Portraits climatiques : Différence entre versions

De Resilience Territoire
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|description=Ce projet a pour objectif de renforcer la prise en compte des enjeux climatiques (climat local, micro-climat urbain et changement climatique) dans la conception urbaine en s’appuyant sur la question des îlots de chaleur urbain (ICU), défi E identifié dans l’appel à commun.  Ce projet décentre ainsi la question des îlots de chaleur urbain de sa perspective strictement énergétique (comment consommer moins d'énergie en ville ? Comment réduire les émissions de GES ?) pour se concentrer sur l'enjeu du confort en ville, et donc croiser enjeux climatiques, sociaux et urbains.  
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|description=Ce projet a pour objectif de renforcer la prise en compte des enjeux climatiques (climat local, micro-climat urbain et changement climatique) dans la conception urbaine en s’appuyant sur la question des îlots de chaleur urbain (ICU), défi D identifié dans l’appel à commun.  Ce projet décentre ainsi la question des îlots de chaleur urbain de sa perspective strictement énergétique (comment consommer moins d'énergie en ville ? Comment réduire les émissions de GES ?) pour se concentrer sur l'enjeu du confort en ville, et donc croiser enjeux climatiques, sociaux et urbains.  
  
 
Si plusieurs démarches et méthodes existent déjà, particulièrement dans le champ de la connaissance et la mesure scientifique de l’enjeu et dans les possibles stratégies d’atténuation (projet MaPUCE par exemple), certains champs sont encore à compléter et explorer, notamment,
 
Si plusieurs démarches et méthodes existent déjà, particulièrement dans le champ de la connaissance et la mesure scientifique de l’enjeu et dans les possibles stratégies d’atténuation (projet MaPUCE par exemple), certains champs sont encore à compléter et explorer, notamment,
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Le cabinet Arte Charpentier Architectes mettra à disposition ses expertises de conception urbaine pour apporter une lecture spatiale, urbaine et paysagère aux sites de projet envisagés. Le cabinet a déjà développé une sensibilité aux enjeux de résilience dans les projets urbains, particulièrement concernant la gestion du risque inondation, à la fois en France mais aussi à l’étranger. Dans la première étape qui est l’objet de ce projet de commun, l’approche transverse du cabinet des enjeux de conception et d’aménagement urbains sera alors complémentaire avec celles des laboratoires, et participera à enrichir les possibilités de synergie entre les intérêts des collectivités, mais aussi d’autres acteurs comme les promoteurs, les sociétés d’aménagement ou encore les particuliers, et le projet d’études et de recherche.  
 
Le cabinet Arte Charpentier Architectes mettra à disposition ses expertises de conception urbaine pour apporter une lecture spatiale, urbaine et paysagère aux sites de projet envisagés. Le cabinet a déjà développé une sensibilité aux enjeux de résilience dans les projets urbains, particulièrement concernant la gestion du risque inondation, à la fois en France mais aussi à l’étranger. Dans la première étape qui est l’objet de ce projet de commun, l’approche transverse du cabinet des enjeux de conception et d’aménagement urbains sera alors complémentaire avec celles des laboratoires, et participera à enrichir les possibilités de synergie entre les intérêts des collectivités, mais aussi d’autres acteurs comme les promoteurs, les sociétés d’aménagement ou encore les particuliers, et le projet d’études et de recherche.  
  
Enfin, le projet de commun reste ouvert aux autres contributions possibles et restera attentif aux mutualisations possibles. Une piste se dessine notamment avec le projet de Guide de « la rue commune ».
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Enfin, le projet de commun reste ouvert aux autres contributions possibles et restera attentif aux mutualisations possibles. Une piste se dessine notamment avec le projet de Guide de « la rue commune » dans sa composante de réflexion autour de la "rue rafraîchissante".
 
