Portraits climatiques : Différence entre versions

De Resilience Territoire
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* Si les outils de l'urbanisme réglementaire pour limiter les effets d'ICU ont été déjà documentés et diffusés notamment dans le cadre du projet MaPUCE, ce projet de communs complète un manque de partage de ressources et de méthodologie dans le champ de la conception urbaine,
 
* Si les outils de l'urbanisme réglementaire pour limiter les effets d'ICU ont été déjà documentés et diffusés notamment dans le cadre du projet MaPUCE, ce projet de communs complète un manque de partage de ressources et de méthodologie dans le champ de la conception urbaine,
 
* Elle pose au cœur de sa démarche un objectif important des collectivités d’articuler une plus grande intensité urbaine et une ville plus fraîche et plus agréable,
 
* Elle pose au cœur de sa démarche un objectif important des collectivités d’articuler une plus grande intensité urbaine et une ville plus fraîche et plus agréable,
* Elle partage sa méthodologie et ses résultats dans une logique de communs via la publication de "Portraits Climatiques"
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* Elle partage sa méthodologie et ses résultats dans une logique de communs via la publication de "Portraits Climatiques".
  
 
Trois villes au climat contrasté et ayant chacune un laboratoire de climatologie urbaine ont été retenues pour mener à terme ce projet : Dijon, Nice et Rennes. L’existence de ces laboratoires permet de capitaliser sur le corpus de données et de dispositifs existants, ainsi que sur leurs partenariats robustes avec les collectivités locales pour engager un véritable travail de concertation avec elles dans le choix des sites pour conduire des mesures fines d’ICU.   
 
Trois villes au climat contrasté et ayant chacune un laboratoire de climatologie urbaine ont été retenues pour mener à terme ce projet : Dijon, Nice et Rennes. L’existence de ces laboratoires permet de capitaliser sur le corpus de données et de dispositifs existants, ainsi que sur leurs partenariats robustes avec les collectivités locales pour engager un véritable travail de concertation avec elles dans le choix des sites pour conduire des mesures fines d’ICU.   
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'''Les trois agglomérations retenues pour l'étude'''
 
'''Les trois agglomérations retenues pour l'étude'''
  
Les trois agglomérations retenues pour cette étude, Dijon, Nice et Rennes, fournissent à la fois le cadre et l’objet de cette étude. En tant que cadre, notre projet de commun bénéficiera du partenariat existant entre ces trois collectivités, les agences d’urbanisme le cas échéant, et les laboratoires de recherche pour mobiliser les acteurs publics dans le projet et plus particulièrement dans le choix des études de cas qui seront l’objet de possibles expérimentations suivant cet appel à commun.
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Les trois agglomérations retenues pour cette étude, Dijon, Nice et Rennes, fournissent à la fois le cadre et l’objet de cette étude. En tant que cadre, notre projet de commun bénéficiera du partenariat existant entre ces trois collectivités, les agences d’urbanisme le cas échéant, et les laboratoires de recherche pour mobiliser les acteurs publics dans le projet et plus particulièrement dans le choix des études de cas qui seront l’objet de possibles expérimentations suivant cet appel à commun. En amont de ce projet, les collectivités ont été déjà chacune mobilisées sur ce projet de communs par les laboratoires.  
En tant qu’objet, le projet de commun s’appuie sur un réseau de mesures existant concernant les îlots de chaleur de ces trois agglomérations qu’il s’agira de renforcer, ainsi que des études de climat local qui seront complétées par des analyses plus urbaines et spatiales du développement urbain. Ces trois villes sont aussi des cas intéressants et contrastés en termes de climat et de topographie. La situation particulière de chaque agglomération pourra alors aussi servir de base de réflexion pour des situations ou des agglomérations au climat comparable.
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En tant qu’objet, le projet de commun s’appuie sur un réseau de mesures existant concernant les îlots de chaleur de ces trois agglomérations qu’il s’agira de renforcer, ainsi que des études de climat local qui seront complétées par des analyses plus urbaines et spatiales du développement urbain. Ces trois villes sont aussi des cas intéressants et contrastés en termes de climat et de topographie: en plus des principes généraux applicables à tous projets de renouvellement et rafraîchissement de zones économiques et commerciales, la situation particulière de chaque agglomération pourra alors aussi servir de base de réflexion pour des situations ou des agglomérations au climat comparable.
 
|complement_env='''L'amélioration du confort de vie en ville'''
 
|complement_env='''L'amélioration du confort de vie en ville'''
  
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'''Une mise à disposition des protocoles de collecte et d'analyse des données climatiques et urbaines'''
 
'''Une mise à disposition des protocoles de collecte et d'analyse des données climatiques et urbaines'''
  
L'ensemble du dispositif de collecte (type de capteurs fixes et mobiles, méthodologie de collecte et mesure, choix des facteurs d'analyse statistique des ICU...) et ses résultats seront partagés via la publication des portraits climatiques et mis à disposition pour d'autres territoires qui souhaiteraient s'engager dans une démarche similaire.
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L'ensemble du dispositif de collecte (type de capteurs fixes et mobiles, méthodologie de collecte et mesure, choix des facteurs d'analyse statistique des ICU...) et ses résultats seront partagés par la rédaction d'un protocole qui sera un des volets de la publication des portraits climatiques et mis à disposition pour d'autres territoires qui souhaiteraient s'engager dans une démarche similaire.
 
|complement=La publication "Portraits climatiques" restituera deux aspects importants du commun :  
 
|complement=La publication "Portraits climatiques" restituera deux aspects importants du commun :  
  
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'''Suivant ce projet de commun''', dans l'éventualité où les expérimentations urbaines concrètes ne seraient pas menées, plusieurs bénéfices du commun restent accessibles:
 
'''Suivant ce projet de commun''', dans l'éventualité où les expérimentations urbaines concrètes ne seraient pas menées, plusieurs bénéfices du commun restent accessibles:
 
* Le dispositif robuste et homogène de collecte et d'analyse des données et des sites pourra éventuellement être reproduit dans d'autres opportunités de projet dans ces mêmes agglomérations, à moindre coût étant donné que les acquisitions nécessaires de matériels ainsi que le cadre méthodologique générale seront déjà établis,
 
