ? Creative Commons, GNU Affero General Public License, ODC Open Database License (ODbL)

Niveau de développement : Présérie

Cloud / Fichiers : https://docs.google.com/document/d/1EcTATWoPAYYkFlsQzcjCo-cG1__gB9w0bNBaCDlFYQs/edit?usp=sharing

LogoSITI.png

Tags : systèmes d'information, Transition, Base de données, Démocratie Contributive, Economie régénérative, Recherche-Actions-Contributives

Catégories : Logiciel, Données, Connaissance

Thème : Général, Vulnérabilités, Facteurs de résilience, Facteurs de résilience/Gouvernance, Facteurs de résilience/Culture, Facteurs de résilience/Economie, Facteurs de résilience/Infrastructure, Facteurs de résilience/Instruments, Facteurs de résilience/Urbanisme, Facteurs de résilience/Agriculture, Gestion de crise, Regénération, Regénération/Reconstruction, Regénération/Innovation

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Référent ADEME : Gabriel.plassat, SimonSarazin

Référent du commun : Guillaume av


Les 5 parties ci dessous sont à remplir obligatoirement pour analyser le commun et vous conseiller

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Montant Aide souhaitée (en Euro) à l'Appel à Communs Résilience : 100000

1.Détails du Financement :

  • ⅓ pour le déploiement, l’adaptation et la maintenance sur un an des différents outils numériques : Il s’agira d’offres partenariales en direction des différents producteurs. Elles prendront la forme de prestations.
  • ⅓ pour la mise en interopérabilité des services numériques entre eux via le recrutement d’un coordinateur à temps partiel et la sollicitation de plusieurs prestations auprès d’experts métiers.
  • ⅓ pour la mise en place de l’animation territoriale, de la gouvernance partagée et le recrutement notamment de 2 facilitateurs territoriaux. Un quart de leur temps sera dédié à la coordination globale du projet en lien avec le référent stratégique et les différente instances de la Gouvernance de SITI.

Un budget détaillé est réalisé et sera accessible en ligne après échange imminent avec notre référent ADEME.

Les cofinancements seront mobilisés auprès d’acteurs institutionnels et d’acteurs publics, privés et citoyens des territoires concernés, via la plateforme Open Collective notamment.

2.Détails Résilience et Territoire :

Objectifs du projet

  • Documenter, cartographier de manière coopérative, à travers une approche vivante et incarnée, les points d’intérêts du territoire, les dynamiques à l'œuvre, les enjeux, les potentiels et les besoins des parties prenantes auxquels l'implémentation de SITI pourrait répondre. Il s’agira dans cette perspective de démocratiser les notions de chantiers numériques participatifs ou de contribution participative aux communs de la connaissance.
  • Favoriser le développement de liaisons, articulations, solidarités, implications, imbrications, interdépendances entre projets, acteurs, idées et ressources au sein de chaque territoire et entre les territoires.
  • Faciliter la coopération entre acteurs, l’amorçage, la structuration et la mise en oeuvre de leurs projets par la création d’environnements “stigmergiques”.
  • Donner à voir, communiquer, vulgariser, médiatiser pour rendre la transition attractive, désirable et appropriable par le plus grand nombre et embarquer un maximum d’acteurs à l’échelon local, dans une logique d’encapacitation des acteurs publics, privés et citoyens des territoires.
  • Développer la participation citoyenne à la résilience territoriale, en valorisant les initiatives et les contributions locales en tant que communs territoriaux.


Territoires d'expérimentation

  • Pays du Bocage, Orne, Normandie : Une dizaine d’organisations pressenties pour être partenaires, une dizaine de contributeurs au projet présents sur le territoire, plus de 500 acteurs publics, privés, citoyens rencontrés, une dizaine de projets de résilience territoriale en cours de développement dont plusieurs projets numériques basés sur SemApps. Plusieurs partenariats sont engagés avec les collectivités territoriales.
  • Compiègne, Oise, Hauts de France : Une dizaine d’organisations pressenties pour être partenaires. Plusieurs contributeurs au projet présents sur le territoire investis depuis nombreuses années au sein de collectifs locaux et de projets de résilience territoriale. Compiègne a par ailleurs la chance de se voir habitée par des acteurs importants du projet. Des échanges sont en cours avec les institutionnels, élus et agents territoriaux de la Communauté des Communes du Pays de Valois.