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Version du 27 mai 2021 à 08:43


Améliorer le confort de vie en ville par l'adaptation aux effets des îlots de chaleur urbain


Description : Ce projet a pour objectif de renforcer la prise en compte des enjeux climatiques (climat local, micro-climat urbain et changement climatique) dans la conception urbaine en s’appuyant sur la question des îlots de chaleur urbain (ICU), défi D identifié dans l’appel à commun. Ce projet décentre ainsi la question des îlots de chaleur urbain de sa perspective strictement énergétique (comment consommer moins d'énergie en ville ? Comment réduire les émissions de GES ?) pour se concentrer sur l'enjeu du confort en ville, et donc croiser enjeux climatiques, sociaux et urbains.

Si plusieurs démarches et méthodes existent déjà, particulièrement dans le champ de la connaissance et la mesure scientifique de l’enjeu et dans les possibles stratégies d’atténuation (projet MaPUCE par exemple), certains champs sont encore à compléter et explorer, notamment, du point de vue scientifique :

  • conduire une collecte de données d'îlots de chaleur urbain fondé sur des situations urbaines réelles et non modélisées à partir de modèle physique (tel que la méthode TEB développé par le CNRM) pour documenter dans une approche critique et située la typologie des "local climate zone". En effet, cette typologie s'avère inopérante dans les contextes urbains où le climat local (vent, topographie...) influence fortement le climat urbain, comme dans le cas de la ville de Nice, et donc aussi son cadre de vie.
  • lier les enjeux d'îlot de chaleur urbain à l’échelle de l’agglomération (mesures collectées par des stations fixes réparties dans l'ensemble de l'agglomération) aux études à l'échelle des quartier fondées sur des mesures fines des îlots de chaleur urbain effectués par des dispositifs mobiles,

Ainsi, de manière générale, la constitution de données spécifiques pour la conduite de ce projet concernant les ICU à l’échelle intra-urbaine (homogénéisation des modes de collecte, des modes d’analyses statistiques, mobilisation des données existants et compléments des manques) participera à alimenter le corpus scientifique de données et de cas d’observation des ICU.

du point de vue des politiques urbaines et du cadre de vie en ville :

  • formuler des stratégies d’adaptation pour maintenir et améliorer durablement le confort de vie en ville à l’échelle du piéton tout en favorisant le renouvellement urbain et donc une plus grande intensité urbaine,
  • évaluer les solutions urbaines, paysagères et architecturales au croisement d’un climat local et des ICU, seulement possible si on s'appuie sur une collecte de données en situation réelle.

Trois villes au climat contrasté et ayant chacune un laboratoire de climatologie urbaine ont été retenues pour mener à terme des projets expérimentaux de conception urbaine : Dijon, Nice et Rennes.

Capitalisant sur un corpus de ressources existants, ce projet réunit ces trois laboratoires ainsi qu’un cabinet d’architecture, d'urbanisme et de paysage, et potentiellement d’autres partenaires et contributeurs, afin de produire des cahiers méthodologiques, des « portraits climatiques » qui permettent à la fois d’élaborer un diagnostic croisé des enjeux urbanistiques et climatiques des territoires à plusieurs échelles mais aussi d’outiller les acteurs du territoire (collectivité, promoteur, architecte, particulier…) sur les solutions architecturales, urbaines et paysagères permettant de mieux prendre en compte l’enjeu des ICU dans la conception urbaine.

Cette première phase du projet objet de l'appel à commun concerne la conduite de la phase d'études et de diagnostic, en vue de sélectionner des cas d'expérimentation de conception urbaine sensible aux enjeux des îlots de chaleur urbain dans les trois agglomérations.