* Le dispositif robuste et homogène de collecte et d'analyse des données et des sites pourra éventuellement être reproduit dans d'autres opportunités de projet dans ces mêmes agglomérations, à moindre coût étant donné que les acquisitions nécessaires de matériels ainsi que le cadre méthodologique générale seront déjà établis,
* La mise à disposition du cadre méthodologique et des dispositifs de collecte permettra à d'autres territoires de pouvoir s'engager dans cette même démarche et faire grossir ainsi progressivement la communauté de contributeurs autour de ce commun,  
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* Le cadre méthodologique et les dispositifs de collecte de mesures fixes et itinérantes seront mis à disposition de tous par la rédaction d'un protocole faisant état des méthodes et moyens utilisés, des sources de données mobilisées, en privilégiant quand cela est possible les données en open source ou accessibles à tous les territoires (par exemple, la base IGN pour l'identification des LCZ). Ce protocole, qui figurera en première partie du Portraits climatiques, permettra à d'autres territoires de s'engager dans cette même démarche et faire grossir ainsi progressivement la communauté de contributeurs autour de ce commun,  
* La publication et notamment les principes urbains, architecturaux et paysagers pourra servir de base riche et documentée pour l'élaboration de cahier des charges détaillé d'opérations de renouvellement urbain dans des zones économiques et commerciales où les collectivités et aménageurs souhaitent être ambitieux sur la maîtrise du phénomène des îlots de chaleur urbains,
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* Les principes urbains, architecturaux et paysagers pourront servir de base riche et documentée pour l'élaboration de cahier des charges détaillé d'opérations de renouvellement urbain de zones économiques et commerciales où les collectivités souhaitent être ambitieuses concernant la maîtrise des ICU. Ces principes seront distingués en: "principes socles" qui sont les invariants à prendre en compte dans les enjeux de renouvellement et rafraîchissement des zones économiques et commerciales quelque soit l'espace considéré; "principes climatiques" qui sont les principes qui s'appliquent en fonction du climat local ou de la topographie particulière considérée; "principes contextuels" qui sont les principes applicables au regard des enjeux ou marges de manœuvre spécifiques de la collectivité.
* Enfin, la diffusion large de ce guide permettra un travail large de pédagogie et de vulgarisation concernant la prise en compte des ICU dans les opérations de renouvellement urbain. On pense notamment ici aux promoteurs des zones commerciales. Ils sont en effet de plus en plus appelés à jouer le rôle d'aménageurs dans le renouvellement de zones qu'ils détiennent et gèrent. Or ces acteurs sont en réalité encore peu outillés dans les enjeux transverses de ces opérations (mixité des usages et des morphologies urbaines, prise en compte des enjeux climatiques...). Or ce "Portraits climatiques" pourra servir d'outils de dialogue entre les acteurs de l'aménagement concernant la prise en compte des sujets climatiques dans les opérations urbaines.
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* Enfin, la diffusion large de ce guide permettra un travail large de pédagogie et de vulgarisation concernant la prise en compte des ICU dans les opérations de renouvellement urbain. On pense notamment ici aux promoteurs des zones commerciales. Ils sont en effet de plus en plus appelés à jouer le rôle d'aménageurs dans le renouvellement de zones qu'ils détiennent et gèrent. Or ces acteurs sont en réalité encore peu outillés dans les enjeux transverses de ces opérations (mixité des usages et des morphologies urbaines, prise en compte des enjeux climatiques...). Ce "Portraits climatiques" pourra servir d'outils de dialogue entre les acteurs de l'aménagement concernant la prise en compte des sujets climatiques dans les opérations urbaines.
  
 
Les détails relatifs au contexte général du commun, à la communauté de contributeurs porteurs du projet, à leurs expériences dans le domaine du commun sont analysés dans la section "auto-diagnostic".
 
Les détails relatifs au contexte général du commun, à la communauté de contributeurs porteurs du projet, à leurs expériences dans le domaine du commun sont analysés dans la section "auto-diagnostic".
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L'association par la concertation des trois collectivités partenaires et de leurs services voire de leurs agence d'urbanisme fera grandir cette communauté de contributeurs mobilisés autour du projet.
 
L'association par la concertation des trois collectivités partenaires et de leurs services voire de leurs agence d'urbanisme fera grandir cette communauté de contributeurs mobilisés autour du projet.
  
Enfin, le projet de commun reste ouvert aux autres contributions possibles et restera attentif aux mutualisations possibles. Certains aspects techniques pourraient en effet fortement bénéficier des apports d'expertises extérieures, par exemple, dans l'identification des matériaux et des revêtements et l'explicitation de leur contribution à la réduction du phénomène des ICU.  
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Enfin, le projet de commun reste ouvert à la possibilité d'intégrer d'autres contributeurs intéressés et pertinents à la communauté, et restera attentif aux mutualisations avec d'autres projets de communs:
 
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* Certains aspects techniques pourraient en effet fortement bénéficier des apports d'expertises extérieures, par exemple, dans l'identification des matériaux et des revêtements et l'explicitation de leur contribution à la réduction du phénomène des ICU.  
Une piste se dessine notamment avec le projet de Guide de « la rue commune » dans sa composante de réflexion autour de la "rue rafraîchissante".
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* Une piste de mutualisation se dessine notamment avec le projet de Guide de « la rue commune » dans sa composante de réflexion autour de la "rue rafraîchissante".
 
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Version du 15 juin 2021 à 10:09


Améliorer le confort de vie en ville par l’atténuation des effets des îlots de chaleur urbain dans les opérations de renouvellement


Description : Ce projet a pour objectif de renforcer la prise en compte des enjeux climatiques (climat local et micro-climat urbain) dans la conception urbaine en s’appuyant sur la question des îlots de chaleur urbains (ICU), défi D identifié dans l’appel à commun. Ce projet décentre ainsi la question des îlots de chaleur urbain de sa perspective strictement énergétique (comment consommer moins d'énergie en ville ? Comment réduire les émissions de GES ?) pour se concentrer sur l'enjeu du confort en ville dans des contextes d'intensification et régénération urbaines. Ce projet se situe donc à l’articulation entre enjeux climatiques, sociaux et urbains.

En effet, l’objet de cet l'appel à commun concerne la mise en place d’un dispositif homogène de collecte et d’analyse statistique, spatiale et urbaine de données aux échelles urbaines et intra-urbaines entre trois agglomérations, en vue de sélectionner avec les collectivités partenaires des sites à la fois comparables du point de vue de la classification internationale des Local Climate Zone (LCZ) et pertinents pour les enjeux de renouvellement urbain des collectivités. Ce commun vise alors à poser un cadre méthodologique général et partagé pour la conduite d'opérations de renouvellement urbain cherchant à atténuer l’effet d’ICU.