Lien avec le défi Connaissances Ressources

Le consortium réunit de nombreux producteurs de logiciels libres et interopérables au service de la transition.

Le premier volet du projet de SITI consiste à doter les territoires d’expérimentation d’outils novateurs permettant de “répertorier, rendre accessibles à tous et manipulables (par des personnes et des machines) des ressources avec des licences ouvertes”.

SITI permettra notamment de répertorier, relier et mettre en visibilité les “connaissances, formations, expérimentations, initiatives, compétences”. Ceci de manière coopérative afin que “tous les types d'acteurs [puissent] utiliser et produire ces ressources”. Via des outils rendus “interopérables” par l’utilisation de “standards et de protocoles ouverts” afin de permettre le développement d’archipels de plateformes et de communautés en symbiose.

Un outil numérique n’ayant d’intérêt qu’à travers les usages qu’il rend possible et les besoins auxquels il répond.

Le second volet de SITI consistera donc en un accompagnement des acteurs des territoires dans l’exploration de ses potentialités :

Il s’agira par exemple :

  • De favoriser le développement de pratiques de documentation coopératives via des supports multimédia ;
  • De cartographier les projets, acteurs, idées et richesses du territoire ;
  • De faciliter l’appropriation de ces bases de connaissances coopératives via un travail sur l’expérience utilisateur de ces bases de connaissances (accessibilité, qualité, gamification) ;
  • D’accompagner le développement d’usages concrets autour des SIT : Balades immersives à la découverte des richesses du territoire, en présentiel ou en virtuel ; Accompagnement et support à la mise en œuvre d’ateliers pédagogiques, de chantiers participatifs, de processus multi-acteurs, de parcours d’apprentissage et de formation.


Impact du commun sur la résilience

SITI se situe dans une perspective d'encapacitation (empowerment) et de mise en réseau des acteurs de la résilience territoriale, par la mise à disposition d'outils numériques aux usages novateurs (permettant par exemple d'apprivoiser la complexité de façon ludique et sensorielle). Dotés de nombreuses fonctionnalités, ils seront par ailleurs interopérables entre eux afin de favoriser la création d'archipels de plateformes et de communautés, autonomes et reliées.

Ce faisant, SITI propose de contribuer à la mise en lumière des enjeux, et à l’activation des potentiels et opportunités présents ou latents sur le territoire. Ainsi qu’à la mise en systèmes des dynamiques de transition sur les territoires et entre les territoires.

En d'autres termes, l'enjeu est d'amorcer le développement d'un.e base de connaissance / plateforme contributive / réseau social, à la fois décentralisé.e / local.e et fédéré.e / global.e, pour relever les défis de la transition (donc multi et transcalaire). En relocalisant les systèmes d'information, leur hébergement et leur développement, nous donnons en outre la possibilité aux acteurs territoriaux de se réapproprier la maîtrise de leurs données et de leurs outils, avec la possibilité de guider le développement de ces derniers au regard des problématiques spécifiques à leur contexte.

Nota Bene Le sujet du hardware n’est pas pris en compte dans le cadre de cette réponse. Néanmoins nous pouvons imaginer que la création de systèmes d’information territoriaux sera de nature à créer des effets d’opportunité pour les territoires concernés, lesquels pourraient songer à se réapproprier physiquement l'hébergement des services et des données, via le déploiement de datacenters mutualisés au niveau local. En relocalisant l’hébergement des services et des données à proximité de leurs producteurs / consommateurs, ces datacenters locaux pourraient contribuer à une meilleure efficience énergétique des infrastructures numériques. Celles-ci pourraient en outre être alimentées par des sources d’énergies renouvelables produites localement. Les SIT pourraient ainsi contribuer à générer de nouvelles richesses sur les territoires, basées sur le développement d’économies circulaires de la donnée.

3.Détails Impacts environnementaux :

Au sens étymologique, l'in(-)formation est ce qui donne une forme à l'esprit. Que celle-ci change et ce sont nos imaginaires, nos raisonnements, nos comportements qui s’en trouvent modifiés.

Au sens physique et biologique, elle constitue le principe organisateur de la complexité. L’information est le moyen par lequel les organismes se structurent. C’est également à travers elle, que nous pouvons envisager de faire évoluer nos modes de production, nos infrastructures, nos réseaux, nos organisations.