Organisations utilisatrice ou intéressée par utiliser la ressource : Arte Charpentier Architectes, LETG-Rennes, UMR-ESPACE Nice, Centre de Recherches de Climatologie, Biogéosciences, Dijon

Contributeurs : Georgina andre

Défi auquel répond la ressource : D- Ilots de chaleur

Autre commun proche : Guide "La rue commune", Local Climate Zone, Projet MApUCE

Richesse recherchée : Financement, Conseil Expertise

Compétences recherchée :

Communauté d'intérêt :

Type de licence ? Creative Commons

Niveau de développement : Idée

Cloud / Fichiers :

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Tags :

Catégories : Données, Connaissance

Thème : Général/Modèles, Général/Approches, Général/Enjeux, Vulnérabilités/Sociale, Vulnérabilités/Energétique, Facteurs de résilience/Gouvernance, Facteurs de résilience/Infrastructure, Facteurs de résilience/Urbanisme, Anticipation/Indicateur, Anticipation/Prospective

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Référent ADEME : Benjaminj, Elodie

Référent du commun : Georgina andre


Les 5 parties ci dessous sont à remplir obligatoirement pour analyser le commun et vous conseiller

Candidat Appel à Communs : candidat 18 Juin

Montant Aide souhaitée (en Euro) à l'Appel à Communs Résilience :

1.Détails du Financement :

La demande de financement concerne la première étape du projet (études et diagnostic) du portrait climatique et le financement demandé couvre à la fois le temps passé mais aussi les acquisitions nécessaires de données ou matériels.

Financement et planning de la phase étude et diagnostic des portraits climatiques

La première étape concerne l’identification de secteurs pertinents du point de vue urbain et de l’enjeu des ICU dans chaque agglomération (Rennes, Dijon et Nice) qui serviront de cas d’étude pour une mission de conception urbaine plus concrète. Le temps consacré à cette première étape est estimé à plus de 5 mois correspondant aux travaux suivants : analyse des ICU à l’échelle de l’agglomération pour les trois villes de Rennes, Dijon et Nice ; pré-selection des quartiers pertinents pour l’étude ; choix définitif des trois cas d’étude (incluant une partie de consultation auprès des collectivités). L’agence Arte Charpentier Architectes couvrira les frais de recherche dans ses expertises clés (architecture, urbanisme, paysage), qui sont encore en cours de discussion pour la première étape. De manière générale sur l’ensemble du projet, l’agence sera en charge de la coordination générale du projet et des contributions des partenaires, d’apporter une contribution sur les aspects urbains, architecturaux et paysagers dans la première étape du projet, ainsi que du contenu et de la rédaction des portraits climatiques sur chacune des trois villes. Les demandes de financement des trois laboratoires qui seraient associés à la démarche sont encore à préciser.

Perspective pour la phase expérimentation et guide de conception architecturale, urbaine et paysagère des portraits climatiques

Le temps, les tâches consacrés et les demandes de budget de la deuxième partie du projet seront à clarifier au regard des résultats de la première étape et fera l'objet d'un second appel à commun. Un besoin de financement éventuel pour des expertises complémentaires (écologue…) et des frais éventuels de PAO (graphisme / mise en page…) pourra être identifié à ce moment-là.

2.Détails Résilience et Territoire :

De la résilience climatique à la résilience sociale

L'énergie utilisée par les villes est la source majeure des rejets anthropiques de gaz à effet de serre, qui sont la cause du réchauffement climatique global. Cette tendance globale est accentuée, à l'échelle locale, par la formation d'îlots de chaleur urbain notamment influencés par la morphologie des villes. Dans un contexte d’explosion de la population urbaine mondiale, la question du traitement des îlots de chaleur urbain et plus généralement la régulation du climat urbain est certes un enjeu stratégique pour le climat global, mais aussi pour l’amélioration du confort de vie en ville, particulièrement dans des contextes européens où le vieillissement de la population est prononcé et rend les habitants plus vulnérables aux aléas climatiques. Ainsi, l'amélioration du confort thermique de vie en ville est avant tout un enjeu politique de résilience sociale en permettant aux populations vulnérables urbaines de s'adapter au réchauffement climatique mais aussi en évitant de nouvelles lignes de stratification sociale et de précarité urbaine face aux effets du changement climatique.