Si plusieurs démarches et méthodes existent déjà, particulièrement dans le champ de la connaissance et de la mesure scientifique de l’enjeu et dans les possibles stratégies d’atténuation (projet MaPUCE par exemple), certains champs sont encore à compléter, notamment, du point de vue scientifique :

  • conduire une collecte de données d'îlots de chaleur urbains fondée sur des situations urbaines réelles et non modélisées a priori pour documenter dans une approche critique et située la typologie des LCZ. En effet, les caractéristiques associées à une même typologie peuvent fortement varier dans des contextes urbains où le climat local (vent, topographie...) influence fortement le climat urbain, comme dans le cas de la ville de Nice, et donc aussi son cadre de vie.
  • lier les enjeux d'îlot de chaleur urbains à l’échelle de l’agglomération aux études à l'échelle des quartiers fondées sur des mesures fines des îlots de chaleur urbains. La comparabilité des dispositifs de collecte de données à l’échelle de l’agglomération et des sites retenus pour l’analyse garantit la possibilité de suivre dans le temps les effets réels des opérations urbaines sur les ICU dans les espaces choisis mais aussi de dupliquer la démarche dans d'autres contextes urbains.

Ainsi, la constitution de données spécifiques pour la conduite de ce projet concernant les ICU à l’échelle intra-urbaine (homogénéisation des modes de collecte, des modes d’analyses statistiques, mobilisation des données existantes et compléments des manques) participera-t-elle à alimenter le corpus scientifique de données et de cas d’observation des ICU, et permettra d’outiller les territoires avec des dispositifs de suivi et d’analyse comparables et reproductibles.

du point de vue des politiques urbaines et du cadre de vie en ville, ce projet permettra de :

  • formuler des stratégies d’adaptation pour maintenir et améliorer durablement le confort de vie en ville à l’échelle du piéton tout en favorisant le renouvellement urbain, et donc une plus grande intensité urbaine,
  • dans le cadre de futures opérations de renouvellement urbain, donner la possibilité d’évaluer les effets de la mise en œuvre des solutions urbaines, paysagères et architecturales par rapport au climat local et ICU en s'appuyant sur une collecte de données en situation réelle.

Si de nombreux projets de conception urbaine se saisissent déjà de cet enjeu des ICU, les méthodes sont encore fragmentées et peu partagées entre acteurs du marché, compliquant le pilotage et le partage d'expériences pour les collectivités et acteurs de l'aménagement. La démarche proposée est innovante à plusieurs titres:

  • Elle engage plusieurs acteurs de nature différentes (laboratoire de recherche, agence privée, collectivités etc.),
  • Si les outils de l'urbanisme réglementaire pour limiter les effets d'ICU ont été déjà documentés et diffusés notamment dans le cadre du projet MaPUCE, ce projet de communs complète un manque de partage de ressources et de méthodologie dans le champ de la conception urbaine,
  • Elle pose au cœur de sa démarche un objectif important des collectivités d’articuler une plus grande intensité urbaine et une ville plus fraîche et plus agréable,
  • Elle partage sa méthodologie et ses résultats dans une logique de communs via la publication de "Portraits Climatiques".

Trois villes au climat contrasté et ayant chacune un laboratoire de climatologie urbaine ont été retenues pour mener à terme ce projet : Dijon, Nice et Rennes. L’existence de ces laboratoires permet de capitaliser sur le corpus de données et de dispositifs existants, ainsi que sur leurs partenariats robustes avec les collectivités locales pour engager un véritable travail de concertation avec elles dans le choix des sites pour conduire des mesures fines d’ICU.

Enfin, ce projet réunit ces trois laboratoires ainsi qu’un cabinet d’architecture, d'urbanisme et de paysage, Arte Charpentier Architectes, et potentiellement d’autres partenaires et contributeurs, afin de produire un cahier méthodologique de Portraits climatiques qui permettent à la fois de restituer :

  • la démarche méthodologique en vue de pouvoir la reproduire,
  • les résultats du diagnostic croisé et multi-scalaire entre enjeux urbanistiques et climatiques des territoires
  • les principes urbains, paysagers et architecturaux qui seraient à développer dans les trois cas d'analyse retenus pour atténuer les effets d'ICU pour outiller les acteurs de l'aménagement du territoire (collectivité, promoteur, architecte, particulier…)

Organisations utilisatrice ou intéressée par utiliser la ressource : Arte Charpentier Architectes, LETG-Rennes, UMR-ESPACE Nice, Centre de Recherches de Climatologie, Biogéosciences, Dijon

Contributeurs : Georgina andre

Défi auquel répond la ressource : D- Ilots de chaleur

Autre commun proche : Guide "La rue commune", Local Climate Zone, Projet MApUCE

Richesse recherchée : Financement, Conseil Expertise

Compétences recherchée : Général/Modèles, Général/Approches, Vulnérabilités/Ecosystémique, Vulnérabilités/Sociale, Facteurs de résilience/Instruments, Facteurs de résilience/Urbanisme, Anticipation/Indicateur, Regénération/Reconstruction, Regénération/Fiabilisation

Communauté d'intérêt :

Type de licence ? Creative Commons

Niveau de développement : Idée

Cloud / Fichiers :

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Tags :

Catégories : Données, Connaissance

Thème : Général/Modèles, Général/Approches, Général/Enjeux, Vulnérabilités/Sociale, Vulnérabilités/Energétique, Facteurs de résilience/Gouvernance, Facteurs de résilience/Infrastructure, Facteurs de résilience/Instruments, Facteurs de résilience/Urbanisme, Anticipation/Veille, Anticipation/Indicateur, Anticipation/Prospective, Regénération/Fiabilisation

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Référent ADEME : Benjaminj, Elodie

Référent du commun : Georgina andre


Les 5 parties ci dessous sont à remplir obligatoirement pour analyser le commun et vous conseiller

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Montant Aide souhaitée (en Euro) à l'Appel à Communs Résilience : 100000

1.Détails du Financement :

Le budget global du projet est de XX euros. La demande de financement couvre à la fois :

  • le temps passé,
  • les acquisitions et compléments nécessaires de matériels et données pour la mise en place et la conduite d’un dispositif homogène de collecte des données à chacune des échelles considérées entre les trois collectivités,
  • les frais des déplacements pour la tenue des ateliers de concertation avec les collectivités et la conduite de terrains sur les sites d’étude,
  • l'édition d'une publication pédagogique destinée à un large public en format numérique.


(insérer tableau synthétique de la répartition du financement / planning / phases)

Le projet commencera le 1 octobre 2021, pour bénéficier du calendrier universitaire permettant aux étudiants de M2 qui seront investis dans cette étude de la suivre jusqu’au bout et de participer à la restitution dans le cadre de leurs travaux de fin d’études en septembre 2022.

Phase I - octobre-décembre 2021 : Analyse des ICU à l'échelle des trois agglomérations et pré-sélection des sites pour l'analyse

Le projet s’ouvrira sur une réunion de lancement avec les collectivités par l’équipe projet pour présenter la démarche et les intentions du projet, et les sensibiliser sur le type de sites qui seront visés par l’analyse. La classification « LCZ 8 » est retenue a priori dans le cadre de cette étude. En effet, la classification LCZ 8 correspondant à "large low rise building" répond en termes de morphologie urbaine aux zones économiques et commerciales, or ces dernières posent des enjeux forts à la fois en termes de renouvellement urbain et d'ICU.