Sur le plan mathématique, l'équation par laquelle Claude Shannon définit l'information est la même, en sens inverse, que celle de Boltzmann-Gibbs définissant l'entropie, réalité à ce point surprenante qu’elle fera dire à Michel Serres : « Que l'entropie soit liée à l'information est la plus grande découverte de l'histoire, en théorie de la connaissance et en théorie de la matière.»

L’hypothèse est donc la suivante : Si l’entropie est notre problème, l’information est la solution. C’est en in-formant différemment la diversité de nos systèmes (cognitifs, techniques, culturels, politiques, productifs, économiques ...) que nous parviendrons à les trans-former.

4.Synthèse du projet de Commun :

Expérience du porteur de Commun dans le domaine

L'Assemblée Virtuelle porte ce commun. Investie depuis 10 ans autour de ces sujets, elle co-produit des projets en Commun tels que Transiscope, Data Food Consortium, Les Chemins de la Transition, SemApps ...


Informations liées au Commun et au problème identifié

Les systèmes d'informations numériques peuvent-il accompagner la nécessaire transformation de nos modes de vie, d’organisation, de production, d’échange et de consommation ? Comment les mobiliser au mieux afin d’accompagner les acteurs publics, privés et citoyens dans la mise en œuvre de stratégies de résilience à l’échelle des territoires ?

Wikipedia définit les systèmes d'information (SI) comme des “ensembles organisés de ressources qui permettent de collecter, stocker, traiter et distribuer de l'information [...]. Il s'agit de systèmes socio-techniques composés de deux sous-systèmes, l'un social et l'autre technique. Le sous-système social est composé de la structure organisationnelle et des personnes liées au SI. Le sous-système technique est composé des technologies (hardware, software et équipements de télécommunication) et des processus d'affaires concernés par le SI”.

Sur chacun des territoires d’expérimentation, SITI vise le développement de systèmes d’information :

  • dont la structure technique reposera notamment sur les protocoles et standards ouverts du web sémantique afin d'assurer l'interopérabilité des solutions déployées ;
  • dont la structure organisationnelle sera guidée par les principes, méthodologies et processus qui régissent les (biens) communs.


Description des actions, livrables et planning associé en proposant des points de passage (communauté/commun à tel niveau d'ici 3, 6, 9, 12 mois)

1- A 3 mois

  • - Recrutement de l’équipe projet.
  • - Organisation de rencontres avec les acteurs publics, privés et citoyens de chaque territoire d’expérimentation afin de leur présenter le projet et de leur proposer de rejoindre la dynamique.
  • - Analyse contextuelle des attentes et besoins de parties prenantes locales, des ressources et faiblesse du territoire d'expérimentation.
  • - Co-construction avec les parties prenantes de la gouvernance de chacun des SITI et du projet dans sa globalité.
  • - Co-construction de la feuille de route stratégique sur les 12 premiers mois (SITI ayant vocation à perdurer à l’issue du financement). Mise en place d'un Cahier de Conception Détaillée (CCD) pour engager la première phase de développement technique.
  • - Esquisse d’une vision prospective et stratégique à l’horizon 2025.
  • - Recherche de cofinancements nécessaires pour la première année et de nouveaux partenaires
  • - Mise en place de la "plaque verte" et des différentes solutions et plateformes logicielles qui constitueront l’environnement technique SITI.
  • - Accueil des premiers utilisateurs des SIT.
  • - V0 de la refonte de Bio-scène.

2- A 6 mois

  • Mise en interopérabilité de tout ou partie des outils numériques.
  • Acquisition de données en provenance de sources externes (issues principalement des acteurs des territoires, de la galaxie Open Data et des partenaires).
  • Organisation d’événements sur les territoires d'expérimentation afin de faire connaître SITI.
  • Intégration de nouvelles fonctionnalités sur les outils numériques :
  - V1 de la refonte de Bio-Scène.
  - Planification stratégique à moyen et long-terme.
  - Recherche de financements pour assurer la pérennité du projet.
  • Bilan intermédiaire du projet.