De la résilience sociale à la résilience urbaine

En relais des orientations stratégiques générales du développement urbain et des politiques de régulation par l'urbanisme qui agissent plutôt sur la consommation énergétique urbaine, la réduction des émissions de GES et les mesures de lutte contre la précarité énergétique des ménages (dépendance à l'automobile, besoin de rénovation du bâti...), la conception urbaine peut proposer des leviers clés dans l’amélioration du confort de vie en ville, en agissant sur des facteurs tels que la morphologie, l'exposition du bâti, les usages ou encore la végétalisation. Dans la phase d'étude et de diagnostic proposé, chacun des leviers de la conception urbaine sera considéré dans leur bénéfices ou impacts par rapport au climat urbain en menant une étude comparative de leurs effets à partir des mesures qui auront été faites. Enfin, ces leviers seront appliqués dans des sites à enjeux pour les trois collectivités de régénération urbaine.

Ce projet de portrait climatique comprenant une première phase d'étude suivie par une phase d'expérimentation de conception urbaine sur des situations concrètes se situe alors à l'intersection de plusieurs enjeux de résilience: - la durabilité du développement urbain avec les grands objectifs édictés suite aux lois Grenelle de compacité urbaine, de limitation de l'étalement urbain, de mobilisation du potentiel foncier au sein des villes et donc de la nécessité de conduire des opérations de régénération urbaine pour les collectivités; - la conception de solutions concrètes d'adaptation aux risques climatiques qui sont aujourd'hui de plus en plus quantifiables et évaluables par la combinaison de méthode de downscaling par rapport aux projections climatiques régionales mais aussi par les recherches spécifiques de climatologie urbaine en lien avec l'enjeu des îlots de chaleur urbain; - la nécessité de compléter les approches d'atténuation du changement climatique (réduction des émissions de GES, réduction de la consommation énergétique urbaine) avec des approches d'adaptation locale au changement climatique; - la nécessité d'une approche systémique des enjeux de résilience pour traiter, quand cela est possible, plusieurs enjeux et risques par une approche "co-bénéfice" des impacts environnementaux.

3.Détails Impacts environnementaux :

L'amélioration du confort de vie en ville

Bien que le fait de concevoir un projet aux échelles intra-urbaines ne modifie pas les grandes tendances climatiques et donc ne contribue pas de manière significative à la formulation de stratégie d’atténuation du changement climatique, le projet urbain peut malgré tout contribuer significativement à l’amélioration du confort en ville et donc aux différentes stratégies d’adaptation à l’évolution et à la spécificité du climat urbain. Or, si cette approche bioclimatique n'est pas en soi une nouveauté mais constitue bien la base des architectures et modes d'urbanisation vernaculaires, l'échelle et la rapidité du développement urbain mondial et la possibilité de mesure et d’évaluation des enjeux liés au climat urbain sont inédits. Dans cette perspective, la Covid-19 a bien démontré les enjeux de cette explosion urbaine et invite à un nouveau regard sur la ville dense : elle demeure toujours un objectif nécessaire pour garantir une durabilité du développement urbain, mais doit malgré tout s'aménager pour laisser des espaces de "respiration" pour permettre des usages souples de l'espace urbain et, si on élargit cet enjeu de la ville dense à la question du climat urbain, pour autoriser un rafraîchissement et une régulation thermique en ville.

Des solutions de conception et non mécaniques à l'enjeu des îlots de chaleur urbain

Les facteurs et leviers influençant les îlots de chaleur urbains considérés s'appuient d'abord sur des solutions de conception architecturale, urbaine et paysagère aux enjeux de climat urbain et de manière secondaire sur des solutions davantage techniques voire mécaniques qui relèvent plutôt de l'ingénierie du bâtiment (isolation, dispositif de ventilation mécanique...). Autrement dit, il s'agit d'engager une réflexion sur l'effet des différents éléments constitutifs du milieu urbain (la rue et ses rives, le rapport des bâtiments entre eux, l'alignement...) et de sa matérialité (revêtement, végétalisation...) dans un contexte climatique local particulier (direction des vents, topographie, sols, palette végétale locale...) sur les îlots de chaleur urbain. Ce parti pris n'est pas uniquement un parti pris de métier, relevant du type d'acteurs qui porteront directement ce projet, mais bien d'une proposition de privilégier des solutions "passives" reposant sur un design conscient des enjeux auxquels il souhaite répondre, aux solutions plus "actives" et parfois plus coûteuses pour la collectivité ou les particuliers.