La première étape du projet sera consacrée à l’identification de secteurs pertinents du point de vue urbain et de l’enjeu des ICU dans chaque agglomération (Rennes, Dijon et Nice) qui serviront de cas d’étude pour une potentielle opération de renouvellement urbain à la suite de ce projet de commun. Le temps estimé à 3 mois correspond aux travaux suivants :

  • Établir et conduire un protocole de mesures comparables des ICU entre les trois agglomérations,
  • Équiper le réseau de capteurs fixes de l’agglomération de Nice et compléter si besoin les réseaux de Dijon et Rennes pour assurer une homogénéité dans les données collectées. Étant donné le temps nécessaire pour constituer le réseau et effectuer les premiers relevés, des premières hypothèses de sites pertinents pour les cas d’études seront effectuées dans l’agglomération de Nice, basées sur l’étude d’images satellite et de classification LCZ. Ces études seront complétées a posteriori par les relevés d’ICU effectués par les capteurs fixes.
  • A partir de ces relevés mais aussi d’analyses urbaines conduites par l’agence Arte Charpentier Architectes, certains quartiers seront pré-sélectionnés dans la classification LCZ 8 (correspondant aux zones d’activités et commerciales), car pertinents pour l’étude et comparables entre les agglomérations.
  • Ces quartiers pré-sélectionnés seront soumis à concertation avec la collectivité, et feront par la suite l’objet d’une conduite de collectes de données fines par des capteurs mobiles.
  • En parallèle, une description du climat local des trois villes (topographie, ensoleillement…) sera conduite, sur les mêmes descripteurs, pour évaluer l’influence du climat local dans les mesures des ICU.

Phase II - janvier-mars 2022 : Concertation avec les collectivités pour sélectionner trois sites propices à des opérations de renouvellement urbain

Un temps de concertation avec les trois collectivités et les porteurs de projets, ainsi que les éventuels services à associer, sera conduit au premier trimestre 2022. Ce temps est fondamental pour garantir la traduction scientifique et technique des ICU dans un langage à même de mobiliser les acteurs de l’urbanisme et de l’aménagement urbain. Autrement dit, cette phase sera consacrée à croiser le résultat des ICU et des sites choisis dans le corpus de la classification LCZ 8 avec les enjeux et ambitions des collectivités en termes de renouvellement urbain : détermination du dimensionnement du site, collecte des données et intentions disponibles, amorce d'analyses urbaines, paysagères, architecturales quantitatives et qualitatives. In fine, le projet vise bien à déterminer un langage commun (morphologie, végétalisation, implantation, usages, connectivité…) entre les leviers de l’aménagement urbain et ceux qui permettent d’atténuer les effets des ICU dans les tissus urbains constitués et qui feront l’objet des études statistiques fines de la troisième étape.

Phase III - mars-août 2022 : Conduite d’un diagnostic préalable à l'identification des principes urbains, paysagers et architecturaux

Une campagne de mesures continues sur les trois sites retenus pour l’étude par des capteurs mobile sera effectuée pendant cette période pour déterminer les différents facteurs influençant les ICU des sites retenus :

  • La végétalisation
  • La morphologie (densité, orientation, hauteur des bâtiments, rapport entre les bâtiments)
  • Les matériaux
  • L’imperméabilisation des sols
  • L’occupation du sol
  • Les usages et la fréquentation (dynamique temporelle)
  • La mobilité (voiture…)
  • Le contexte climatique et topographique du site
  • et tout autre dimension qui semblera pertinente à prendre en compte dans l'analyse.

Cette campagne sera effectuée par des relevés mobiles et engagera la participation de stagiaires en master 2.

En parallèle et en coordination avec ces analyses, l'agence Arte Charpentier Architectes amorcera des principes généraux de conception urbaine sur les trois sites retenus, intégrant de manière itérative l’impact des différents facteurs influençant les ICU. Ces études poseront des principes généraux urbains, paysagers et architecturaux qui serviront de feuilles de route aux collectivités pour les éventuels projets de renouvellement urbain qui suivront cet appel à commun. Ces pistes de conception seront éclairées à l’aune des questions suivantes :

  • A qui la solution s’adresse t elle (ville, entreprise, individu…) ?
  • Quels sont les avantages et inconvénients de la solution (avantage économique, social, durabilité, disponibilité locale...) ?
  • Est-ce une solution transversale ou spécifique, autrement dit, une solution qui répond à un problème ou qui permet de répondre à plusieurs enjeux d’amélioration du confort de vie en ville ?
  • Dans quel contexte climatique est-elle pertinente ?
  • Est-elle dépendante d’autres facteurs pour être véritablement efficace ?

La forme concrète de ces principes (schémas, zooms techniques…) ou leur échelle sera déterminée au regard des cas d’étude qui auront été identifiés et des ambitions des collectivités concernées.

Phase IV - septembre 2022 : conduite de workshops de restitution et production de la publication « portraits climatiques »

Des workshops de restitution seront conduits à la fois auprès des collectivités, mais aussi des contributeurs et de la communauté associés au projet, pour partager les travaux et les résultats de la démarche effectués. La publication du « portraits climatiques », commune aux trois agglomérations, permettra de diffuser largement les apports méthodologiques de ce projet sous forme pédagogique, illustrée, adressée à un public large. D'une trentaine de pages environ, cette publication comprendra :

  • la spécificité des ICU de chaque agglomération, en dégageant les traits communs et divergents en fonction de l’espace considéré et des spécificités du climat local,
  • sur les trois sites identifiés, le résultat des analyses des ICU sur chacun des facteurs qui sont aussi de potentiels leviers pour l’aménagement urbain,
  • des principes urbains, paysagers et architecturaux communs mais aussi différenciés pour chaque site.

En ouverture, quelques éclairages seront apportés concernant les enjeux du changement climatique. Celui-ci ayant des effets très contrastés entre ces trois agglomérations, sa prise en compte au moment de la conduite du projet d’appel à commun mènerait à des scenarii d’évolution des ICU et de conception urbaine très différents. En revanche, certains enjeux seront pointés, qui pourront faire par la suite l’objet d’études complémentaires.

Suivant ce projet de commun, le dialogue se poursuivra avec les collectivités partenaires sur l'opportunité de mener des expérimentations de conception et d'aménagement urbains sur les sites identifiés comme stratégiques pour le renouvellement et le rafraîchissement urbains.