3- A 9 mois

  • Achèvement (si ce n’est déjà fait) de la mise en interopérabilité des outils numériques.
  • Acquisition de données en provenance de sources externes (issues principalement des acteurs des territoires, de la galaxie Open Data et des partenaires).
  • Organisation d’événements sur les territoires d'expérimentation afin de faire connaître SITI.
  • Intégration de nouvelles fonctionnalités sur les outils numériques.
  • V1 de la refonte de Bio-Scène, transfert des données existantes dans Bio-Scène et reconstitutions des différents contenus dans SITI, notamment en phase 1 les 23.500 médias de la collection et les premiers parcours-web interactifs.
  • Bilan intermédiaire du projet. Planification stratégique à moyen et long-terme.
  • Recherche de financements pour assurer la pérennité du projet.
  • Organisation d’événements sur les territoires d'expérimentation afin de faire connaître SITI.

A 12 mois

  • Organisation d’événements sur les territoires d'expérimentation afin de faire connaître SITI.
  • Intégration de nouvelles fonctionnalités sur les outils numériques.
  • Bilan du projet.
  • Mise en place de la suite du projet.
  • Essaimage de SITI sur de nouveaux territoires.


Taille de la communauté de contributeurs et d'utilisateurs impliquée

  • Une vingtaine d’acteurs locaux répartis sur les 2 territoires, une dizaine de producteurs de logiciels libres et interopérables, parmi lesquels Framasoft, Wikimedia Foundation, et OpenStreetMap (discussions en cours).
  • Une vingtaine de contributeurs impliqués sur la mise en œuvre opérationnelle du projet.
  • Plusieurs dizaines de milliers de bénéficiaires attendus.


Estimation du Rapport Coût / Impact du Commun dans le domaine de la résilience

Le budget est conséquent mais en cohérence avec l'ambition du projet. Nous le considérons comme un budget d’amorçage que nous viendrons compléter via des capacités d’autofinancement que nous irons chercher dans le cadre de ce projet et de ses futurs déploiements. Nous livrons ci-dessous quelques éléments permettant de considérer la valeur du projet au regard de son coût :


Un projet construit sur la base de dynamiques enracinées et puissantes

En premier lieu, la logique du conglomérat coopératif (avec toutes les expertises d’usages qui vont nourrir la démarche SITI) constituera un apport substantiel pour assurer les fondations techniques ainsi que le socle culturel, social et organisationnel de SITI, tout en consolidant dès le départ du projet un modèle économique sur la logique des communs. Cet apport pourra se chiffrer à la fois en termes monétaires, selon les indicateurs actuels, mais également se comptabiliser en termes non-monétaires (Richesses Humaines, création de liens sociaux par des modes coopératifs, création de dynamiques et d’activités directement liées à la résilience des territoires).


SITI capitalisera sur les expériences plurielles apportées par chacun des membres associés à son lancement :

  • L’Assemblée Virtuelle existe depuis 10 ans, le réseau est grandissant. Il regroupe des individus et des organisations qui agissent en synergie et dans des logiques de coopération. La confiance cultivée entre ses membres et partenaires se symbolise aujourd’hui par une mutualisation de moyens qui permettront de mobiliser de nombreuses richesses humaines et expertises métiers afin de nourrir les premiers déploiements techniques de Siti. Ces apports en compétences permettront une capitalisation économique et intellectuelle reposant sur la recherche & développement produite au cours de ces 10 dernières années.
  • Peertube, Mobilizon, Wikidata, OpenStreetMap, Open Food France sont des projets open-source extrêmement actifs, disposant de communautés importantes, reconnus internationalement, et offrant de très belles fonctionnalités.
  • Start’in Blox réalise de son côté des briques logicielles et des travaux de R&D très intéressants et par ailleurs complémentaires des solutions logicielles évoquées.
  • Le mouvement Colibris est une communauté qu’on ne présente plus. Comptant plusieurs centaines de milliers de membres et sympathisants, menant de très nombreux projets à impact, nous pourrons compter sur leurs réseaux, leurs données et les outils qu’ils développent, parmi lesquels la Colibox.
  • Transiscope et Les Chemins de la Transition apportent également à SITI leurs communautés, leurs finances et leurs briques fonctionnelles. Ces dernières sont pour partie déjà éprouvées, et pour les autres en cours de développement.
  • La plateforme coopérative Bio-Scène a été pensée en 2003 et mise en œuvre – au plan technique – entre 2003 et 2010 de façon itérative et totalement autofinancée grâce à son modèle économique coopératif. Ses environnements immersifs sont le fruit de plus de 25 années de “recherche-actions-citoyennes” ayant permis de déployer une méthodologie participative originale et des environnements pédagogiques innovants.
  • La coop des Territoires, les associations Territoires en Commun et El Capitan réalisent de leur côté un travail de cartographie, de maillage et d'accompagnement territorial considérable sur le Pays du Bocage (Normandie) depuis plusieurs années.
  • Les associations Colibris Compiégnois, Compiègne en transition et Reconnexion en font de même sur le territoire de Compiègne.