Un projet infusant des éléments de prospective climatique dans les solutions considérées

Partant du principe que l'étude des îlots de chaleur urbain ne peut s'effectuer hors-sol à partir uniquement de modélisation physique, cette étude s'attachera à introduire des éléments de climat local, actuel et futur, sur les facteurs et leviers considérés. Par exemple, la palette végétale qui sera considérée pour le rafraîchissement des espaces urbains devra être évaluée à l'aune de sa pertinence par rapport au climat local (disponibilité, entretien...), mais aussi de sa possibilité de résilience par rapport aux projections climatiques futures : les études faites concernant les évolutions des écosystèmes face au changement climatique indiquent que les espèces, y compris les plantes, migrent dès aujourd'hui face au réchauffement climatique. Ainsi, un rapport récent de la Banque Mondiale concernant le changement climatique (Turn Down the Heat series) montre la migration en cours de nombreuses espèces végétales, dont certaines s'implantent 6 mètres plus haut qu'auparavant ou 6 kilomètres plus proches des pôles.

Un projet orienté vers le co-bénéfice, base fondamentale d'un développement résilient

Enfin, les impacts environnementaux ne peuvent être évalués de manière individuelle mais doivent être évalués de manière cumulée : en effet, une solution pertinente au regard des enjeux énergétiques sera peut-être défavorable au regard d'autres enjeux (production de déchet, disponibilité locale de la ressource, possibilité d'appropriation / financement par les acteurs de la solution...). Ainsi, chacun des leviers considérés devra-t-il in fine être évalué dans sa capacité à maîtriser les impacts des ICU mais aussi au regard d’autres critères (qualité d’usage, coût, bénéfice cumulé…) qui maximisent son utilité et son intégration dans l’objectif général d’une ville plus intense par rapport à l’occupation du sol, plus durable dans sa consommation de ressources, et plus agréable à vivre pour ses habitants. Cette phase d'étude sera attentive à considérer ces impacts cumulés en croisant les regards sur ces derniers.

4.Synthèse du projet de Commun :

Description du projet et méthodologie envisagée

Première phase d'étude et de diagnostic : identification de « situation urbaine », cas d’étude dans chacune des agglomérations

A l’échelle de l’agglomération de Dijon, Nice et Rennes, nous allons dans un premier temps identifier les espaces problématiques en termes d’ICU. En nous aidant d’une analyse d’occupation du sol (BD Topo et Pléiade pour une analyse plus fine du couvert végétal) et d’une modélisation « geoclimate » nous choisissons au sein de ces espaces des quartiers potentiels d’étude.

Pour affiner ce choix, nous croisons l’enjeu des ICU avec les enjeux de renouvellement urbain - là où des possibilités et des enjeux de renouvellement existent, donc probablement en-dehors des centres urbains anciens où les possibilités de renouvellement sont limitées, pour privilégier par exemple les zones commerciales ou d’activités. A ce stade, il semble important de choisir des cas dont la typologie urbaine est comparable. D’une part, la comparabilité en termes de typologie permet de mieux révéler la spécificité des conditions locales (climat, vent, mais aussi topographie) et donc de formuler des recommandations qui sont à l’articulation entre climat local et ilot de chaleur urbain, mais aussi de travailler avec la classification des Local Climate Zone (LCZ) : par exemple, il semblerait que la LCZ 8 pourrait croiser à la fois des enjeux d’ICU mais aussi la forme urbaine de la zone économique. Ceci ouvrirait la possibilité au projet de se positionner dans un débat un peu transverse et international concernant l’articulation entre ICU et forme urbaine.