2.Détails Résilience et Territoire :

De la résilience climatique à la résilience sociale

L'énergie utilisée par les villes est la source majeure des rejets anthropiques de gaz à effet de serre qui sont la cause du réchauffement climatique. Cette tendance globale est accentuée, à l'échelle locale, par la formation d'îlots de chaleur urbains notamment influencés par la morphologie des villes. Dans un contexte d’explosion de la population urbaine mondiale, la question du traitement des îlots de chaleur urbain et plus généralement la régulation du climat urbain est certes un enjeu stratégique pour le climat global, mais aussi pour l’amélioration du confort de vie en ville, particulièrement dans des contextes européens où le vieillissement de la population est prononcé et rend les habitants plus vulnérables aux aléas climatiques. Ainsi, l'amélioration du confort thermique de vie en ville est-elle avant tout un enjeu politique de résilience sociale en permettant aux populations vulnérables urbaines de s'adapter au réchauffement climatique en évitant de nouvelles lignes de stratification sociale et de précarité urbaine face aux effets du changement climatique.

A partir de la résilience sociale, repenser la résilience urbaine

En relais des orientations stratégiques générales du développement urbain et des politiques de régulation par l'urbanisme qui agissent plutôt sur la consommation énergétique urbaine, mais aussi sur la réduction des émissions de GES et les mesures de lutte contre la précarité énergétique des ménages (dépendance à l'automobile, besoin de rénovation du bâti...), la conception urbaine peut proposer des leviers clés dans l’amélioration du confort de vie pour les populations urbaines, en agissant sur des facteurs tels que la morphologie, l'exposition du bâti, les usages ou encore la végétalisation. Dans le projet de commun proposé, chacun des leviers de la conception urbaine sera considéré dans ses bénéfices ou impacts par rapport au climat urbain en menant une étude comparative de leurs effets à partir des mesures qui auront été faites.

La résilience urbaine par la mise en place d’un dispositif d’évaluation des facteurs de rafraîchissement urbain

Ce projet de commun contribue à la mise en place d’un réseau de collecte et de traitement de données des ICU homogène entre plusieurs agglomérations et à plusieurs échelles. Ces mesures seront appliquées dans des sites à enjeux du point de vue de la régénération urbaine. Si les opérations de renouvellement urbain prévues sont conduites et intègrent dans leurs ambitions la réduction du phénomène des ICU, ce réseau de mesures permettra d’évaluer et suivre le résultat concret de ces opérations dans les tissus urbains. Ce projet porte l’ambition de constituer un dispositif d’évaluation des leviers de rafraîchissement urbains fondés sur des observations de situation réelle dans des tissus urbains constitués, potentiellement reproductible dans d’autres agglomérations et quartiers. Cette démarche d'évaluation est alors plus fiable dans la mesure du rafraîchissement opéré par les opérations urbaines sur le tissu urbain constitué qu'une démarche qui part d'un espace vide ou un espace naturel, ou encore une mesure des ICU qui s'appuie uniquement sur la modélisation et non la collecte de données réelles.

Ce projet de Portraits climatiques se situe alors à l'intersection de plusieurs enjeux de résilience :

  • la durabilité du développement urbain avec les grands objectifs édictés suite aux lois Grenelle de compacité urbaine, de limitation de l'étalement urbain, de mobilisation du potentiel foncier au sein des villes et donc de la nécessité de conduire des opérations de régénération urbaine pour les collectivités. Ces orientations ont été encore renforcées avec les lois ALUR et le projet de loi "Climat et résilience" (voir plus bas, section "Auto-diagnostic")
  • l’accompagnement de ces opérations de renouvellement d’un dispositif de suivi et d’évaluation de leur performance au regard de l’enjeu des ICU permettant d’identifier les leviers réels de rafraîchissement en prenant en compte les contextes climatiques locaux particuliers ;
  • la nécessité de compléter les approches d'atténuation du changement climatique (réduction des émissions de GES, réduction de la consommation énergétique urbaine) avec des approches d'adaptation locale au changement climatique ;
  • la nécessité d'une approche systémique des enjeux de résilience pour traiter, quand cela est possible, plusieurs enjeux et risques par une approche "co-bénéfice" des impacts environnementaux.

Les trois agglomérations retenues pour l'étude

Les trois agglomérations retenues pour cette étude, Dijon, Nice et Rennes, fournissent à la fois le cadre et l’objet de cette étude. En tant que cadre, notre projet de commun bénéficiera du partenariat existant entre ces trois collectivités, les agences d’urbanisme le cas échéant, et les laboratoires de recherche pour mobiliser les acteurs publics dans le projet et plus particulièrement dans le choix des études de cas qui seront l’objet de possibles expérimentations suivant cet appel à commun. En amont de ce projet, les collectivités ont été déjà chacune mobilisées sur ce projet de communs par les laboratoires.

En tant qu’objet, le projet de commun s’appuie sur un réseau de mesures existant concernant les îlots de chaleur de ces trois agglomérations qu’il s’agira de renforcer, ainsi que des études de climat local qui seront complétées par des analyses plus urbaines et spatiales du développement urbain. Ces trois villes sont aussi des cas intéressants et contrastés en termes de climat et de topographie: en plus des principes généraux applicables à tous projets de renouvellement et rafraîchissement de zones économiques et commerciales, la situation particulière de chaque agglomération pourra alors aussi servir de base de réflexion pour des situations ou des agglomérations au climat comparable.

3.Détails Impacts environnementaux :

L'amélioration du confort de vie en ville

Bien que le fait de concevoir un projet aux échelles intra-urbaines ne modifie pas les grandes tendances climatiques et donc ne contribue pas de manière significative à la formulation de stratégie globale d’atténuation du changement climatique, le projet urbain peut malgré tout contribuer significativement à l’amélioration du confort en ville et donc aux différentes stratégies d’adaptation à l’évolution et à la spécificité du climat urbain. Or, si cette approche bioclimatique n'est pas en soi une nouveauté mais constitue bien la base des architectures et modes d'urbanisation vernaculaires, l'échelle et la rapidité du développement urbain mondial ainsi que la possibilité de mesure et d’évaluation des enjeux liés au climat urbain sont inédits. Dans cette perspective, la Covid-19 invite à un nouveau regard sur la ville dense : si l'intensification peut permettre une durabilité du développement urbain, elle doit malgré tout s'aménager pour permettre des usages souples de l'espace urbain et, si on élargit cet enjeu à la question du climat urbain, pour autoriser un rafraîchissement et une régulation thermique en ville.