Un projet entièrement tourné vers la structuration, le renforcement et la documentation des dynamiques de résilience territoriale

SITI conduira à la structuration ou au renforcement d’écosystèmes coopératifs de la transition sur les territoires, il contribuera également à renforcer les dynamiques locales et à documenter les expériences à l'œuvre pour être redistribuées en temps réel en "Archipels". Nous tâcherons, moyennant l’obtention de financements complémentaires, d’analyser finement les coûts-bénéfices de SITI sur les écosystèmes biologiques, humains et socio-économiques et en termes d’impacts sur le changement climatique. Cela passera par des outils d’identification et de mesure des externalités produites par les usages déclenchés grâce à SITI (changements comportementaux, nouveaux projets, nouvelles coopérations).


Un projet en commun, par les communs, pour les communs.

Nous avons amorcé les premiers contacts avec d’autres porteurs de communs candidats pour mettre en interopérabilité leurs propres dynamiques avec SITI et réciproquement. C’est une proposition que nous aimerions faire, dans la limite de nos moyens, à l’ensemble des lauréats. Les développements réalisés via l’appel à communs (et notamment la mise en interopérabilité des solutions et plateformes logicielles qui a une immense valeur) sont par ailleurs appelés à nourrir de nombreuses autres dynamiques, dans d’autres contextes, avec d’autres acteurs, sur d’autres territoires, pour certain.e.s déja engagé.es de longue date..

5.Autodiagnostic :

  • Le problème est-il défini ? seul ou par plusieurs personnes ?

Le problème d’interopérabilité des plateformes auquel SITI entend répondre est identifié par un nombre croissant d’acteurs de la transition, lesquels se trouvent limités dans leurs envies de coopération par la structure en silos de leurs outils numériques.

La conscience d'un besoin de production et du partage d’une information de qualité autour des enjeux de la résilience des territoires l’est moins mais l’est tout de même : Il est, par exemple, devenu difficile de suivre le foisonnement des initiatives de “cartographies de la transition”, raison pour laquelle nous avons oeuvré au développement de Transiscope, dont la mission consiste à agréger les nombreuses sources de données (une trentaine pour le moment - relativement pauvres cependant) nativement non interopérables.

Les problèmes liés à notre dépendance vis à vis des GAFAMs, au respect de la vie privée et à la souveraineté des utilisateurs sur le web est quant à lui conscientisé par de plus en plus d’acteurs publics, privés et citoyens, jusqu’aux institutions européennes.

La difficulté à s’émanciper de ces GAFAMs en adoptant des outils tels que ceux proposés dans le cadre de SITI constitue l’ultime problème, que de très nombreux acteurs - parmi lesquels les libristes et les commoners - aimeraient résoudre.


  • Y a-t-il d’autres contributeurs prêts à travailler sur ce Commun ?

Au regard des montants sollicitables, nous avons pour le moment restreint le périmètre du projet à 2 territoires d’expérimentation. Néanmoins, nous prévoyons d’étendre SITI à de nouveaux territoires d'expérimentations assez rapidement en partenariat avec de nouvelles communautés de contributeurs impliquées localement. SITI pourra s’adjoindre le concours de ces nouvelles communautés au fil des partenariats proposés ou sollicités, et des financements mobilisables.


Préciser la compréhension du contexte, la définition considérée de la résilience et l'impact du Commun sur le défi considéré

Au-delà de l’enjeu de sa définition, à laquelle nous souscrivons, la résilience pose la question des stratégies conditionnant sa mise en œuvre. Comme le dit très justement Bruno Latour, “Le grand paradoxe de la situation actuelle c'est que la dimension planétaire des problèmes qui nous tombent dessus n'a rien à voir avec “le global”. C'est tout à fait autre chose, une multiplicité de choix, de remises en cause, des milliers de détails [...]. C'est donc, en fait, une révolution du détail, et c'est ça qui est paradoxal. (Les échos, 6 décembre 2019).