Enfin, la délimitation du périmètre de ces espaces prendra à la fois en compte une surface (viser une taille raisonnable pour conduire un projet urbain) et une cohérence urbaine (limite de voie structurante, limite d’urbanisation, limite d’occupation…). Nous envisageons de discuter de ce choix de périmètre avec les collectivités locales (direction d’urbanisme ou agence d’urbanisme le cas échéant) pour cibler des espaces à enjeux pour la collectivité, voire prendre quelques intentions urbaines qui permettront aussi de donner quelques lignes directrices au projet urbain en termes de stratégie urbaine.

Les trois situations urbaines étant arrêtées, des relevés fins par des capteurs mobiles seront effectués sur ces espaces. A partir de ces relevés, une analyse géostatistique permettra d’isoler les facteurs contribuant aux ICU et qui sont aussi des leviers pour une conception urbaine plus soucieuse du confort de vie en ville, à savoir :

  • La végétalisation
  • La morphologie (densité, orientation, hauteur des bâtiments, rapport entre les bâtiments)
  • Les matériaux
  • L’imperméabilisation des sols
  • L’occupation d’espace
  • Les activités humaines
  • La mobilité (voiture…)
  • Le contexte climatique et topographique du site
  • et tout autre dimension qui semblera pertinente à prendre en compte dans l'analyse.

Anticipation de la deuxième phase : propositions de conception urbaine, paysagère et architecturale

A partir de ces éléments de diagnostic, des solutions combinant renouvellement urbain et des stratégies d’atténuation ou d’adaptation, qu’elles soient urbaines, paysagères ou architecturales aux problèmes des ICU seront élaborées. Ces solutions seront élaborées et évaluées à l’aune des questions suivantes :

  • A qui la solution s’adresse t elle (ville, entreprise, individu…) ?
  • Quel est le coût de cette solution (par rapport à une autre solution par exemple qui serait moins performante en termes d’ICU) et ses bénéfices ?
  • Est-ce une solution transversale ou spécifique, autrement dit, une solution qui répond à un problème ou qui permet de répondre à plusieurs enjeux d’amélioration du confort de vie en ville ?
  • Dans quel contexte climatique est-elle pertinente ?
  • Est-elle dépendante d’autres facteurs pour être véritablement efficace ?
  • Est-elle durable dans le temps, étant donné les prévisions de changement climatique ?

La forme concrète de ces solutions (plans de synthèse, zooms techniques…) ou leur échelle sera déterminée au regard des cas d’étude qui auront été identifiés et des perspectives qui auront pu être collectées auprès des collectivités.

Commun envisagé

Capitalisant sur un corpus de ressources existants permettant de collecter et d’analyser les données (analyse de l’occupation du sol, mesures des ICU, projet MaPUCE avec l’identification de LCZ…), des données complémentaires seront collectées, traitées et analysées sur ce projet. Ces données d’analyse ainsi que les solutions envisagées de conception urbaine seront libres d’accès et restituées sous forme de cahier méthodologique. Ces « portraits climatiques » sur chacun des trois cas participeront à outiller les acteurs du territoire (collectivité, promoteur, architecte, particulier…) sur les solutions architecturales, urbaines et paysagères permettant de mieux prendre en compte l’enjeu des ICU dans la conception urbaine, ainsi que de comparer la pertinence de ces solutions dans des climats contrastés (Rennes, Dijon, Nice) identifiant les zones de convergence ou de spécificité.