Au-delà d'une approche technique des îlots de chaleur urbain

Les facteurs et leviers influençant les ICU considérés s'appuient d'abord sur des principes urbains, paysagers et architecturaux aux enjeux de climat urbain et de manière secondaire sur des solutions davantage techniques voire mécaniques qui relèvent plutôt de l'ingénierie de ville (VRD, éclairage, isolation, dispositif de ventilation mécanique...). Autrement dit, il s'agit d'engager une réflexion sur l'effet des différents éléments constitutifs du milieu urbain (la rue et ses rives, le rapport des bâtiments entre eux, l'alignement...) et de sa matérialité (revêtement, végétalisation...) dans un contexte climatique local particulier (direction des vents, topographie, sols, palette végétale locale...) sur les îlots de chaleur urbain. Ce parti pris n'est pas uniquement un parti pris de métier, relevant du type d'acteurs qui porteront directement ce projet, mais bien une proposition de privilégier des solutions "passives" reposant sur un design conscient des enjeux auxquels il souhaite répondre, aux solutions plus "actives", techniques, et parfois plus coûteuses pour la collectivité ou les particuliers. Par exemple, des initiatives aussi simples que le changement des couleurs de toitures pour du blanc, appelées « cool roof », ont permis de réduire de plus de 20 °C la température de la toiture, entraînant une diminution des besoins de climatisation (source : Le moniteur, 2016). Ce type de solutions abordables en substitution ou complément de solutions mécaniques, étayées par des analyses fines du phénomène des ICU ainsi que par une analyse urbaine et paysagère globales, pourraient alimenter les principes du "portraits climatiques".

Un projet infusant des éléments de climat local dans les solutions considérées

Partant du principe que l'étude des îlots de chaleur urbain ne peut s'effectuer hors-sol à partir uniquement de modélisation physique, cette étude s'attachera à introduire des éléments de contexte local sur les facteurs et leviers considérés : les ressources naturelles (matériaux, essences végétales) et ressources culturelles (usages, pratiques, modes de vie...).

Un projet orienté vers le co-bénéfice, base fondamentale d'un développement résilient et apprenant

Enfin, les impacts environnementaux ne peuvent être évalués de manière individuelle mais doivent être évalués de manière cumulée : en effet, une solution pertinente au regard des enjeux énergétiques sera peut-être défavorable au regard d'autres enjeux (production de déchet, disponibilité locale de la ressource, possibilité d'appropriation / financement par les acteurs de la solution...). Ainsi, chacun des leviers considérés devra-t-il in fine être évalué dans sa capacité à maîtriser les impacts des ICU mais aussi au regard d’autres critères (qualité d’usage, coût, bénéfice cumulé…) qui maximisent son utilité et son intégration dans l’objectif général d’une ville plus intense par rapport à l’occupation du sol, plus durable dans sa consommation de ressources, et plus agréable à vivre pour ses habitants. La mesure de ces impacts cumulée pourra faire l'objet d'hypothèses de conception mais pourra aussi être vérifiée sur le terrain à la suite de la conduite d'opérations de renouvellement qui auront pris en compte cet enjeu d'atténuation du phénomène des ICU dans leur choix d'aménagement.

Une mise à disposition des protocoles de collecte et d'analyse des données climatiques et urbaines

L'ensemble du dispositif de collecte (type de capteurs fixes et mobiles, méthodologie de collecte et mesure, choix des facteurs d'analyse statistique des ICU...) et ses résultats seront partagés par la rédaction d'un protocole qui sera un des volets de la publication des portraits climatiques et mis à disposition pour d'autres territoires qui souhaiteraient s'engager dans une démarche similaire.

4.Synthèse du projet de Commun :

La publication "Portraits climatiques" restituera deux aspects importants du commun :

Un dispositif de collecte et d’analyse de données localisé, reproductible et continu

Capitalisant sur les démarches passées comme le projet Mapuce mais aussi sur la constitution d’un réseau de collecte et d’analyse déjà bien constitué ou partiellement opérationnel dans les trois agglomérations, ce projet permettra de compléter ces réseaux de collecte et de définir un cadre méthodologique commun aux trois agglomérations pour la mesure des ICU. De plus, à la différence du projet Mapuce, ce dispositif d’analyse prend en compte la situation du climat local, permettant de fait d’adapter les leviers de l’aménagement urbain d’atténuation des ICU au contexte urbain particulier. La constitution d’un réseau de capteurs fixes et mobiles permet aussi d’aborder les enjeux des différentes échelles du développement urbain, et donc travailler différentes manières d’articuler urbanisme, rafraîchissement urbain et prise en compte des contraintes et atouts du climat local. Enfin, ce dispositif, par son homogénéité et sa pérennité, permet de suivre et d’évaluer des opérations d’aménagement conduites par la collectivité sur son territoire.

Du fait de la temporalité du projet, les analyses fines à l'échelle des quartiers seront basées plutôt sur les saisons printanières et estivales pour cibler la question du réchauffement urbain. Il serait pertinent de compléter et ajuster ces analyses et ces principes urbains, paysagers et architecturaux à l'aune de mesures complémentaires effectuées en saison hivernale, pour intégrer la question du confort en ville aux quatre saisons.

Une traduction de l’enjeu des ICU dans le langage de l’aménagement et du renouvellement urbain

Ce projet souhaite repartir de la typologie internationale des LCZ en se concentrant sur une typologie, LCZ 8 (zones d’activités et commerciales) qui est porteuse d’enjeux à la fois pour les ICU et pour les collectivités. En effet, autrefois espaces de relégation des tissus péri-urbains, les zones commerciales et zones d’activités sont aujourd’hui perçues comme des gisements de renouvellement urbain possibles à travers l'intensification et l'hybridation des fonctions. Ce lien entre ICU et urbanisme s’effectuera et s’explicitera dans la publication de « Portraits climatiques » qui restituera ces ponts entre les facteurs contribuant à l’intensité des ICU dans cette LCZ 8 et les principes urbains, paysagers et architecturaux combinant principes de rafraîchissement et renouvellement urbain de ces zones d’activités et économiques.

Suivant ce projet de commun, dans l'éventualité où les expérimentations urbaines concrètes ne seraient pas menées, plusieurs bénéfices du commun restent accessibles:

  • Le dispositif robuste et homogène de collecte et d'analyse des données et des sites pourra éventuellement être reproduit dans d'autres opportunités de projet dans ces mêmes agglomérations, à moindre coût étant donné que les acquisitions nécessaires de matériels ainsi que le cadre méthodologique générale seront déjà établis,
  • Le cadre méthodologique et les dispositifs de collecte de mesures fixes et itinérantes seront mis à disposition de tous par la rédaction d'un protocole faisant état des méthodes et moyens utilisés, des sources de données mobilisées, en privilégiant quand cela est possible les données en open source ou accessibles à tous les territoires (par exemple, la base IGN pour l'identification des LCZ). Ce protocole, qui figurera en première partie du Portraits climatiques, permettra à d'autres territoires de s'engager dans cette même démarche et faire grossir ainsi progressivement la communauté de contributeurs autour de ce commun,
  • Les principes urbains, architecturaux et paysagers pourront servir de base riche et documentée pour l'élaboration de cahier des charges détaillé d'opérations de renouvellement urbain de zones économiques et commerciales où les collectivités souhaitent être ambitieuses concernant la maîtrise des ICU. Ces principes seront distingués en: "principes socles" qui sont les invariants à prendre en compte dans les enjeux de renouvellement et rafraîchissement des zones économiques et commerciales quelque soit l'espace considéré; "principes climatiques" qui sont les principes qui s'appliquent en fonction du climat local ou de la topographie particulière considérée; "principes contextuels" qui sont les principes applicables au regard des enjeux ou marges de manœuvre spécifiques de la collectivité.
  • Enfin, la diffusion large de ce guide permettra un travail large de pédagogie et de vulgarisation concernant la prise en compte des ICU dans les opérations de renouvellement urbain. On pense notamment ici aux promoteurs des zones commerciales. Ils sont en effet de plus en plus appelés à jouer le rôle d'aménageurs dans le renouvellement de zones qu'ils détiennent et gèrent. Or ces acteurs sont en réalité encore peu outillés dans les enjeux transverses de ces opérations (mixité des usages et des morphologies urbaines, prise en compte des enjeux climatiques...). Ce "Portraits climatiques" pourra servir d'outils de dialogue entre les acteurs de l'aménagement concernant la prise en compte des sujets climatiques dans les opérations urbaines.

Les détails relatifs au contexte général du commun, à la communauté de contributeurs porteurs du projet, à leurs expériences dans le domaine du commun sont analysés dans la section "auto-diagnostic".

5.Autodiagnostic :

Contexte scientifique général de l'étude des îlots de chaleur urbain

De nombreux projets de recherche ont été initiés par le laboratoire CNRM en partant de la méthodologie de modélisation TEB (Town Energy Balance), à l'échelle française et européenne :

  • Le projet Acclimat, mené sur l'agglomération toulousaine, modélise différents scenarii prospectifs de développement urbain et de leur effet sur le climat.
  • Les projets EPICEA et MUSCADE sont concentrés sur l’agglomération parisienne : dans le cas du projet EPICEA (Ville de Paris, Météo-France et Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), cette étude s’intéresse à un épisode climatique extrême – la canicule d’août 2003 – en tant qu’extrapolation d'un futur possible, puisqu’un tel phénomène pourrait concerner l’Europe de l’Ouest en moyenne un été sur deux d’ici 2070. Différents tests de sensibilité de trois leviers (coefficient d'albédo, végétalisation et humidification des sols) ont été envisagés dans leurs effets sur la canicule. Le projet MUSCADE prolonge cette démarche : des ensembles de leviers sont évalués dans leurs effets sur la consommation énergétique, le rafraîchissement, et les émission de gaz à effet de serre.
  • Le projet européen Bridge a pour objectif de rapprocher les sciences bio-physiques et la planification urbaine, pour proposer des stratégies d’adaptation innovantes pour l’aménagement urbain.Il est focalisé sur les différentes composantes du métabolisme urbain (l’énergie, l’eau, le carbone, les polluants), et cherche à estimer quantitativement ces différents composants, leurs impacts (environnementaux et socio-économique) et les différentes manières dont on peut optimiser l’usage des ressources dans la fabrique urbaine (un outil d’aide à la décision) dans plusieurs villes européennes.
  • Enfin, le projet MApUCE vise à intégrer dans les politiques urbaines et juridiques des données quantitatives de micro-climat urbain, énergie, climat pour toutes les communes de France. Il constitue ainsi une base de données urbaines et architecturales qui peut être étendue sur toutes les villes de France, jusqu’à l’échelle des quartiers via la typologie des local climate zone. Ces projets réalisés à l'échelle d'agglomération visent principalement à réduire la consommation énergétique et la réduction des émissions de GES.

Le potentiel de renouvellement des zones commerciales et économiques

Les zones économiques et commerciales posent des enjeux forts à la fois en termes de renouvellement urbain et d'ICU pour l'ensemble du territoire français :

  • Le surdimensionnement des places de stationnement et la faible élévation du bâti résultent dans une faible intensité urbaine de ces espaces en termes de densité d'emploi ou d'usages par rapport à leur emprise au sol mais aussi en un taux d'artificialisation très élevé, vecteur potentiel d'ICU. A titre d’exemple, l’Agence d'urbanisme de Caen Normandie Métropole (AUCAME) a mené une étude d’observation du foncier sur un échantillon de 18 centres commerciaux sur les 835 centres commerciaux français. Les résultats indiquaient des surfaces de parkings équivalentes aux surfaces bâties, de l’ordre d’un quart pour chaque entité par rapport aux emprises foncières identifiées,
  • De nombreuses zones commerciales et économiques proviennent de la vague de constructions des années 1970-1980: par exemple, 40 % des centres commerciaux actuels d'Ile-de-France ont été construits à cette époque. Cette période de construction rapide est marquée par l'utilisation de matériaux souvent peu qualitatifs et non pérennes, et des structures dimensionnées pour porter simplement des toitures légères ce qui pose un défi pour l’utilisation des toitures pour de la surélévation ou de la toiture végétalisée dans le cadre d'opérations de renouvellement. Ce stock de zones pose alors des enjeux spécifiques de renouvellement urbain.
  • Enfin, selon les données du conseil national des centres commerciaux (CNCC - 2018), 80% des centres commerciaux se situent dans le tissu péri-urbain. Leur renouvellement participe alors à repenser les "coutures urbaines" des agglomérations, à la fois en termes de morphologie urbaine, de mixité d'usages mais aussi d'accessibilité. En cela, penser aussi l'accès à ces zones dans l'objectif d'un report modal vers les transports en commun ou les modes doux est un des outils à explorer dans le cadre du rafraîchissement de ces espaces: ceci permettrait en effet de libérer des sols autrefois occupés par les parkings, et de ralentir l'utilisation de l'automobile pour ces déplacements.