En d’autres termes, il s’agit d’aborder les enjeux de la transition par le bas, par les individus et leurs comportements, les territoires et leurs acteurs, les organisations et leurs activités. Et de concevoir des stratégies de résilience territoriale sous la forme de processus dynamiques faisant interagir une multiplicité de transitions, portées par une pluralité d’acteurs empruntant à des imaginaires variés, dans une diversité de domaines, à différentes échelles.

Il s’agit là d’un processus complexe de mise en synergie des forces vives au sein de chaque territoire. Comme le dit très justement Edgar Morin, « le choix […] est entre le deuil et la recherche d’une méthode qui puisse articuler ce qui est séparé et relier ce qui est disjoint. […] Aujourd’hui, notre besoin historique est de trouver une méthode qui détecte […] les liaisons, articulations, solidarités, implications, imbrications, interdépendances, complexités.» (La Méthode, La nature de la Nature) Et de concevoir des dispositifs susceptibles de les faire advenir.

Ces derniers nous semblent être nécessairement et à la fois :

  • Culturels : Ils supposent le développement d’une culture de l’altérité et de la coopération à l’échelon trans-communautaire.
  • Socio-organisationnels : Ils impliquent le développement de mécanismes de coopération inter-organisationnels et transsectoriels. Il s’agit dans cette perspective de mettre en place des protocoles d’interaction permettant aux acteurs de coopérer, mutualiser, jouer sur leurs complémentarités : Protocoles de décision / contribution / rétribution / régulation, méthodes et pratiques adaptées aux modes d’organisation P2P, en réseau / essaim / écosystème.
  • Techniques : Ils requièrent la mise en œuvre de systèmes interconnectables, interopérables.

Dans le cadre de SITI, nous proposons de concevoir et d’expérimenter un tel dispositif, afin de permettre le développement de dynamiques de résilience territoriale multi-projets, multi-acteurs, multi-domaines, multi-échelles.


  • Est-ce que les contributeurs sont structurés via une association, entreprise pour recevoir des financements ?

OUI : L’Assemblée Virtuelle porte pour le conglomérat la réponse à cet appel à commun, au titre de son engagement de longue date sur ces sujets et au regard de son processus de refonte. Celui-ci est en cours mais très avancé.

D’ici au mois de juin, celle-ci deviendra “Un collectif d’individus et d’organisations, une communauté, un réseau, un écosystème, un archipel composés d’acteurs autonomes et reliés, passionnés par les enjeux :

  • De la décentralisation du web.
  • Des transitions technologiques, culturelles, écologiques, sociales, politiques, économiques etc…

Sa finalité consistera à favoriser la mise en réseau des acteurs de la transition grâce à la mise en synergie de leurs systèmes d'information. Sa mission sera d’accueillir / héberger / faciliter / prendre soin de projets et de communs s’inscrivant dans un ou plusieurs des axes suivants :

  • Mise en réseau des acteurs via l’utilisation de standards, d’outils et de méthodologies appropriés (Ex : Transiscope, Data Food Consortium, SOLID France).
  • Recherche-Action Collaborative en inter-orga (Ex : Résilience des Territoires, Semantic Markdown).
  • Plaidoyer, vulgarisation, sensibilisation (Ex : Faire Systèmes, MMM fest, SOLID France).
  • Développement de communs logiciels (Ex : SemApps, Bus Sémantique).


  • Est ce que les besoins sont exprimables pour développer le commun ? oui/non

Oui


  • Le projet de commun s’attachera à développer un ancrage territorial (en France ou dans le monde francophone), en lien si possible avec une collectivité

Les territoires d’expérimentation ont été choisis au regard des liens que nous avons construit au fil des années avec leurs acteurs publics, privés et citoyens. Nous associerons les collectivités locales, avec lesquelles nous travaillons déjà sur ces sujets, le moment venu. Le projet de commun sera contributif et participatif, avec des consortiums non seulement interdisciplinaires, mais ouverts aux acteurs et aux parties prenantes des sphères économiques, associatives, publiques ou simplement citoyennes, lorsque cela sera pertinent.