En fonction de l’intérêt suscité par la démarche auprès des différents acteurs, d’autres communs pourront être envisagés, qui devront en revanche faire l’objet de nouvel appel : - avec les collectivités, le développement d’un projet urbain expérimental à un stade plus avancé qui servirait de pilote pour la collectivité pour alimenter le volet énergie ou climat de son plan local d’urbanisme ou de ses projets urbains ; - avec les acteurs privés, l’incrémentation d’outils de conception urbaine par l’impact en termes d’ICU : en effet, plusieurs outils d’aide à la conception urbaine sont mobilisés aujourd’hui par les architectes ou les promoteurs immobiliers, tel que Spacemaker développé par Autodesk, pour optimiser les projets et étude de faisabilité du point de vue de leurs avantages architecturaux ou urbains mais qui n’intègrent pas les enjeux de climat urbain. Une expérimentation pourrait être menée sur les situations urbaines analysées qui donnerait l’occasion de mettre à disposition une version gratuite de la plateforme sur les sites analysées et les projets urbains envisagés. L’utilisateur pourrait jouer sur les différents paramètres qui ont été élaborés (exposition, hauteur, densité, végétalisation, matériaux…) pour voir leurs effets en termes de projet global et de performance pour le confort de vie urbain.

5.Autodiagnostic :

Contexte scientifique général de l'étude des îlots de chaleur urbain

De nombreux projets de recherche initiés par le laboratoire CNRM ont été initié en partant de la méthodologie TEB (Town Energy Balance), à l'échelle française et européenne. Le Projet Acclimat, mené sur l'agglomération toulousaine, modélise différents scenarii prospectifs de développement urbain et de leur effet sur le climat. Le projet EPICEA et MUSCADE sont concentrés sur l’agglomération parisienne : dans le cas du projet EPICEA (Ville de Paris, Météo-France et Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), cette étude s’intéresse à un épisode climatique extrême – la canicule d’août 2003 – en tant qu’extrapolation dans le futur, puisqu’un tel phénomène pourrait concerner l’Europe de l’Ouest en moyenne un été sur deux d’ici 2070. Différents tests de sensibilité de trois leviers (coefficient d'albédo, végétalisation et humidification des sols) ont été envisagés dans leurs effets sur la canicule. Le projet MUSCADE prolonge cette démarche : des ensembles de leviers sont évalués dans leurs effets sur la consommation énergétique, le rafraîchissement, et les émission de gaz à effet de serre. Le projet européen Bridge a pour objectif de rapprocher les sciences bio-physiques et la planification urbaine, pour proposer des stratégies d’adaptation innovantes pour l’aménagement urbain.Il est focalisé sur les différentes composantes du métabolisme urbain (l’énergie, l’eau, le carbone, les polluants), et cherche à estimer quantitativement ces différents composants, leurs impacts (environnementaux et socio-économique) et les différentes manières dont on peut optimiser l’usage des ressources dans la fabrique urbaine (un outil d’aide à la décision) dans plusieurs villes européennes. Enfin, le projet MApUCE vise à intégrer dans les politiques urbaines et juridiques des données quantitatives de micro-climat urbain, énergie, climat pour toutes les communes de France.Il constitue ainsi une base de données urbaines et architecturales qui peut être étendue sur toutes les villes de France, jusqu’à l’échelle des quartiers via la typologie des local climate zone. Ces projets réalisés à l'échelle d'agglomération visent principalement à réduire la consommation énergétique et la réduction des émissions de GES.

Les équipes scientifiques de ce projet de commun, les laboratoires LETG-Rennes, UMR-Espace Nice ainsi que le Centre de Recherches de Climatologie, Biogéosciences, Dijon travaillent à partir de statistiques, analyse spatiale et modélisation numérique du climat pour aborder les enjeux climatiques régionaux et urbains.

La communauté de contributeurs

Les laboratoires de recherche

LETG-Rennes est le site rennais de l'Unité mixte de Recherches n°6554. Le laboratoire est spécialisé sur les études par télédétection de l'environnement et notamment des changements climatiques. Dans ce cadre, Vincent Dubreuil gère le réseau de suivi de l'îlot de chaleur urbain sur la métropole rennaise depuis 2003. Un travail de recherche consacré à cet enjeu a déjà été conduit au sein du laboratoire sur le bilan de plusieurs années d'observation des ICU (Dubreuil et al., 2020), ces études étant conduite à l'échelle de l'agglomération mais aussi des quartiers (Foissard, 2019).