Un horizon législatif favorable à un réaménagement des zones commerciales et économiques

Le système législatif français prend de plus en plus la mesure des enjeux de renouvellement urbain et d'artificialisation des sols. Ces différentes lois servent de toiles de fond et de leviers réglementaires pour ce projet de commun :

  • La loi ALUR (2014) appelle à une plus grande intensité urbaine dans les espaces péri-urbains: «...Ces conditions privilégient la consommation économe de l'espace, notamment en entrée de ville, par la compacité des formes bâties, l'utilisation prioritaire des surfaces commerciales vacantes et l'optimisation des surfaces dédiées au stationnement ». Elle engage aussi la réglementation de la place laissée au sol pour l'automobile: l'emprise au sol des parkings doit être limitée à « un plafond correspondant aux trois quarts de la surface de plancher des bâtiments affectés au commerce  » (article 129-V-2).
  • Le projet de loi Climat appelle à une réglementation beaucoup plus stricte des espaces commerciaux. Ce projet de Loi « Climat et Résilience » concrétise une partie des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Le projet définit à l’article 48 la notion d’artificialisation des sols et crée un objectif de réduction par deux la consommation d’espaces naturels sur les dix prochaines années (par rapport à la décennie précédente). L’article 52 pose le principe d’interdiction de création de nouvelles surfaces commerciales de plus de 10 000 m² qui entraîneraient une artificialisation des sols et l’encadrement des constructions commerciales de plus de 3000 m² qui seront examinée directement par la commission nationale des centres commerciaux (CNCC). Des principes de mesures conditionnelles de l’obtention d’autorisation d’exploitation lors de la création de plus de 3000 m² de surface commerciale sont proposées avec par exemple «l’insertion du projet dans une opération d’aménagement au sein d’un espace déjà urbanisé, afin de favoriser notamment la mixité fonctionnelle du secteur concerné » et/ou « la compensation par la transformation d’un sol artificialisé en sol non artificialisé  ». Enfin, l'article 52 bis du projet de loi Climat appelle la végétalisation des places de stationnement : « Dans les dix années suivant la promulgation de la présente loi, est fixé l’objectif de réduire de 50 % l’emprise au sol des constructions de parking par rapport à la décennie précédente. (…) L’ensemble des parkings devront être végétalisés d’ici 2025».

La communauté de contributeurs

Les laboratoires de recherche : un projet capitalisant sur les dispositifs et données existantes en matière d'ICU

Les équipes scientifiques de ce projet de commun, les laboratoires LETG-Rennes, UMR-Espace Nice ainsi que le Centre de Recherches de Climatologie, Biogéosciences, Dijon travaillent à partir de statistiques, analyse spatiale et modélisation numérique du climat pour aborder les enjeux climatiques locaux et urbains. Ainsi, le projet de commun entend-il poursuivre les travaux de recherche concernant les îlots de chaleur urbains en explorant le potentiel de collecte et analyse statistique de données réelles plutôt que de modélisation a priori comme le modèle de TEB propose. Pour cela, le projet de commun permettra de compléter l'appareillage de mesures des ICUs aux échelles urbaines et intra-urbaines mais aussi d'engager un dispositif de collecte et d'analyse commun entre les trois agglomérations.

LETG-Rennes est le site rennais de l'Unité mixte de Recherches n°6554. Le laboratoire est spécialisé sur les études par télédétection de l'environnement et notamment des changements climatiques. Dans ce cadre, Vincent Dubreuil gère le réseau de suivi de l'îlot de chaleur urbain sur la métropole rennaise depuis 2003. Un travail de recherche consacré à cet enjeu a déjà été conduit au sein du laboratoire sur le bilan de plusieurs années d'observation des ICU (Dubreuil et al., 2020), ces études étant conduite à l'échelle de l'agglomération mais aussi des quartiers (Foissard, 2019).

L'UMR-Espace Nice et plus particulièrement Nicolas Martin, travaille sur l’amélioration de la résolution spatiale des sorties de modèles climatiques (ARPEGE Climat et ALADIN Climat) par downscaling statistique. Les relevés mobiles faits à différentes périodes sur l’agglomération niçoise révèlent à quel point le climat urbain de la ville de Nice est conditionné par les mécanismes topoclimatiques, liés à la ville, mais aussi au relief et au contact terre-mer. Le régime de brises thermiques contrôle les variables climatiques et influence donc fortement la vie des citadins niçois, en dessinant des contrastes climatiques spatiaux à l’intérieur de la ville (Carrega, 2013).

Enfin, le Centre de Recherches de Climatologie (CRC-Biogéosciences-Dijon) auquel Yves Richard se rattache, travaille sur la détection, l’attribution et la prévision du signal climatique et de ses impacts dans l’actuel et le futur. Ses activités sont centrées autour de la régionalisation du climat observé et simulé. La mise en place de l’observatoire MUSTARD permet de suivre la mesure des îlots de chaleur urbains à l’échelle de l’agglomération dijonnaise (Richard, 2017). Dans le cadre de ce projet, le complément des mesures fixes ou mobiles existant dans chacune de ces agglomérations permet alors de confronter la pertinence des typologies de LCZ par rapport au contexte climatique local. Ceci amènera à la formulation de principes urbains, paysagers et architecturaux plus riches car à la fois ancrés dans le général (les LCZ) et le particulier.

Une agence d’architecture, urbanisme et paysage

L'agence Arte Charpentier Architectes mettra à disposition ses expertises de conception urbaine pour apporter une lecture spatiale, urbaine et paysagère aux sites de projet envisagés. L'agence a déjà développé une sensibilité aux enjeux de résilience dans les projets urbains, particulièrement concernant la gestion du risque inondation, à la fois en France mais aussi à l’étranger. De plus, Arte Charpentier Architectes a acquis une forte expertise dans la conception et la réalisation de projets de commerce et bureaux mais aussi dans la réhabilitation et le renouvellement des zones commerciales ou des zones péri-urbaines qui pourra être mise à profit dans le choix et les principes de renouvellement des zones d’activités et commerciales. L’approche transverse de l'agence des enjeux de conception et d’aménagement urbains sera alors complémentaire avec celle des laboratoires, et participera à enrichir les possibilités de synergie entre d'une part, les intérêts des collectivités, mais aussi d’autres acteurs comme les promoteurs, les sociétés d’aménagement ou encore les particuliers, et, d'autre part, le projet de recherche. L’agence Arte Charpentier Architectes couvrira les frais de recherche dans ses expertises clés (architecture, urbanisme, paysage). De manière générale sur l’ensemble du projet, l’agence sera en charge de la coordination générale du projet et des contributions des partenaires, d’apporter une contribution sur les aspects urbains, paysagers et architecturaux dans la première étape du projet, ainsi que du contenu et de la rédaction du Portraits climatiques pour ces trois villes.

L'ouverture vers une communauté de contributeurs élargie

L'association par la concertation des trois collectivités partenaires et de leurs services voire de leurs agence d'urbanisme fera grandir cette communauté de contributeurs mobilisés autour du projet.

Enfin, le projet de commun reste ouvert à la possibilité d'intégrer d'autres contributeurs intéressés et pertinents à la communauté, et restera attentif aux mutualisations avec d'autres projets de communs:

  • Certains aspects techniques pourraient en effet fortement bénéficier des apports d'expertises extérieures, par exemple, dans l'identification des matériaux et des revêtements et l'explicitation de leur contribution à la réduction du phénomène des ICU.
  • Une piste de mutualisation se dessine notamment avec le projet de Guide de « la rue commune » dans sa composante de réflexion autour de la "rue rafraîchissante".


Liste des CR d'atelier en lien avec ce Commun Portraits climatiques: aucun pour le moment