L'UMR-Espace Nice et plus particulièrement Nicolas Martin, travaille sur l’amélioration de la résolution spatiale des sorties de modèles climatiques (ARPEGE Climat et ALADIN Climat) par downscaling statistique. Les relevés mobiles faits à différentes périodes sur l’agglomération niçoise révèlent à quel point le climat urbain de la ville de Nice est conditionné par les mécanismes topoclimatiques, liés à la ville, mais aussi au relief et au contact terre-mer. Le régime de brises thermiques contrôle les variables climatiques et influence donc fortement la vie des citadins niçois, en dessinant des contrastes climatiques spatiaux à l’intérieur de la ville (Carrega, 2013).

Enfin, le Centre de Recherches de Climatologie (CRC-Biogéosciences-Dijon) auquel Yves Richard se rattache, travaille sur la détection, l’attribution et la prévision du signal climatique et de ses impacts dans l’actuel et le futur. Ses activités sont centrées autour de la régionalisation du climat observé et simulé. La mise en place de l’observatoire MUSTARD permet de suivre la mesure des îlots de chaleur urbains à l’échelle de l’agglomération dijonnaise (Richard, 2017). La disponibilité de stations de mesure fixes ou mobiles dans chacune de ces agglomérations permet alors de confronter la pertinence des typologies de LCZ (local climate zone) par rapport au contexte climatique local et donc de formuler des pistes de conception urbaine plus riches car à la fois ancrées dans le général (les LCZ) et le particulier.

Les trois agglomérations retenues pour l'étude

Les trois agglomérations retenues pour cette étude, Dijon, Nice et Rennes, fournissent à la fois le cadre et l’objet de cette étude. En tant que cadre, notre projet de commun bénéficiera du partenariat existant entre ces trois collectivités, leurs agences d’urbanisme le cas échéant, et les laboratoires de recherche pour mobiliser les acteurs publics dans le projet et plus particulièrement dans le choix des études de cas qui seront l’objet d’expérimentation dans la deuxième phase du projet. En tant qu’objet, le projet de commun bénéficie là encore d’un réseau de mesures existant concernant les îlots de chaleur de ces trois agglomérations, ainsi que des études de climat local et de projection climatique qui seront complétés par des analyses plus urbaines et spatiales du développement urbain. Ces trois villes sont aussi des cas intéressants et contrastés en termes de climat et de topographie (Dijon au climat semi-continental, Nice au climat méditerranéen et Rennes au climat océanique). la situation particulière de chaque agglomération pourra alors aussi servir de base de réflexion pour des situations ou des agglomérations au climat comparable.

Un cabinet d’architecture, urbanisme et paysage

Le cabinet Arte Charpentier Architectes mettra à disposition ses expertises de conception urbaine pour apporter une lecture spatiale, urbaine et paysagère aux sites de projet envisagés. Le cabinet a déjà développé une sensibilité aux enjeux de résilience dans les projets urbains, particulièrement concernant la gestion du risque inondation, à la fois en France mais aussi à l’étranger. Dans la première étape qui est l’objet de ce projet de commun, l’approche transverse du cabinet des enjeux de conception et d’aménagement urbains sera alors complémentaire avec celles des laboratoires, et participera à enrichir les possibilités de synergie entre les intérêts des collectivités, mais aussi d’autres acteurs comme les promoteurs, les sociétés d’aménagement ou encore les particuliers, et le projet d’études et de recherche.

Enfin, le projet de commun reste ouvert aux autres contributions possibles et restera attentif aux mutualisations possibles. Une piste se dessine notamment avec le projet de Guide de « la rue commune » dans sa composante de réflexion autour de la "rue rafraîchissante".


Liste des CR d'atelier en lien avec ce Commun Portraits climatiques: aucun pour le moment